March 6, 2016 : Montréal, QC - This is goodbye only.

Of course, it had to happen at some point or another. Our group eventually separated, gently as kilometers were covered throughout the day. We left at dawn (at least for me), 7 am, since a long journey was ahead of us.

After a five-hour drive, we had our last lunch together in Gatineau; then, Anthony and Brandon reunited with their families. And it was Merceades, Tabitha, Colette and Naila’s turn to leave us at the Ottawa airport. Finally, we arrived in Montreal around 3:30 pm and Nicolas, Alex, and Etienne reunited with their parents, while Antoine and Esteban continued their trip to Quebec City and Saguenay with Marie-Joëlle. Later, the last participants, Dawson, Elliot, Noah and Dylan took a flight back to their respective corners of the country.

The long bus trip, again driven by André, provided time for last conversations, the final pages to write in our logbook, and for an ‘autograph on the arms’ session!

We parted, but we will remember every little episode of this unforgettable adventure and our new friends. Last night, to symbolize what unites us, we discovered another of the Tip of the Toes Foundation traditions. Catherine passed along a long piece of blue and white cord that we all shared and made into as many bracelets as there were participants in this great expedition.

So, this is the end of this adventure, but only the beginning of all the others ahead, together or on our own.

TO SEE ALL PICTURES OF THE EXPEDITION…

2016-03-06 : Montréal, QC - Ce n’est qu’un au revoir.

Bien sure, il fallait que ça arrive à un moment ou à un autre. Notre groupe a fini par se séparer, doucement au fil des kilomètres de la journée. Nous sommes partis à l’aube (en tous cas pour moi), 7h00, car une longue route nous attendait.

Après cinq heures de route, nous avons dîné tous ensemble pour la dernière fois à Gatineau, puis Anthony et Brandon ont rejoint leurs familles. Ensuite, ce fut le tour de Merceades, Tabitha, Colette et NaIla de nous quitter à l’aéroport d’Ottawa. Enfin, nous sommes arrivés à Montréal vers 15h30 et Nicolas, Alex et Étienne ont rejoint leurs parents alors qu’Antoine et Esteban ont poursuivi leur route vers Québec et Saguenay en compagnie de Marie-Joëlle. Plus tard, ce sera au tour des derniers participants, Dawson, Elliot, Noah et Dylan, de prendre l’avion vers leurs coins de pays respectifs.

Le long voyage en autobus, encore une fois chauffé par André, a laissé le temps, aux dernières conversations, aux dernières pages à écrire sur notre journal de bord et aux séances de signature sur les bras !

Nous nous quittons, mais nous conservons tous un petit bout de cette inoubliable aventure et de nos nouvelles amitiés. Hier soir, pour symboliser ce qui unit, nous avons découvert une autre des traditions de la Fondation Sur la pointe des pieds. Catherine a fait passer un long bout de corde bleue et blanche que nous avons tous partagé en autant de bracelets que nous étions de participants à cette grande expédition.

Alors, voilà c’est la fin de cette aventure là, mais juste le commencement de toutes les autres qui nous attendent, ensemble ou chacun de notre côté.

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds

POUR VOIR TOUTES LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION…

2016-03-05: Northridge Inn - Sundridge, Vie de famille

Cette fois, l’expédition est bel est bien terminée, mais pas le voyage. Demain, nous retournerons vers Montréal en autobus, et pour certains la route se prolongera vers Québec, Saguenay, les Maritimes ou l’Ouest du pays. Nous sommes de retour au Northridge Inn. Nous avons retrouvé avec plaisir la chaleur d’une bonne douche, le confort d’un vrai lit, la douceur de la moquette, l’eau courante et l’électricité.

Pourtant le retour à la civilisation ne fut pas des plus tendres ce matin. Après un dernier départ, grimpés sur les patins de nos traineaux, nous avons repris la route du chenil, empruntant d’abord les minces traces que nous avions laissé la veille sur les plateaux qui entouraient notre camp. Ensuite nous avons rejoint une piste principale sur laquelle nous avons dû croiser près d’une soixantaine de motoneiges en moins d’une heure. Si la plupart conduisent à une vitesse raisonnable, certains ne se gênent pas pour dépasser allégrement les limites. Il s’agit alors d’être très prudents, de bien tenir ses chiens de tête à la main, d’arrêter son traineau et surtout de le maintenir à la droite de la route, ce qui n’est pas des plus facile quand cette dernière est inclinée vers la gauche.

Finalement, après deux heures de ce régime, nous avons rejoint le chenil de Chocpaw, où nous avons accroché nos chiens à leur niches pour la dernière fois, vider, vérifier et ranger nos traineaux, puis charger nos sacs dans le bus. Ça sentait la fin… Nous avons retrouvé nos guides mushers une dernière fois pour dîner tous ensemble dans les locaux de Chocpaw qui se trouvent être installés dans la maison du fondateur de la compagnie, Paul J.Reid. La maison ressemble à un véritable musée du chiens de traineaux avec ses dizaines d’assiettes décorés de husky, ses tapisseries et autres statuettes de chiens en plâtre. C’est là que nous avons dit adieu à Chantal, Seppe, Karly et Rasmus.

Arrivés à l’hôtel nous avons enfin pu nous changer et prendre une douche, après avoir rendu et rangé tout le matériel prêté par la Fondation Sur la pointe des pieds. Nous sommes fatigués mais heureux avec le sentiment de nous être dépassés et d’avoir vécu une grande aventure tous ensemble, plus de 130 km en traineaux en 6 jours !

Hier, lors de notre dernière veillée en forêt, nous avons essayé de résumer notre expérience en un seul mot. Pour Dawson, l’expérience était «intéressante», à tous les points de vue, et pour Elliot, en un seul mot c’était juste «incroyable» (awesome !). Pour Antoine ça a été une vraie «Aventure» avec un grand A. Il a avoué qu’au début il se sentait stressé de devoir passer une semaine avec une quinzaine inconnus, sans même savoir où il allait dormir. Étienne a retenu la «complicité» que chacun a pu développer avec les autres, ou même avec les chiens. Tabitha se sent pour sa part «reconnaissante» pour cette nouvelle famille dont elle a l’impression de faire partie, et Merceades a souligné le mot «force», car «jamais personne n’a abandonné»

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds

POUR VOIR TOUTES LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION…

2016-03-04 : South camp, Vie de famille

Avant dernière journée de notre expédition. Ça veut dire que nous venons déjà de passer cinq jours dans le bois. C’est le moment où on se souvient bien qu’on a une vie ailleurs, avec un lit, une douche et une TV, que ça nous manque vaguement, mais qu’on commence aussi à prendre goût à cette nouvelle routine, si différente.

On commence à prendre nos petites habitudes. C’est ici qu’on accroche nos gants, c’est là qu’on suspend nos chaussettes. On sait déjà quel chien gardera un peu de bouffe de côté pour plus tard et quel autre il faudra ensevelir sous la paille, parce que son poil est trop court. On sait où ranger le bois et à quel moment il faut aider pour la bouffe. Chacun a son endroit favori pour manger dans la tente commune, et son matelas préféré pour passer la nuit. On sait à quel moment il faut dérouler son sleeping et où sont positionnés les ronfleurs.

Aujourd’hui, il règne un esprit familial sur le camp. La journée de traineau a été courte, mais il faut dire que les corps humains et animaux commencent à être fatigués. Une nouvelle fois, nous sommes repassés par Craig Creek camp, point central des pistes que nous suivons. Là, nous avons chargé quelques caisses de nourriture et des bottes de paille sur nos traineaux.

Les pistes que nous avons empruntées aujourd’hui étaient surpeuplées par rapport aux autres jours. Nous avons croisé deux autres groupes de traineaux, toute une troupe en ski de randonnée, des amateurs de raquettes et même un énorme camion qui s’en allait chercher du bois. Il ne s’est pas remis à neiger, et après avoir chuté à -30°C cette nuit, la température est devenue très agréable en journée à la faveur du soleil ! Avant d’arriver au camp de ce soir, nous avons traversé un vaste plateau enneigé, puis une longue descente vers la South River, qui donne son nom à la ville où nous retournerons demain.

Nous sommes arrivés au camp à 14h, une à deux heures plus tôt qu’à l’habitude, le temps d’allumer un grand feu et de profiter du soleil tout en effectuant nos tâches. Toute l’après-midi, on pouvait entendre des blagues et des rires, comme une grande famille au camping. En attendant le souper, nous nous sommes réunis autour du feu pour chanter ensemble l’hymne (sans parole) de la Fondation Sur la pointe des pieds, puis Marc-André nous a conté une version bilingue de la légende de la chasse-galerie.

Ce soir on nous a promis des hot-dogs et des guimauves, et puis ce sera le temps de faire un point tous ensemble sur notre aventure ici. Nous devrons choisir un mot pour résumer notre expérience et expliquer pourquoi nous avons choisi ce mot. C’est une tradition que nous entretenons depuis la première expédition de la Fondation Sur la pointe des pieds il y a 20 ans! Et puis, ce sera notre dernière nuit avant de rejoindre Northridge, et la civilisation…

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds.

POUR VOIR LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION…

2016-03-03 : Charr camp, Les cinq sens de l’expédition

Au petit matin le thermomètre flirte avec les -30°C. Pas facile de se motiver à sortir de la douce chaleur de son sleeping… On écoute. Les bruits du camp qui commence à s’éveiller. Les dernières bûches qui crépitent dans le poêle, les premiers pas qui crissent dans la neige, et les chiens bien sure. Attachés pour dormir, ils sont calmes comme des anges, mais dès qu’ils sentent qu’on s’apprête à partir, le concert commence. Certains hurlent comme des loups, le museau levé vers le ciel, d’autres semblent crier comme des bébés, certains comme des otaries de cirque, et quelques uns gazouillent comme des oiseaux.

La journée, seuls les sons du traineau peuplent le silence de la forêt. Le cliquetis des chaînes des chiens, le bois du traineau qui semble grincer comme un vieux gréement de bateau, le glissement des patins sur la neige épaisse, le grincement du frein sur la glace. Le son enfin, c’est la langue, les accents de chacun, les essais de Noah qui aimerait beaucoup « être capable de faire des phrases complètes avec tous mes mots de Français », ou la motivation d’Esteban qui profite du voyage pour échanger le plus possible avec les participants anglophones. Pour Dylan le défi est encore plus grand : « j’aimerais pouvoir avoir une bonne conversation avec tout le monde au moins une fois. »

Le jour, c’est la vue qui occupe presque tous nos sens. Avec Antoine, mon partenaire de traineau d’aujourd.hui, nous ne cessons de nous émerveiller des paysages qui nous entourent. Parfois les sapins semblent former comme un tunnel traversé de rayons de soleil qui zèbrent notre route. Plus tard, le soleil inonde une plaine neigeuse d’où émergent les sommets d’arbres ensevelis comme des mâts de bateaux naufragés. Puis voilà que nous longeons la Craig Creek river, longue trainée de glace que perce parfois les remous du courant dans les roches.

Le goût bien sure, c’est la bouffe. En expédition, le plus simple des repas devient un vrai festin, nos papilles sont aiguisées par l’effort et la fatigue. Des pâtes aux boulettes ? Un régal. Du poulet curry aux légumes ? Un délice. Les mélanges les plus incongrus semblent soudain tout à fait concevables. De la confiture de fraises qui débordent sur mes patates, bah pourquoi pas. Et puis bien sure, il y a aussi les « high and low », deux paquets surprise que l’on peut décider d’ouvrir pour célébrer un temps fort ou pour se réconforter après un coup dur. Hier, c’est Nicolas qui a proposé d’ouvrir le premier après notre journée la plus physique. Tout le monde a voté pour… À l’intérieur ? Du chocolat au gingembre, de la réglisse, des jujubes aux framboises et un paquet de Goldfish.

Odeurs. Nous avons parlé hier des odeurs les moins agréables de nos amis à quatre pattes, mais les odeurs du camping d’hiver c’est aussi la fumée des essences de bois brûlant dans le feu de veillée ou dans les poêles : bouleau blanc ou jaune, épinette, cèdre… Et puis, bien entendu, comme il n’y a pas que les chiens qui peuvent sentir, aujourd’hui nous avons réservé une de nos tentes à improviser une salle de bain très rustique.

Toucher enfin. À commencer par le poil des chiens, long, court, épais, dru, touffu, rasé… Toucher encore, la neige, fraîche et légère, épaisse et collante, givrée et lourde, ou dure et glacée.

Et puis si il fallait trouver un sixième sens, ce serait celui de la communication avec nos attelages et nos montures. Au fil des jours, nous apprenons à reconnaitre les subtiles variations de vitesse et de pression du traineau, les mouvements des chiens de tête. Nous savons lire leur fatigue, leur impatience ou leur peur.

Demain, avant dernière journée d’expédition. Il reste peu de temps pour en profiter. C’est le temps des défis, un bain de neige pour Marc-André, et une nuit dans un abri extérieur pour Brandon et Anthony.

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation sur la pointe des pieds

POUR VOIR LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION…

2016-03-02 : Twin camp, Dans la neige jusqu’au cou

Hier, au moment d’aller nous coucher, la neige s’est mise à tomber, encore ! Au réveil, un pied de neige fraiche nous attendait alors que le soleil se décidait enfin à sortir. La neige a pris tout le monde par surprise, car elle n’était pas annoncée avant notre départ de Sunridge.

Au déjeuner de ce matin, nous devions donc nous préparer pour une grosse journée où il allait falloir tracer notre propre route. Pour l’énergie, rien de tel qu’une bonne alimentation de coureur des bois : lard, patates, pancakes, muffins anglais…

Le départ s’effectue en trois groupes très espacés, afin de laisser assez de distance à ceux qui ouvriront la piste. Aujourd’hui, c’est le groupe dans lequel je me suis retrouvé, en compagnie de Noah, Merceades, Étienne et Nicolas. Quelle épopée… Devant le premier traineau, Seppe ouvre la route avec ses grosses raquettes aux pieds, et nous nous engouffrons à sa suite dans l’étroit sentier de neige épaisse bordé de haute murailles de pins aux branches enneigées.

La route d’aujourd’hui est la plus vallonnée depuis le début de notre aventure. Parfois il nous faut monter pendant plus de 30 minutes ! Sur les 23 km que nous avons parcouru, il me semble que nous avons dû pousser les traineaux au moins la moitié du temps. Et pas question de rester assis, conducteur et passager sont tous deux debout derrière le traineau, prêts à courir, et si jamais on est pas assez rapide au gout des chiens, le leader se retourne pour nous regarder, l’air de dire : « au travail fainéants ».

Tous les jours nous changeons d’attelage, pour le plus grand plaisir de Merceades qui « adore rencontrer de nouveaux chiens », mais pas forcement pour Dawson qui confie, en blaguant, « la seule chose de ce voyage que je ne veux pas rapporter chez moi, c’est les odeurs ! »

Les odeurs des chiens font pourtant partie intégrante de nos tâches quotidiennes. Munis d’une bêche, d’un seau et d’une pelle, il faut ramasser matin et soir les quelques kg de crottes produits par nos moteurs à fourrure. Pour nous assurer que les chiens aient leur dose de sommeil réparateur, nous leur fabriquons de petites litières en paille dans lesquelles les moins poilus peuvent s’enfoncer jusqu’au cou pour ne pas avoir froid. Cette nuit, on annonce -27°C! Bien sure il faut également nourrir toute la petite troupe, deux fois par jour en leur distribuant leur ration de 2,5 livres de poulet broyé et congelé. Ça ressemble à de grosses barres granola, mais en beaucoup moins appétissant…

Voilà nous en sommes déjà à la moitié de cette expédition. Le temps passe vite et nous avons le sentiment d’avoir laissé derrière nous nos mondes respectifs, nos habitudes, nos attitudes, nos soucis. Nous avons parlé à ceux à qui nous ne pensions pas parler, nous avons échangé sur tout et sur rien, avons poussé des traineaux ensemble, charrié des troncs d’arbres. « J’aime la complicité de groupe qu’on a développé » souligne Étienne. Et c’est vrai, la neige semble avoir enseveli nos préjugés pour ne laisser qu’un groupe de voyageurs unis dans la nature.

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds.

POUR VOIR LES PHOTOS D’EXPÉDITION…

2016-03-01 : Craig’s Creek,Marathon des neiges

Pour la deuxième nuit consécutive, nous dormons au camp de Craig’s Creek, juste à côté de la rivière du même nom. Nous occupons trois des cinq tentes du camp. La plus grande sert de dortoir aux gars de l’expédition, onze participants et deux mushers. C’est aussi là qu’on se réunit pour cuisiner, manger, ou juste relaxer. Dans une deuxième tente, un peu plus petite, dorment les trois filles participantes, ainsi que Chantal et Karly, les deux autres mushers. Enfin, dans la troisième tente, se trouve tout le reste des adultes. On est un peu serré, et il faut bien faire attention à ne pas égarer ses affaires, mais l’ambiance y est vraiment agréable.

Pour nous chauffer, nous disposons d’un poêle à bois, qui est très efficace, mais qu’il ne faut pas oublier d’alimenter régulièrement, même la nuit pendant que tous les autres dorment ! Pour alimenter la bête il faut donc… du bois. En forêt, ce n’est pas ce qui manque, ça tombe bien, mais le couper et le transporter, c’est une autre histoire. Aujourd’hui, nous avons accompagné Seppe, qui a abattu un arbre à la scie à chaîne, avant de le débiter en morceaux plus petit. Ensuite, on charge les tronçons sur un des traineaux et nous prenons la place des chiens. On tire et on pousse notre fardeau jusqu’au camp, où il reste à le décharger, et à le découper en plus petits morceaux. Enfin, il reste à répartir les bûches dans chaque tente.

Oui, la vie dans le bois n’est pas simple, tous ces petits conforts qui nous semblent si naturels à la maison, ici, il faut les gagner. L’eau par exemple. Plutôt que de tourner un robinet, nous devons… casser la glace de la rivière avec un pic, puis remplir un seau, puis des bidons. L’eau a une drôle de couleur jaune, mais ça ce n’est pas grave, c’est juste les minéraux. Par contre, pour être sure qu’elle est bien potable, nous la laissons bouillir durant plusieurs minutes. Ensuite, elle sert à faire de délicieux chocolats chaud et à remplir nos gourdes.

Parce que, en hiver, il faut beaucoup boire, surtout que nous faisons beaucoup d’efforts. Aujourd’hui, nous n’avons pas arrêté de courir. Comme nous revenions au camp le soir, nous avons pu y laisser les bagages et avons parcouru 27 km à une moyenne de 9 km/h ! Par contre le paysage était tellement vallonné et la neige tellement épaisse qu’il nous fallait sans arrêt descendre de nos traineaux et courir en poussant pour aider les chiens. Un méchant défi avec nos habits d’hiver et nos grosses bottes. La récompense de tout ça, c’est un paysage, incroyable, époustouflant à chaque virage.

Ce soir, nous avons fait un grand feu et Seppe nous a proposé de parler de nos meilleurs souvenirs de la journée. Pour beaucoup, ce sont les paysages qui resteront gravés dans leur mémoire. Pour d’autres, comme Elliot, ce sont les longues heures passées à parler de tout et de rien sur le traineau. Pour Esteban, c’est l’occasion de superviser le décrochage des chiens de tous les traineaux qui est resté un moment marquant, « l’occasion de prendre des responsabilités ». Et bien, pour beaucoup, comme Brandon, les chiens restent la chose la plus marquante. « Ils sont tellement « cute » que je dormirais avec ! »

Voilà, il continue à neiger encore et encore, demain, nous aurons encore de la belle neige fraîche pour continuer notre route vers de nouvelles aventures.

Valerian Mazataud, blogueur et photographe de la Fondation Sur la pointe des pieds.

POUR VOIR LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION…

2016-02-29: premières traces de pattes dans la neige

Cette fois on y est, voici mon premier billet de blog signé sous notre tente de prospecteur, chauffé à la chaleur du poêle. La nuit glaciale est tombée sur la forêt, nos traineaux et notre meute de chiens. Premiers kilomètres à la force des pattes aujourd’hui, à travers les forêts de pins, épinettes, peupliers et bouleaux qui bordent le Parc Algonquin.

Tôt ce matin, nous avons quitté le confort de nos chambres, enfilé nos vêtements d’expédition, avalé un bon déjeuner, avant d’embarquer dans le bus pour Chocpaw. Là, nous avons fait la connaissance de deux nouveaux mushers, Seppe, de Belgique, et Rasmus, du Danemark, ainsi que de leurs 320 assistants à 4 pattes !

Première étape, harnacher nos sacs aux traineaux, sous une bâche plastique solidement fixée. Nous sommes deux par traineau, un conducteur, et un passager, qui chevauchera les sacs. Ensuite, nous positionnons nos traineaux, 3 groupes de 4 avec à chaque fois un musher expérimenté de Chocpaw.

Reste bien sure à harnacher les chiens. À chaque traineau correspond un attelage de 5 à 6 chiens dont on nous donne les noms. En première position, deux leaders, un ou deux chiens au milieu, et enfin, les deux « wheels », roues arrières, les chiens les plus puissants. Laurie, Jay-lo, Taurus, Pyro, Goose, Gandalf, Tuna, Freedom ou Joker, nous devons connaitre nos chiens du jour pour bien s’en occuper.

Nous devons nous rendre dans le chenil pour chercher un chien, puis il faut le faire avancer debout sur les deux pattes arrières jusqu’au traineau. Enfin, il faut lui passer le harnais autour du cou, puis les pattes une à une dans les boucles. Heureusement ces chiens là ont l’habitude et sont très coopératifs !

Bientôt c’est le départ. D’abord nous avançons sagement au bord de la route, doublés par quelques autos, puis voilà que nous rejoignons la forêt. Alors nous pouvons laisser les chiens courir à leur guise et retirer le pied du frein (un croc de métal placé entre les deux patins du traineau). Pour démarrer, il suffit de crier « Ready, let’s go ! » et pour arrêter, « Easy wow », voilà c’est ben plus simple que de conduire un char. Dans les montées le passager, et parfois aussi le conducteur, doivent descendre du traineau et courir à côté. « C’est un vrai travail d’équipe », nous explique Chantal, une de nos mushers.

Lorsque nous arrêtons la machine, le passager doit tenir les colliers des deux leaders, toujours impatients de repartir. Pour la pause dîner, il faut renverser le traineau sur le côté et s’asseoir dessus pour être sure de bloquer l’attelage. Soupe et sandwichs mangés sur le pouce, c’est la nourriture qui vient jusqu’à nous car nous ne pouvons pas bouger de nos postes !

Pas facile de discuter dans la journée, car nous sommes tous éloignés les un des autres, mais par contre nous avons tout le temps pour faire connaissance avec notre équipier de traineau, parfois quelqu’un avec qui nous n’avions pas encore eu le temps de parler depuis le début du séjour. Et chaque jour, nous allons changer d’équipier, et de chiens.

Aujourd’hui nous avons avalé 23 km et demain une grosse journée nous attend. J’en profiterais pour vous raconter toutes les tâches qui nous attendent au camp : trouver de l’eau, couper du bois, nourrir les chiens…

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds

POUR VOIR LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION

2016-02-28: premiers pas dans la neige

Ça y est, nous y sommes. Dernier jour de préparation avant l’expédition ! Dès demain, nous attellerons nos traineaux et ferons connaissance avec nos nouveaux compagnons à poil. En tout nous serons 12 équipages, donc environ 65 chiens !

Aujourd’hui, toute la journée a été consacrée à la préparation des six prochains jours. La grande salle du haut de notre hôtel, le Northridge Inn, est notre quartier général. C’est là que nous prenons nos repas et effectuons nos réunions.

Après le déjeuner, séance de découverte de l’équipement. Catherine et Marc-André nous ont préparé un sac chacun avec tout le matériel de la Fondation Sur la pointe des pieds que nous allons utiliser. En plus de nos deux paires de sous-vêtements longs, nous allons utiliser un pantalon étanche, un pantalon de neige, une veste polar, deux doudounes (une grosse et une petite) et une veste étanche. Nous avons chacun marqué nos vêtements avec des cordelettes de couleurs différentes. Ensuite, nous combinerons toutes ces différentes couches en fonction des conditions climatiques et des activités de la journée. Soulignons au passage qu’une bonne partie de tout cet équipement a été commanditée par la Fondation Bon Départ de Canadian Tire du Québec (parrainé par la succursale de Jonquière).

L’étape suivante était de tester tout ce matériel en conditions réelles. Alors nous sommes sortis pour une balade en raquette sur le lac Bernard. Certains avaient déjà l’habitude, alors que pour d’autre l’expérience était plutôt nouvelle. Le défi avec notre grand groupe est de s’assurer que tout le monde avance ensemble et que les plus rapides prennent le temps d’attendre les autres. Résultat des tests de matériel ? Malgré le vent qui souffle, nous sommes bien protégés, juste assez pour pouvoir soutenir un effort sans suer et prendre une pause sans refroidir.

Après un bon diner, nous avons consacré l’après-midi à préparer nos sacs pour l’expédition. Rien ne doit être laissé au hasard, car nos sacs seront fixés aux traineaux et inaccessibles durant la journée. Il faut donc bien penser aux indispensables à mettre dans notre “sac de jour”.

Avant le souper, nous avons pris un peu de temps pour que chacun explique aux autres ses motivations pour l’expédition. Une chose certaine, tout le monde, jeunes et adultes compris sont là pour profiter à fond de cette incroyable aventure, et aussi pour rencontrer de nouvelles personnes. Et aussi rencontrer de nouveaux animaux, s’enthousiasme Anthony. «Ça force à sortir de sa zone de confort», pense Antoine, un habitué des sorties plein air au Saguenay. «C’est aussi une manière de retrouver l’autonomie que j’avais du perdre durant mon traitement», estime Colette, «et une occasion de passer du temps avec des jeunes qui ont vécu les même épreuves que nous», rappelle Tabitha. Enfin, pour plusieurs, ce sera l’occasion d’améliorer son Anglais, ou son Français.

Nous avons également célébré deux grands événements ce soir : les 15 ans d’Antoine, avec un grand gâteau, et le dernier jour de traitement de chimiothérapie pour Anthony.

Voilà déjà une journée bien remplie, mais elle n’était pas finie. Après le souper, nous avons reçu la visite de Chantal, Karly et Ootch (un husky sibérien) deux des guides de la compagnie Chocpaw qui vont nous accompagner. Elles nous ont expliqué toutes les techniques pour harnacher nos traineaux et les diriger, mais c’est une histoire que je vous raconterai demain.

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds

POUR VOIR LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION

Samedi 27 février 2016. Northridge Inn - Sundridge, ON

Bienvenue à tous sur le blogue de l’expédition en traîneau à chiens au Parc Algonquin de la Fondation sur la Pointe des Pieds.

Longue journée de transport aujourd’hui, mais nous voilà tous à pied d’oeuvre prêts à attaquer l’aventure. Chose certaine, la neige est au rendez-vous et continuera de tomber toute la journée de demain. Nous avons quitté Montréal ce matin à 9h pour atteindre notre destination à environ 18h00. Et quelle destination ! Le Northridge Inn, son ambiance rustique, tout confort, mais dans le bois, avec en prime une déco des plus unique et un staff très accueillant. Un très grand merci donc à notre courageux chauffeur d’autobus bénévole, André, le papa de Marc-André, l’un des facilitateurs.

Pour certains le voyage a été encore plus long, puisque cette expédition, bilingue, accueille des participants du pays entier. Petit tour de présentation d’Ouest en Est : Venu de la Colombie-Britannique, Noah; d’Alberta, Colette; du Manitoba, Tabitha et Merceades; d’Ontario, Anthony; du Québec, Antoine, Brandon, Esteban, Etienne, Alex et Nicolas; de l’Île du Prince-Édouard, Dylan; et enfin, de Nouvelle-Écosse, Elliot et Dawson. Et puis, tant que nous y sommes dans les présentations, voilà un petit tour de l’équipe accompagnatrice. Tout d’abord, Marc-André et Catherine, nos deux facilitateurs la Fondation Sur la pointe des pieds, Simon, notre médecin, Naïla, notre infirmière, Marie-Joëlle, notre psycho-éducatrice, et moi même Valérian, blogeur et photographe.

Malgré toutes nos origines variées l’esprit de groupe ne tarde pas à apparaître. Ce soir après le souper, et un cours de danse irlandaise gracieuseté de Colette, nous avons établi ensemble nos règles de vie : communication, respect, sécurité, participation, et aussi se ramasser.

Dès demain, nous rencontrerons nos trois guides-mushers de Chocpaw, qui nous guiderons avec nos attelages à travers les forêts de l’Ontario.

Pour le moment, l’heure est venue de nous coucher dans nos confortables chambres, car demain une grosse journée de découverte nous attend !

Valerian Mazataud, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds.

POUR VOIR LES PHOTOS DE L’EXPÉDITION…