Date

Catégories

Expéditions

Auteur

Valérian Mazataud

Aujourd’hui, nous avons quitté Québec, réuni tout notre monde et rejoint notre nouveau territoire de jeu, le Saguenay. Nous avons découvert nos équipements de plein air pour les prochains jours et avons affronté la réalité des changements climatiques : même au mois de mars, l’hiver semble déjà nous échapper.

La glace
« J’aime l’idée de laisser ma vie quotidienne dans les mains de quelqu’un d’autre, de me laisser guider quelques jours », confie Camille, réunie en cercle avec la vingtaine des autres membres de notre équipe. En fait, dès le premier jour, nous nous sommes tous fait à l’idée que les choses n’iraient pas forcément comme prévu, mais que, quoi qu’il arrive, tout allait bien aller. J’aurais aimé vous écrire d’une pourvoirie nichée au cœur des Monts-Valin, mais je vous écris plutôt d’une grande salle commune au rez-de-chaussée des bureaux de la fondation à Saguenay.

Notre épreuve du jour ? La glace. La pluie des dernières 24 h a en effet transformé notre route en véritable patinoire impraticable, nous forçant à nous replier vers un autre territoire que nous découvrirons dès demain. Toute la journée durant, c’est notre équipe de guides au complet (huit personnes en tout !) qui s’est attelée à la tâche pour nous concocter un plan B (et même un plan C !) afin d’adapter notre itinéraire à la nouvelle réalité météo.

La rencontre
C’est donc réunis en cercle que nous avons tous terminé de faire connaissance. L’accessoire de notre rencontre ? Un ballon de volley-ball… C’est un ballon qui a vécu beaucoup d’expéditions. Un ballon orné de questions du type « Quelle est ta tune de karaoké » ou « Quel animal aimerais-tu être ? ». C’est surtout un ballon de rencontre qui permet d’initier une conversation où chacun confie ses motivations et ses doutes. Parmi les doutes, certains avouent ne jamais avoir skié, alors que d’autres redoutent le froid contre lequel leur corps ne lutte plus aussi facilement suite aux traitements contre le cancer. Pour autant, aucun ne doute des raisons qui les ont poussés à se joindre à l’expédition : « C’est la première fois que je fais partie d’un groupe de jeunes de mon âge qui ont vécu la même chose que moi », explique Laury, une participante du Québec. Max, venu de Vancouver, renchérit : « Même si mes proches me disaient “je comprends ce que tu vis”, je savais que ce n’était pas vraiment le cas, mais ici c’est différent ».

Pour Kiran, qui vit en Ontario, l’expédition est aussi un moyen « de faire à nouveau confiance à son corps », alors que pour Annie-Rose, de Winnipeg, il s’agit aussi de ne pas oublier ce cancer, qui fait partie de son histoire de vie, dans le flot de la vie quotidienne. Vous l’aurez compris, ce séjour est pancanadien et, alors que j’écris ces lignes, les cris d’une partie de boulette bilingue résonnent entre les murs. En plus des participants déjà nommés, on y retrouve Camille, Elizabeth et Gabriel, trois Québécois, Hannah, du Nouveau-Brunswick, Ian, de Winnipeg, Ryder, de Colombie-Britannique, et Sierra, de Calgary. Demain, je vous parlerai de l’équipe de guides et de bénévoles qui nous accompagne.

Bien s’équiper
Au rayon des présentations, la journée aura aussi été consacrée à découvrir notre matériel. Dès notre arrivée à Saguenay, nous avons été accueillis par une équipe de télévision de Radio-Canada qui nous attendait au hangar d’équipement de la fondation. C’est là, à l’intérieur de cette véritable caverne d’Ali Baba, que nous avons dit adieu à nos vêtements de ville pour enfiler nos nouveaux costumes de plein air : bottes d’hiver, combines, pantalons imperméables, veste polaire, coupe-vent…

Il s’agit d’emporter de quoi parer à toutes les éventualités, mais en prenant le moins de place possible. Le jour, nous transporterons les indispensables : lunch, eau et thermos, vêtements de protection additionnels. Le soir, nous retrouverons les duffle-bags où nous aurons savamment comprimé tout un attirail dont je vous parlerai plus tard. Enfin, nous avons même profité de l’après-midi pour apprendre à monter les tentes prospecteur (avec poêle à bois inclus !).

Bref, nous sommes parés, fin prêts à enfin rattraper l’hiver…

Valérian

Présenté par