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Valérian Mazataud

Nous nous réveillons sur un lit de glace après une nuit venteuse. Nous passons une journée en raquette à travers rivières gelées et forêts de bouleaux pour atteindre le Lac Cardinal, et la nature sert d'écrin à nos conversations.

Le lac
Nous arrivons au Lac Cardinal en début d’après-midi après avoir traversé la rivière Portage gelée. Avec prudence, nous nous suivons dans une file disciplinée, plantant les crampons de nos raquettes et nos bâtons dans la glace bleutée. Nous grimpons une dernière colline puis, peu à peu, le lac azur se découpe dans son cirque rocheux, entouré de glace et de roches. Avant de voir le lac, on l’entend, ou du moins on entend les exclamations de ceux qui l’aperçoivent en premier.


C’est le point culminant de notre journée. Nous nous arrêtons assez longtemps pour admirer la vue. S’ensuit une séance de photos de groupe et une série de photos individuelles. La fondation célèbre 30 ans cette année et nous tendons tant bien que mal un drapeau qui ne demande qu’à s’envoler dans le vent.

Au fil de la météo
Le vent semble aussi joyeux que nous, soufflant en rafales glacées depuis le sommet des montagnes. Nous sommes arrivés juste à temps, en quelques minutes le paysage a disparu derrière un épais rideau blanc et la neige a commencé à tomber en gros flocons. La température n’est pas glaciale, mais toute la journée l’air chargé d’humidité nous a annoncé l’arrivée de la neige.
Voici à peine une journée et demie que nous vivons dehors en hiver et déjà nous réalisons à quel point nous sommes à la merci du moindre changement météorologique.

Hier soir nous nous couchions sous les étoiles dans une neige molle et collante, et ce matin nous nous éveillons sur un lit de glace. Les crampons sous nos chaussures sont devenus nos alliés indispensables pour nous déplacer dans le camp.

Silences et rires
Cette première nuit sous la tente n’a pas été de tout repos. Le vent a soufflé dans les tentes, et même si nous n’avons rien à craindre, il est difficile de ne pas se sentir tout petit au milieu de l’immense forêt. Bien sûr certains habitués du plein air, tels Ian ou Kiran, ont dormi comme des bébés, pendant que d’autres découvraient les joies des toilettes nocturnes en plein air.
Ces quelques jours nous ont permis de faire connaissance, mais c’est véritablement la forêt, le froid et les étoiles qui ont tissé les liens entre tous. L’observateur-blogueur que je suis espionne désormais (involontairement) de touchantes conversations sur les expériences de chacun à travers le cancer. Elles sont parfois ponctuées de longs silences, mais aussi parfois de rires. On y échange ses anecdotes les plus improbables sur les hôpitaux, les effets secondaires et les médecins. Et moi, qui n’ai rien vécu de tout ça, je ne peux que m’émerveiller de la beauté de cet espace d’échange improvisé au cœur de la nature.

Valérian

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