Aujourd'hui nous escaladons une colline en skis dans la neige fraîche. Une fois au sommet, nous prenons le temps de réaliser notre bonheur d'être dans la nature. La journée s'achève par une veillée musicale.
Les veillées d’antan
Comme tous les matins, c’est Catherine et son ukulélé qui assurent le réveil en douceur. La chanson du jour? Une version de Gens du pays spécialement adaptée pour la fête de Kiran, qui célèbre ses 28 ans aujourd’hui même! (Je garde la surprise du gâteau d’anniversaire pour le blogue de demain.) La maison de Simon regorge d’instruments, de la guitare au banjo en passant par diverses percussions. Et ça tombe bien, le groupe est aussi riche en musiciens et chanteurs. L’animation des veillées est donc assurée grâce à deux épais cahiers de chansons que Catherine transporte toujours avec elle. Hier soir, entre deux chansons reprises en chœur, Mario nous a conté l’histoire de la fondation Sur la pointe des pieds, fondée en 1996 avec l’oncologue Sylvain Baruchel lors d’une expédition inaugurale dans les monts Groulx. Quand Mario conte, il y a beaucoup d’épiques digressions et de riches anecdotes, et l’auditoire, vingt personnes amassées dans le salon de Simon, reste captivé.
Ascension dans la neige fraîche
Et ce matin, c’est à nouveau Mario que nous suivions alors qu’il ouvre notre route dans la neige fraîche à grandes enjambées de ski-hok. Alors vous le savez déjà, mais la tempête cataclysmique annoncée n’a pas eu lieu. Nous aurions sans doute pu rester dans la forêt, mais les expéditions de plein air s’accommodent mal des «sans doute». Mieux vaut prévenir que guérir. En échange de notre prévoyance, nous avons été récompensés par 30 cm de neige parfaite et une température des plus clémentes.
Encore une fois, c’est notre guide, l’infatigable Simon, qui nous a offert une de nos plus belles journées en nous donnant accès à la forêt de son immense terre. C’est toujours chaussés de nos skis-hoks que nous attaquons une heure de montée en zigzag dans l’épaisse forêt de bouleaux. Il faut se relayer en tête pour ouvrir la route à la longue file de skieurs qui suit. Toute la stratégie consiste à ne pas transpirer pour éviter de tremper ses vêtements. Il s’agit donc de mesurer sa cadence, de prendre assez de pauses, de retirer ses couches de vêtements ou d’en ouvrir les aérations.
Bain de nature
Une fois au sommet, chacun s’installe dans la neige : qui étendu sur un tapis de sol, qui adossé à un arbre. Mario et Marie-Michèle nous proposent une activité de pleine conscience au cœur de la forêt. En premier lieu, il s’agit de respirer profondément, puis nous nous concentrons tour à tour sur un sens à la fois. Le son d’abord, comme celui de la neige qui tombe, note Sierra. Puis vient la vue. «On prête attention à ce qui bouge, comme le vent dans les branches», propose Camille. Suit l’odeur, le plus puissant catalyseur de souvenirs, estime Mario. Celle du sapin «m’a tout de suite replongé dans un camp d’été de mon enfance», se réjouit Annie-Rose. «C’est important de se concentrer aussi sur les petits détails», conclut Mario.
Puis chacun doit se remémorer un espace naturel auquel il accorde une place importante. Nous traversons le Canada, d’un parc urbain de Sherbrooke aux forêts de l’ouest de Vancouver, en passant par le Nord de l’Ontario ou l’île d’Orléans. «J’ai l’impression d’être une petite chose minuscule dans l’immensité», avoue Catherine. Le mot de la fin revient cependant à Isabelle, notre médecin d’expé : «Je vous prescris à tous un bain de nature quotidien!»
Valérian
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