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Expéditions

Auteur

Mélanie Villeneuve

Bonjour à vous tous. Au moment d’écrire ces lignes, il est 17 h. Petites nouvelles de la nuit. Pour reprendre les termes de Julien, une soirée croustillante. Une nuit de gestion, mais ponctuée de sommeil profond. Des chauffe-pieds, des chauffe-mains, des grignotines. On se doit de nourrir la combustion lente. Deux interludes pour vider la vessie et on replonge dans la détente. Le lac pète. Le dôme est plongé dans le calme. De courte durée : cette nuit, le vent en a profité pour s’inviter. Effronté n’est pas le mot. Un bon souffle nous rappelle que la tente est solide, mais peut facilement faire la révérence devant Éole.

Pas de répit. Le matin se lève, on doit faire feu. Ne pas trop se découvrir et réfléchir. Les paramètres textiles seront étudiés. Le ronronnement du vent est insistant et surtout pas invitant pour mettre le nez dehors.

Les cuistots sont les plus matinaux. Debout depuis 4 h du matin à chauffer l’eau, la soupe de framboises chaudes et les mueslis de luxe. Ils sont nos héros.

Nous allons fendre le lac avec des vents soutenus de 40 km/h. Sous les sages recommandations des deux Mario, 5,5 km nous mèneront au dîner. Nous mangerons des vivres de course, un tantinet durs, mais soutenants. Un 4,5 km en après-midi. Je salue ce revirement.

Mon équipement ne veut plus répondre. Ma fixation de ski hok décide de céder. Étrangement, une douleur lancinante à ma jambe gauche s’était installée. Je me demande si ce n’est pas la vie qui m’envoie un message.

Clairement non, car, débrouillards comme ils sont, les anges gardiens me proposent une autre paire de skis. Non sans évaluer si je désire continuer. Mon orgueil n’avait pas accepté jusqu’ici de voyager léger. Voyant la douleur au dos s’installer, j’ai mis un genou par terre. Ils ont pris ma pulka et j’ai ainsi continué cette marche avec un seul objectif : me rendre au campement.

Le silence, la patience, l’entraide, la bienveillance, le courage, l’envie de vaincre. Clairement, on n’était pas tous préparés à ce climat.

Le lac nous offre l’Arctique. Un décor polaire, des conditions surprenantes. Les gens se tiennent debout, décidés à braver. J’en suis bouche bée.

Fin de la première partie…
Mes mains et mon corps sont transis.
Je vais aller me changer, manger et je reviens aussitôt que je trouve le temps.

À très bientôt.

Blogueuse : Mélanie Villeneuve
Photographe : Charles-David Robitaille