Date

Catégories

Expéditions

Auteur

Fabienne Macé

Réveil à l’heure du ukulélé ! Les voix d’Eve-Marie et Marie-Michelle envahissent le refuge. Ce matin, c’est « Don’t worry, be happy » qui ouvre les yeux des jeunes, comme ceux de l’équipe un peu plus tôt. Raphaël apporte sa touche au duo — en fait Raphaël apporte toujours sa touche — de sifflements et « back vocals » !

Les mots de Loïs me reviennent… son ennui un peu général qui l’a incité à dire oui à l’expé sans même y réfléchir. « Mettre tout sur stop, c’est bon pour le moral ! » Il nous confie aussi une autre raison à sa présence renouvelée à l’Évasion de printemps : une sorte de « mission d’infiltré » pour faciliter l’arrivée des jeunes et leur permettre de profiter plus rapidement.

Soleil au rendez-vous ce matin encore. Milla est la première sortie des chambres. L’ambiance est douce, encore endormie. On finit par se rendre à la cafétéria pour un bon déjeuner. Pourtant, il y a une ombre au tableau. La condition de Mélanie recommande qu’elle quitte l’expé. Son départ est organisé en voiture avec Naïla, infirmière bénévole, qui l’accompagne à Montréal.

Pendant ce triste contretemps, Milla et Teagan dessinent. Et le journal de bord prend vie. Il est la mémoire de l’expé contée par les jeunes, dans la forme qu’ils veulent : poèmes, anecdotes, dessins, messages… Branwen en est la gardienne et, à ce titre, doit inviter le groupe à remplir ses pages.

« Un sac de jour, un sac de nuit » C’est ce qu’E-M explique aux jeunes avant qu’ils aillent empaqueter leurs affaires : un sac au sec sur le rabaska et un baril pour le campement.
Tout se fait dans le calme ; les facilitatrices appellent au départ vers l’aventure, la vraie.

Au bord du lac, sous le soleil tapant, c’est l’expression désormais incontournable de Mario Bilodeau, cofondateur de la fondation, qui donne le ton : « Hey la gang, on est-tu ben ! » Que c’est vrai…

Loïs improvise alors un cri d’équipe : « Un deux team, un deux expé ! »

Le lac est glacé, pas un souffle de vent. On s’émerveille, on admire, on chante. Raph — et oui, encore Raph — transforme notre rabaska en gym et scande des intervalles rythmés que Loïk et Loïs suivent avec une énergie incroyable. Le rabaska vole sur l’eau ; Teagan, Milla et moi en profitons pour prendre une pause et laisser les gars à leur défoulement.

Le tracé est superbe ; la température idéale ; les bateaux filent le long de l’Île Verte puis s’engagent dans un chenal mystérieux… Ça débouche ? Ça débouche pas ? Et finalement, le passage s’ouvre. Les sandwiches se rapprochent. La cadence s’accélère et l’arrivée à l’étape prend des allures de sprint. Branwen motive son bateau avec puissance et c’est l’égalité.

Il faut quelques minutes aux jeunes pour troquer veste de flottaison contre costume de bain ! Oui oui, c’est le plan qu’ils ont entretenu pendant les 7 km pagayés. L’eau est très fraîche. Mais téméraires ou pas, frileux ou pas, tous y vont ! Cris, hou, haaa, ohhh… chacun son style, sa durée de saucette, son chant… un point commun : les rires que l’écho de la baie amplifie !

Emmitouflés, ils savourent d’autant plus la soupe fumante à la courge que propose le Café de la Pointe à midi, et les sandwiches concoctés selon la commande de la veille avec leur nom dessus, voire un mot doux !

Marie-Hélène entame une petite séance de jonglage — en fait c’est le « talent caché » de Jesse — mais c’est chouette ! Les balles tournoient et piquent la curiosité d’Anne-Marie qui veut s’essayer. Jesse donne quelques trucs et ça fonctionne bien. Du coup, Loïs s’y met aussi !

Avant de reprendre la route, Marie-Michelle se réjouit qu’on ait la brise dans le dos ; et Marie-Hélène d’enchaîner : « c’est mieux que de se briser le dos ». On repart donc sur fond d’humour, de jeux et de chansons. Les derniers 3,5 km en rabaska glissent rapidement. Le site dit du lagon bleu dévoile ses charmes, promesse d’une soirée mémorable.

Et ça commence dans l’eau ! Le soleil tombant dessine un décor imbattable. MM, EM, Jesse, Raph, Milla, AM, Branwen, Angelo, Jeanne, Hayman (j’espère tous les nommer !) s’offrent une baignade de plénitude. Le banc de sable immergé permet d’avancer loin dans le lac jusqu’à une roche. Ils étirent le temps et s’emplissent de l’instant, ensemble.

Un bon feu et la soupe épicée au gingembre tombent à pic. Les frissons s’estompent et le Mac & Cheese finit de réconforter les troupes. Une fois les chaudrons vides et les bedaines pleines, MM et EM souhaitent un retour sur la journée :

  • Une note sur 10 pour l’appréciation générale ?
  • Le moment fort du jour ?
  • Les attentes pour la suite ?

À l’unanimité, c’est 10/10.
Pour Angelo, les baignades étaient géniales, pas faciles, mais vraiment top. Son souhait : rester en contact.
Pour Loïk, tout était parfait, il a tout aimé… surtout le Mac & Cheese !
Loïs garde le « jeu du contact » en rabaska comme highlight… mais il trouve que le temps passe trop vite et souhaite pour demain un autre jour « aussi big ». Il ajoute que la simplicité des journées est un vrai luxe qui permet de complètement profiter.

Jeanne a particulièrement aimé être sur l’eau, puis nager, et espère qu’il fera aussi beau demain.
Pile la même chose pour Milla.

Le highlight de Marie-Michelle s’en vient : le dessert !
Pour Eve-Marie, entendre les jeunes rire ce soir alors qu’ils se baignaient est un moment vraiment fort. Elle espère plus de chansons encore pour demain !

Jesse a également apprécié dès qu’on est partis sur l’eau et tout ce qui se passe dans cette soirée au campement.
Pour Raph, le réveil au ukulélé est le highlight et il aspire aussi à garder contact avec le groupe, faire durer la beauté qui se crée.

AM parle d’un « great day » et entendre Branwen chanter dans le bateau est son must. Sa demande spéciale pour demain : l’entendre encore !

Pour Branwen, la journée aurait pu atteindre 11/10 si elle n’avait pas renversé sa soupe sur son pantalon… mais sans surprise, la baignade est son highlight. Un souhait original : apprendre plus de mots français de nous autres.

Pour Teagan : « No complain » ; tout est parfait et son highlight est le moment tranquille ensemble près du rocher pendant la baignade. Un autre souhait quant au français, mais concernant le subjonctif en vue de son examen lundi !!

Pour Hayman aussi, se baigner est le point fort, tout comme le réveil au son du ukulélé.

Et finalement, c’est mon tour : voir le plaisir d’Angelo et Branwen, comme des enfants sans filtre, m’a beaucoup touchée.

Sur tant de joie et de bonheur évoqués, Angelo propose d’ouvrir le High & Low. Il s’est porté volontaire pour en prendre soin depuis hier soir et sent que c’est le bon moment. Le High & Low est une surprise emballée serrée que l’on sort en cas de baisse de moral ou, au contraire, pour célébrer un moment fort. C’est le cas ! Autre condition : que tout le groupe soit d’accord ; c’est le cas aussi ! Angelo le tend à Loïs, consacré « leader ». Après une grosse bataille avec le Duck Tape : friandises, bonbons et tatouages au henné !

Mais ils gardent tout ça pour plus tard, c’est l’heure du fameux dessert : un régal de gâteau aux carottes avec extra crémage !

Pendant que je rédige ces lignes, s’entame un jeu hilarant dans mon dos qui implique des noms de fruits et légumes… mais tous semblent avoir des soucis d’élocution et de bons fous rires… Je vous laisse leur demander l’histoire au complet.

Le soleil enflamme le ciel et le lac. Chacun fait une pause devant le tableau magique jusqu’à ce que la nuit recouvre le campement.

Fabienne

Blogue présenté par