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Expéditions

Auteur

Geneviève Locas

Quel cadeau d’être ici et d’écrire sur ce blogue à nouveau.
Et surtout, quel privilège d’être en nature, avec ce groupe incroyable.

J’ai déjà envie de partager avec vous tellement de choses. Je pourrais vous parler du trajet que chacun a fait pour se rendre au Double Tree Hilton à Montréal, du déjeuner à l’hôtel, du moment où l’on s’est rencontrés pour la première fois, de la route qu’on a faite en autobus, de notre repas convivial au Saint-Hubert à Gatineau, de notre arrivée à Air eau bois, du jeu qu’on a fait pour apprendre à se connaître, de la gestion de notre équipement, des beaux polars que les participants ont reçus en cadeau ou de notre départ en rabaska, mais je préfère vous raconter une histoire. Celle des larmes joyeuses sur une feuille d’automne.

Aujourd’hui, pendant qu’on était en rabaska, nous avons pris un moment pour nous arrêter. Un temps de (presque) silence (il y avait un bruit inattendu de camion qui nous faisait bien rire). Bref, on a quand même pris une pause pour observer l’environnement et ce qui nous entourait. Pour constater ou se rappeler à quel point on est bien dehors.
Nous sommes là, sur l’eau, entourés par la forêt.

Déjà, je peux sentir le soutien de la nature dans nos processus respectifs.

Je suis face au groupe, nos deux embarcations rouges sont collées. Dans l’eau, à côté de moi, il y a une feuille orangée, presque rouge, qui flotte avec plein de magnifiques petites gouttes posées sur elle.

Chaque goutte est différente, transparente. Chacune est exactement à sa place. Ensemble, elles se laissent porter par le vent et le léger courant. Je regarde la feuille, puis je regarde le groupe. Le miroir est évident. Chaque personne avec son histoire, ses couleurs, son parcours, ses émotions. Chacune différente, mais réunie au même endroit, soutenue par quelque chose de plus grand que soi.
Le parallèle me touche.

Je pense à vous qui lisez ce blogue. J’ai envie de garder un peu de ce moment. Je prends une photo de cette simple feuille d’automne et de quelques gouttes d’eau.
Pour moi, elle raconte déjà beaucoup.

Se rencontrer pour vrai
Ce soir, après quelques explications plus techniques sur l’expédition et le canot-camping, nous avons fait un cercle. Chacun a partagé un petit bout de son histoire.
C’est là que j’ai senti que quelque chose s’était vraiment installé.
Les participants sont ici pour créer des liens. Pour trouver une communauté. Pour être compris dans tout ce que les expériences passées et présentes en lien avec la maladie peuvent faire émerger en eux.
Je les regarde et je ressens énormément de gratitude d’être là. Je sais qu’eux aussi. Ils le nomment, on le sent et je le vois tranquillement dans les liens qui commencent à se créer.

Les larmes joyeuses
Pendant certains échanges, quelques larmes coulent. Des larmes de joie. De la joie d’oser être vulnérable. De se sentir compris. D’être vu. D’être entendu. De la joie de pouvoir être pleinement avec soi, tout en étant profondément avec les autres.
Je repense à cette petite feuille qui flottait près de moi cet après-midi.
À toutes ces gouttes déposées sur elle. À nous, les 14 personnes qui prennent part à cette expédition.

Toutes différentes. Toutes transparentes. Toutes à leur place.
Peut-être que c’est un peu ça que nous sommes venus chercher ici. Un endroit où on peut simplement être soi-même, les uns à côté des autres. Où nos différences ont leur place. Où on peut déposer un peu ce qu’on porte, sans avoir besoin de tout expliquer.

Une aventure où on peut être ensemble, sur l’eau, portés par la nature.

On part en canot demain.
Tout le monde va bien.
J’ai hâte de vous raconter la suite.

Geneviève xxx

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