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Expéditions

Auteur

Valerian Mazataud

Cette fois on y est, voici mon premier billet de blog signé sous notre tente de prospecteur, chauffé à la chaleur du poêle. La nuit glaciale est tombée sur la forêt, nos traineaux et notre meute de chiens. Premiers kilomètres à la force des pattes aujourd’hui, à travers les forêts de pins, épinettes, peupliers et bouleaux qui bordent le Parc Algonquin.

Tôt ce matin, nous avons quitté le confort de nos chambres, enfilé nos vêtements d’expédition, avalé un bon déjeuner, avant d’embarquer dans le bus pour Chocpaw. Là, nous avons fait la connaissance de deux nouveaux mushers, Seppe, de Belgique, et Rasmus, du Danemark, ainsi que de leurs 320 assistants à 4 pattes !

Première étape, harnacher nos sacs aux traineaux, sous une bâche plastique solidement fixée. Nous sommes deux par traineau, un conducteur, et un passager, qui chevauchera les sacs. Ensuite, nous positionnons nos traineaux, 3 groupes de 4 avec à chaque fois un musher expérimenté de Chocpaw.
Reste bien sure à harnacher les chiens. À chaque traineau correspond un attelage de 5 à 6 chiens dont on nous donne les noms. En première position, deux leaders, un ou deux chiens au milieu, et enfin, les deux « wheels », roues arrières, les chiens les plus puissants. Laurie, Jay-lo, Taurus, Pyro, Goose, Gandalf, Tuna, Freedom ou Joker, nous devons connaitre nos chiens du jour pour bien s’en occuper.

Nous devons nous rendre dans le chenil pour chercher un chien, puis il faut le faire avancer debout sur les deux pattes arrières jusqu’au traineau. Enfin, il faut lui passer le harnais autour du cou, puis les pattes une à une dans les boucles. Heureusement ces chiens là ont l’habitude et sont très coopératifs !
Bientôt c’est le départ. D’abord nous avançons sagement au bord de la route, doublés par quelques autos, puis voilà que nous rejoignons la forêt. Alors nous pouvons laisser les chiens courir à leur guise et retirer le pied du frein (un croc de métal placé entre les deux patins du traineau). Pour démarrer, il suffit de crier « Ready, let’s go ! » et pour arrêter, « Easy wow », voilà c’est ben plus simple que de conduire un char. Dans les montées le passager, et parfois aussi le conducteur, doivent descendre du traineau et courir à côté. « C’est un vrai travail d’équipe », nous explique Chantal, une de nos mushers.

Lorsque nous arrêtons la machine, le passager doit tenir les colliers des deux leaders, toujours impatients de repartir. Pour la pause dîner, il faut renverser le traineau sur le côté et s’asseoir dessus pour être sure de bloquer l’attelage. Soupe et sandwichs mangés sur le pouce, c’est la nourriture qui vient jusqu’à nous car nous ne pouvons pas bouger de nos postes !

Pas facile de discuter dans la journée, car nous sommes tous éloignés les un des autres, mais par contre nous avons tout le temps pour faire connaissance avec notre équipier de traineau, parfois quelqu’un avec qui nous n’avions pas encore eu le temps de parler depuis le début du séjour. Et chaque jour, nous allons changer d’équipier, et de chiens.

Aujourd’hui nous avons avalé 23 km et demain une grosse journée nous attend. J’en profiterais pour vous raconter toutes les tâches qui nous attendent au camp : trouver de l’eau,  couper du bois, nourrir les chiens…

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