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Marine Diez

Très chers lecteurs, C’est un immense plaisir pour moi de vous retrouver pour cette 18e édition du Double défi des 2 Mario. Cette année 2026 marque également les 30 ans de la Fondation Sur la Pointe des Pieds, et les centaines de jeunes qui ont vu leur vie transformée grâce aux aventures en nature.

Avec les derniers mois marqués par l’ascension fulgurante de l’intelligence artificielle, je suis fière et heureuse de continuer d’écrire pour vous ici, dans ce qu’il y a de plus simple et qui vient du plus profond de mon cœur.

Le jour se lève sur le lac St-Jean.
Permettez-moi de vous amener avec moi en ce début de journée. Mon rôle aujourd’hui, en plus d’écrire nos récits : accueillir une grande partie de nos participants à Roberval pour prendre la navette qui les mènera à la ligne de départ de l’autre côté du lac.


Il est 6 h 30, chacun arrive à l’autobus avec le sourire, l’excitation et/ou l’appréhension.
Certains d’entre eux sont là pour la première fois, d’autres pour la 2e, 3e et plus.
Il paraît qu’après 5 fois, on les appelle ici des vétérans.
Le terme en dit long sur ce qui nous attend sur le lac en fin de semaine.


Tout le monde est là, je les regarde un par un et il me tarde juste une chose : voir tous ces visages tantôt en plein cœur des défis que leur réserve la nature, tantôt à savourer les simples plaisirs de l’hiver.

Nous arrivons à Pointe-Taillon une heure plus tard, tout le monde est accueilli comme il se doit par Mario Cantin, un des deux protagonistes de cette folle histoire de traversée de lac hivernale !
Avec lui, Julien, qui a pris le rôle de coordonnateur il y a quelques années maintenant et qu’il assure d’une main de maître. À eux deux, quelques mots pour remercier, rassembler, faire rire et surtout donner le coup d’envoi de l’aventure.

Avant le départ, quelques consignes claires :
• récupérer son équipement gentiment emprunté à la Fondation ainsi qu’un polar Vintage , offert en cadeau, signé Chlorophylle,
• passer par la station cuisine extérieure pour les boissons chaudes et prendre nos vivres de course qui nous serviront de dîner et collations des prochains jours,
• et se préparer au départ !

Anges gardiens et gardiennes sont à l’ouvrage, ces précieux bénévoles qui s’assurent que tout se passe pour le mieux pour nos participants et ce, en tout temps.
On ferme les sacs, on glisse quelques collations dans nos poches intérieures de manteaux pour les garder au chaud.
On réajuste les traîneaux, on teste nos skis/raquettes, et on s’avance sur la ligne de départ.

Température actuelle : -18 °C
Ressenti avec le facteur éolien : -23 °C
Couvert nuageux et du vent !

À la ligne de départ, les Mario prennent la parole pour remercier encore une fois la présence de tous et chacun.
Et comme pour donner le signal, et parce que c’est une tradition ici : quand un des deux Mario crie tout haut « DOUBLE DÉFI DES 2 MARIO », nous devons répondre « POUR LES JEUNES » et ce, assez fort pour qu’on nous entende à l’autre bout du lac. C’est après 4 reprises que nos voix semblent enfin les satisfaire.

Et nous voilà partis.

Les 2 Mario en tête de cortège, suivis de 42 participants venus de tous horizons et une dizaine de bénévoles.
Chaque personne a remonté son cache-cou, son col, mis ses lunettes et s’élance dans ce premier 10 km dans le vent.

L’hiver a été généreux en neige, et la région n’y a pas échappé. Le tapis blanc est dense et crée sur tout le long de notre parcours ce qu’on appelle communément des lames de neige.

Alors nous voilà à surfer sur ces petits monticules de neige et à affronter le vent, tantôt de face, tantôt de côté.
Les parcelles de peau les plus fragiles laissées à l’air libre trouvaient cela parfois difficile.

Nous voilà bientôt arrivés à la mi-chemin, on aperçoit d’ailleurs nos supers bénévoles logisticiens qui nous ont monté une tente dôme pour nous permettre de nous abriter et prendre une pause. Ça tombe bien, c’est l’heure du dîner !


Même s’il est préférable de manger en tout temps avec l’énergie que l’on brûle, midi sonne l’heure des creux d’estomac pour la plupart.
On plonge la main dans le sac de vivres de course : jerky de la Boucherie chez Manon, carré aux dattes du Café Mathéo (le fameux), fromage en grain de la Fromagerie Boivin… entre autres. Ils ont mis le paquet sur l’achat local et c’est un régal !

On ne tarde pas à repartir pour le 5 km restant.
Quelques duos se forment pour marcher ensemble, mais le plus souvent, on se crée sa petite bulle sous ses multiples couches de linge pour continuer d’avancer.
Le vent frappe nos vêtements continuellement, ça en est presque assourdissant.
Le moral semble bon quand j’observe du coin de l’œil tout ce beau monde. Pas de pépin technique, quelques bobos d’épaule, de hanches ici et là, mais on aborde ça avec le sourire.
La rive est maintenant trop loin pour faire demi-tour, bientôt notre hôtel 6 étoiles s’érigera devant nous.

« Hôtel 6 étoiles », vous l’aurez peut-être compris, pour définir les 6 tentes dômes qui viennent d’apparaître subitement en plein milieu du lac.
Ce soir, on dort , dans cette grande étendue de blanc enveloppante.

L’approche du campement sonne la fin de notre marche du jour et tous les logisticiens bénévoles viennent nous accueillir pour nous féliciter.
J’aimerais sincèrement en faire autant pour ce que vous venez de faire de votre côté, ce travail de l’ombre pourtant si essentiel à notre survie ici en fin de semaine.

En effet, les cuistots Charles, Tom et Morgane nous attendent déjà avec des boissons chaudes et le réconfortant souper lyophilisé offert par SLY Foods qui sera servi sous peu.
Tenez-vous bien, parce qu’ici, ça rigole pas.
Alors que chacun a rejoint sa tente avec son groupe, on entend retentir la cloche pour nous appeler pour manger.
Au menu ce soir : potage carottes-gingembre, suivi de Chili ou Général Tao (100 % vegan, messieurs-dames).
Grâce au nouveau partenaire de repas lyophilisés SLY Foods, et tout le monde a pu se resservir 2 fois.

Enfin, au dessert, un décadent brownie maison avec son coulis de fruits.
Ok merci, le lac peut m’emporter ce soir, je suis aux anges.

Alors que le vent continue de nous chanter la même chanson, on ne tardera pas à rejoindre nos lits douillets, une bouillotte au creux des jambes, et une dizaine d’amis autour de nous, installés comme des pétales de fleurs, pour partir au pays des rêves.

Blogueuse : Marine Diez
Photographe : Simon Faucher