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Marine Diez

Bien le bonjour chers lecteurs, c’est avec un immense plaisir, et les doigts gelés, que j’ouvre le bal de cette 17e année du Double Défi des 2 Mario en tant que photographe et blogueuse.

Parce que le Double Défi n’était pas suffisant pour moi, j’ai décidé de me rajouter une épreuve supplémentaire, celui de faire danser mes petits doigts sur un appareil photo au cours de notre traversée, pour garder des souvenirs et vous les partager.

Mais d’ailleurs, savez-vous pourquoi dit-on « Double Défi »? Les 2 instigateurs de cette formidable initiative, Mario Cantin et Mario Bilodeau, nous en parlent « tout d’abord un défi physique, de traverser les 32km mais surtout un défi à l’intérieur de soi ».

Et peu importe celui qui se trouve en chacun des participants, cette traversée nous transforme assurément à la fin des 3 jours.

Serait-ce parce que marcher sur une banquise de cette envergure est terriblement apaisant et méditatif? Ou bien, parce que l’esprit de famille qui s’y trouve est un ressourcement profond? Ou encore parce que le vent glacial de cette mer intérieure nous fait nous questionner sur qui nous sommes vraiment dans cette immensité ?

Le secret de ce changement appartient aux glaces du Lac St Jean. Il faut le vivre, point.

Mais qui sont ces gens qu’on voit marcher sur cette banquise ?

Plusieurs personnes m’ont posé la question dans les dernières semaines, je suis donc allée chercher mes réponses.

La moitié d’entre eux n’ont jamais fait de camping d’hiver, certains sont là pour la première fois, d’autres pour la 4ème et certains la 15ème. Il y a ceux qui se sont entraînés et les autres qui font tout simplement confiance à leur corps. Ce corps qui a ses défis, mais qu’on aime, qu’on supporte malgré tout. C’est lui qui nous permet de nous sentir pleinement vivant, qu’on soit en santé, dans la maladie ou en rémission.

Il y a des individus qui ont l’habitude de travailler dehors, et d’autres pas du tout.

Ils viennent même parfois en équipe de travail.

Pourtant ils avancent ensemble ce vendredi matin, sans distinction aucune, sans hiérarchie. On a tous les cheveux blanchis par le gel, le nez qui coule et qu’on essuie sur notre mitaine, mais le regard fier et le cœur chaud.

C’est une journée froide sur le lac (-20°), mais le soleil est bon. Malgré tout, on ne voit pas un morceau de peau dépasser, gare aux engelures qui peuvent survenir en un claquement de doigts.

Le groupe avance ensemble, personne n’est laissé en arrière. Les anges gardiens et gardiennes sont aux petits soins. Ils s’assurent que le moral soit bon, qu’on reste hydratés et qu’on mange suffisamment.

Cette année d’ailleurs, on pourrait presque croire qu’on est à Punta Cana ou à Hawaï. C’est l’idée d’Alexandra pour réchauffer le moral des troupes, elle porte une tenue digne des îles et en a même prévu pour les participants!

Imaginez les 2 Mario avec des colliers de fleurs et des lunettes de soleil ananas!

Pour cette 1ere journée c’est 10km que nous devons parcourir et pour rester en forme nous avons bien évidemment notre super sac de vivres de courses : un énorme paquet de succulentes et riches choses à manger en tout temps. On nous laisse autonome pour s’alimenter en journée jusqu’à retrouver notre équipe cuisine le soir. Un duo qui ne passe pas inaperçu, Karl et Charles, 2 grands amis de longue date mais surtout 2 excellents logisticiens au cœur tendre.

Ils ont pris le rôle de chefs-traiteurs pour cette année 2025, il y en a pour toutes les restrictions alimentaires. Ça a travaillé très fort pour satisfaire tout le monde!

Le campement du soir est monté, 6 tentes-dômes sont érigées au milieu du lac.

On arrive juste à temps pour le coucher du soleil et c’est d’une splendeur indescriptible.

On aimerait rester à contempler mais la température vient de chuter, on aperçoit tout le monde ajouter des épaisseurs les unes après les autres pour commencer à se préparer tranquillement à la nuit qui nous attend.

Au moment où je vous parle, on vient me dire qu’il y a des aurores boréales. Je suis partagée à rester enroulée dans mon double sac de couchage, la bouillotte entre les jambes ou à sortir admirer le spectacle à un ressenti -32°.

Sur cette hésitation, et sous le regard de Vénus qui plane au dessus de nos grands nids douillets, je vous retrouve demain pour un nouveau récit.

 

Marine Diez