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Expéditions

Auteur

Marie-Hélène Beaudry

NOTE AU LECTEUR : Notre blogueuse bénévole a rejoint le groupe au jour 3 de l’expédition, donc ce dimanche soir 12 mars. Voici son premier texte… 😊

Le texte aura une forme un peu différente aujourd’hui puisque c’est sous un soleil toastant que je me joins enfin au groupe, avec presque 72h de retard sur l’aventure… pas de chance, un vilain rhume vraiment pas bienvenu a retardé mon arrivée à la Seigneurie.

J’ai sincèrement hâte de rencontrer les participantes et participants; vous le savez la rencontre c’est le cœur de l’expédition. J’ai aussi hâte de découvrir ce paradis de forêts, de lacs et de neige sur lequel, semble-t-il, veille Triton. Saviez-vous que c’est un Dieu marin selon la mythologie grecque (à moins que le nom de la pourvoirie soit en référence aux tritons, ces mignons amphibiens de la famille des salamandres).

En tout cas, remise sur pied, maintenant en pleine nature avec plein de belles personnes à rencontrer, je sens comme une déesse mi-salamandre-mi-femme-des-bois se réveiller en moi et j’adore ça!

Puisque je n’étais pas là aujourd’hui dimanche, je vous rapporte les histoires que l’on m’a partagées sur la journée. J’espère que ma plume sera à la hauteur de l’expérience. En tout cas, je peux vous dire tout de suite : Watatow que c’est beau ici, on est traité comme de vraies divinités!

Alors la journée s’est déroulée comme suit…

BIP-BIIIIPPPP-BIPPPPP-BIPPP; réveil de panique, c’est l’alarme de feu!

Pas de panique, c’est le bacon qui brûle! (Mon cher dieu Triton, mais c’est grave du bacon qui crame, je vous implore de le sauver!)

La situation est de retour sous contrôle quelques minutes avant que l’alarme ne sonne de nouveau, arrachant bel et bien du sommeil celles et ceux qui avaient réussi à ‘’snoozer’’ la première. Cet épisode stressant a été rebaptisé à la blague : le matin de la ‘’bacon-alarm’’; puisque pas mal tout le monde aime le bacon, le sourire était malgré tout au rendez-vous!

Après ce réveil, un peu sec, mais graisseux à la fois, on s’enfile un déjeuner du « trucker de luxe », avec des fromages fins et tout! De quoi bien caler les estomacs avant de s’élancer, raquettes aux pieds dans la boréalie accompagné de Mathieu, invité spécial spécialiste en survie.

Avec lui, on apprendra pas mal sur le pistage, mais surtout sur la personnalité des animaux, sur l’histoire derrière la trace! La neige enregistre ainsi le passage d’un lynx, face au vent, en chasse, mais aussi d’un renard et d’une belette.

Comme si ce n’était pas suffisant, on apprendra de plus à faire du feu… sans feu, de manière primitive! Pour y arriver, on utilise un arc à feu ou un silex – que personne ne sorte un briquet de ses poches! Certain participants et certaines participantes montreront une détermination féroce pour y arriver; on félicite d’ailleurs Érika qui a vraiment tout donné et finalement réussi à faire une flamme!

Le lunch est servi dans un grand refuge de pêcheur : sandwich grillé de smoked-meat, avec cornichons, moutarde et salade de choux. Semble-t-il que Schwartz (fameux resto de viande fumée montréalais) à de la sérieuse compétition.

Méditatif, Mathieu en profite pour demander aux gens ce qui fait brûler la flamme à l’intérieur d’eux même. Intéressante question que je reprendrai avec une partie du groupe en soirée, au salon. Dylan, Nads, Ben, Dillan, Félycia, Chrystopher, Nikki (qui se sont nommés « The domesticated bunch » ; ça sent le « inside-joke », si je peux me permettre l’anglicisme) ont interrompu leur discussion, partie de dés et moment d’écriture pour me parler de la joie que leur procurent la déconnexion, leur famille, aider les autres, les livres, la pensée positive et la bonne bouffe (comme l’osso-buco du souper, oui oui, vous avez bien lu!). « It was a bew day » qu’on me dit unanimement; lire « beau » avec un bel accent anglais en diminutif de « beautiful ». Disons que c’est beau (ou ‘’bew’’) de voir un groupe bilingue sauter d’une langue à l’autre et faire des efforts pour échanger.

Après l’escapade, de retour au chalet, une bonne partie de la gang en ont profité pour se chauffer la couenne au soleil encore un peu sur la patio pendant que d’autres en ont opté pour une dernière longue douche avant l’épopée de camping d’hiver qui nous attends dès demain.

La journée s’est éteinte doucement avec une soirée libre où plusieurs ont continué à développer de précieux liens et à échanger de tout et de rien à la lueur du poêle à bois.

En rétrospective, disons que cette journée a vraiment été tout feu tout flamme : alarme de feu rebaptisée la ‘’bacon-alarm’’, viande fumée au lunch, feux sans feu en défi et finalement, une conversation sur ce qui fait brûler notre flamme intérieure devant un feu de foyer.

Je brûle de connaitre la suite de cette brulante aventure, mais pour l’instant, c’est surtout mes yeux qui brûlent de fatigue… Au dodo!

 

Marie-Hélène, apprentie déesse

Blogueuse et photographe pour la fondation Sur la pointe des pieds