Aujourd'hui nous quittons l'Anse-Saint-Jean, disons adieu à la banquise et chaussons nos skis pour une dernière fois.
Une dernière sortie
Cet après-midi nous avons chaussé nos skis pour la dernière fois. Il nous fallait donc choisir un paysage grandiose digne de cette dernière aventure. Alors quoi de mieux que le majestueux fjord du Saguenay, une formation géologique absolument unique? Pour l’occasion nous avions même commandé le soleil pour nous accompagner une dernière fois. Nous voici donc au Cap Jaseux, minuscule hameau de chalets nichés au bord du fjord à l’extrémité d’une petite route sinueuse, et lieu de notre dernier bivouac (bien à l’abri dans de petits chalets).
L’environnement est grandiose. Le fjord encore gelé est recouvert de douze pouces de glace ensevelie sous la neige. Par endroits, le courant a poussé les uns contre les autres de gros blocs qui forment comme de petites montagnes. Partout le blanc, immaculé et éblouissant. Nous avançons sur la glace, par petits groupes ou en solitaire, entourés par de hautes falaises boisées. Et pour la dernière fois, nous prenons le temps de sentir le vent piquant et les rayons du soleil sur nos visages.
De banquise en banquise
La glace aura définitivement été le fil rouge de notre expédition. De la route gelée qui nous a empêchés d’accéder aux Monts-Valin à la banquise du fjord, en passant par nos tentes gelées au petit matin. Aujourd’hui même c’est sur la glace que nous avons dit adieu à l’Anse-Saint-Jean. Adieu et merci donc à ce petit village sur la rive sud du Saguenay qui nous a accueillis si chaleureusement alors que nous devions changer nos plans à la dernière minute.
Nous avons bouclé nos sacs pour les empiler une dernière fois dans le pick-up conduit par Catherine.
Derniers pas sur la banquise de l’Anse-Saint-Jean, guidés par Phil, guide de kayak sur le fjord et imbattable sur sa formation et son histoire. Puis, nous retrouvons notre minibus (affectueusement surnommé «sardine bus») pour un voyage de deux heures.
Traditions d’expé
Puisque nous approchons de la fin de ce blog, laissez-moi vous présenter quelques traditions des expéditions de la fondation. Par exemple, le carnet de bord. Dans les bureaux de la fondation à Chicoutimi il y a une étagère remplie des carnets de bord de dizaines d’expéditions. Une personne est en charge de le transporter dans son sac, puis au gré des jours et des envies chacun y écrit et dessine ses idées, songes, blagues, remerciements et récits. Les pages sont ensuite copiées, imprimées et reliées, puis envoyées à tous les participants (avec l’ensemble des photos que je prends au fil des jours).
Une autre tradition, bien sûr, est de célébrer les anniversaires. Justement hier, Kiran a profité d’une tradition toute québécoise pour célébrer sa fête puisqu’il a soufflé ses bougies plantées sur un plateau de tire d’érable sur la neige. Enfin, une des traditions les plus mémorables est celle du «high & low» (hauts et bas). Le principe est simple : le groupe reçoit au début de son séjour un paquet mystère enrobé d’une épaisse couche de duck tape multicolore. L’idée est donc d’ouvrir le paquet pour célébrer un «high» ou se donner du courage en cas de coup dur (low). Bénévoles et guides ont ouvert leur paquet hier, et les participants viennent justement d’ouvrir le leur. Vous vous en doutez sûrement, le mystère est composé de divers jujubes, chocolats et chips.
Demain sera mon dernier billet de blog et je vous garde quelques traditions en réserve pour accompagner nos dernières heures ensemble.
Valérian
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