à bientôt

« Cette année aura été celle des vents », fredonna Mario Bilodeau en se réveillant ce matin. La dernière ayant été celle du froid et la précédente celle de la glace. « Chaque année est une année différente »… Merci Mario pour ce beau moment de philosophie… ;-).

Effectivement la soirée d’hier fut très « mouventée ». Vers 22h 25, le vent s’est brusquement levé. Assez pour que Marc-André aie la brillante idée de sortir de la tente pour vérifier l’état de la situation. Rapidement, il réclama l’escouade d’urgence pour lui venir en aide. Le vent venait tout juste de coucher le côté d’une tente sur ses occupants. Telle une unité de service d’urgence, les organisateurs ont unis leur force pour sécuriser tout le monde en renforçant les ancrages de toutes les tentes… Vos commentaires escouade : « Enfin, un peu d’action ! » Si ce n’avait pas été de terminer le blogue, j’aurais aussi adoré participer à cette intervention.

Le vent a soufflé toute la nuit. Inquiétant pour certains, moins pour d’autres. C’est drôle, la majorité a déclarée avoir mieux dormi que la veille. Surement que le bruit du vent sur la toile des tentes a camouflé le vrombissement de nos adorables ronfleurs. Je n’ai jamais compris pourquoi les ronfleurs ne laissent pas leur moteur à la maison lorsque qu’ils dorment en public. Peut-être l’ont-ils oublié ?

Aujourd’hui, tout le monde avait l’esprit léger. Les émotions de la veille ont probablement quelque chose à voir là-dedans. Ce matin, rien ne pressait. Nous attendions de la visite vers 9 h 30. Nous avions le temps de faire la grasse matinée, de se doucher, de manger notre fabuleux burrito déjeuner, de jouer au soccer sur la glace, de prendre les photos officielles et de danser. La marche de retour n’impressionnait plus personne. Nous sentions déjà la fierté et le sentiment d’accomplissement planer sur le camp.

Personnellement, je me trouve très chanceux d’avoir vécu cette expérience en si bonne compagnie. Par contre, je ne suis pas encore assez sûre de moi pour relever le défi que Mario Cantin nous a lancé en début de parcours et osez vous impliquer dans ce que j’aurai choisi de changer dans ma vie. Pas assez courageux pour m’engager devant vous à donner une parole que je ne saurai peut-être pas tenir. Cependant, je peux vous dire que je suis fier d’avoir relevé le défi d’écrire ce blogue. Un espace que je n’avais encore jamais fréquenté.

Plusieurs personnes ont fait preuve de courage cette fin de semaine. Premièrement par leur façon très créative d’amasser les fonds nécessaires. Beaucoup d’équipes se sont soutenus et ont amassé davantage que que le montant demandé. Deuxièmement, par leur façon de partager leurs histoires, autant à travers de simples discussions que devant le groupe entier. Troisièmement, en offrant le meilleur d’eux-mêmes et en laissant de côté leurs préoccupations et leurs tracas. Merci à tous ces gens qui ont cru en eux, qui ont cru aux autres, qui ont cru que leur présence dans ce Défi permettrait à des jeunes comme Émile et Joanie de vivre l’aventure thérapeutique comme seule la Fondation Sur la pointe des pieds et la Nature sont capable d’offrir.

Merci Yan! - Merci Marc-André! - Merci Catherine! - Merci Jean-Charles! - Merci Annabelle! - Merci Sven! - Merci Florent! - Merci Élaine! - Merci Étienne! - Merci Marc! - Merci Éric! - Merci Daniel! - Merci Charles Philippe! - Merci Suzie! - Merci Camille! - Merci Maxime!

Merci à vous deux, chers Mario, d’être aussi inspirants et d’offrir aux gens la possibilité de croire qu’ils peuvent eux aussi faire la différence.

Merci particulier à nos partenaires Or et Argent :

Banque Nationale
André Fillion et Associés
Rouge FM
ÉNERGIE
Boutique Atmosphère de Chicoutimi
Van Houte
Promotion Saguenay
SEPAQ
Optique Santé
Centre du sport Lac St-Jean
Rocoto Toyota
Fondation Bon départ Canadian Tire du Québec (La Fondation Sur la pointe des pieds est parrainé par le magasin Canadian Tire de Jonquière)

Nicolas Tremblay, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds

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Jour 3 : Le dôme

Ce soir l’écriture est plus difficile. Ce n’est pas l’inspiration qui manque, mais plutôt le contexte d’avoir à le faire sans pouvoir prendre le temps. Il est présentement 20 h 50. Il neige à plein ciel. La température s’est adoucie. Le vent est tombé. L’ambiance n’est pas à la fête, mais n’est pas du tout désagréable. Nous venons de vivre ensemble le moment le plus inspirant du voyage…

La journée fut plus longue que celle de la veille, 3,5 km de plus. Pas de neige, mais un p’tit vent qui nous empêchait d’enlever nos mitaines. Le soleil s’est pointé le bout du nez environ une heure pour laisser sa place aux nuages qui étiraient l’horizon. Peut-être que le mélange ciel et lac a participé à l’atmosphère qui régnait aujourd’hui sur le parcours, une atmosphère qui inspirait la réflexion et encourageait les confidences.

C’est plus simple lorsque les gens avec qui on partage les discussions sont inconnus. Les introductions sont simples. On tombe rapidement au cœur de nos vies respectives. On parle de ce qu’on est, de ce qu’on vit, de ce qui nous inspire… les flaflas n’ont pas leur place. C’est d’ailleurs une des choses les plus fantastiques d’une aventure comme celle du Double défi des deux Mario. D’une personne à l’autre on dit sensiblement les mêmes choses, mais à force de le dire on se sent plus proche de la vérité. On dirait qu’on répète notre texte afin d’être meilleur dans notre propre rôle. C’est probablement pour cette raison qu’on ressort différent de ces aventures. En fait, on ne ressort pas différent, on ressort plus près de qui on est vraiment.

Ce soir, les Mario nous ont invités dans leur univers, dans leur dôme. Le ton a rapidement été donné par les témoignages d’une jeune femme venant tout juste de vivre l’aventure thérapeutique ainsi que celui d’une mère qui a vue son fils en revenir transformé. Malgré l’émotion qui enveloppait le dôme, c’est la beauté de ces personnes qui radiait. Nous venions d’être témoins de ce que la Fondation Sur la pointe de pied était capable. Parce que la Fondation fait sortir le beau et le bon des gens, pas seulement ceux des jeunes, mais aussi de tous ceux qui s’en approchent. « La Fondation ne prétend par guérir, mais elle prétend faire partie prenante du processus de guérison, de changement. Elle ne travaille pas sur le corps, mais sur tout ce qu’il entoure, particulièrement sur l’âme et le coeur. Cependant, elle ne serait rien sans l’apport indéniable de la Nature, celle par qui tout devient possible. »

Merci Mario Bilodeau pour ces paroles si inspirantes.

Je terminerai ce soir par un témoignage rapporté à Mario provenant de la mère d’un jeune ayant vécu une expédition d’aventure thérapeutique: « Mon fils m’a dit au retour : « Pour la première fois de ma vie, j’ai rencontré quelqu’un qui me comprend. Merci, vous avez redonné le sourire à mon enfant! »

Il est présentement 22h52… À demain!

Nicolas Tremblay, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds

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Jour 2 : UNE JOURNÉE DE VACANCES…

Quelle journée formidable! Une température avoisinant les -10° C. Un soleil de plomb du début à la fin. Une ambiance fraternelle comme si tout le monde s’était donné rendez-vous pour célébrer des retrouvailles. Des retrouvailles que tout le monde attendait depuis longtemps. Des retrouvailles où rien n’a été négligé. Des retrouvailles très bien organisées.

Dès 6 h 30 ce matin, on sonne le réveil. Les organisateurs et les bénévoles commencent à remplir les mandats qu’on leur a assignés la veille. Certains chargent les motoneiges, d’autres allument les brûleurs et font bouillir l’eau pour remplir les « thermos ». On finalise les préparatifs pour accueillir les invités.

À 8 h 30, les premiers participants arrivent. On sent la fébrilité s’installer dans le pavillon d’accueil du Parc de la Point-Taillon qui sert aujourd’hui de quartier général et qui a servi hier d’hôtel de fortune pour la trentaine d’organisateurs et bénévoles. Les participants arrivent seuls, en équipe, parfois accompagnés par des membres de leur famille qui s’assurent que tout est en place et que rien n’a été oublié. Des participants de la région, d’autres de d’ailleurs, des expérimentés, des nouveaux initiés… autant du Défi lui-même que du camping hivernal. Une chose est sûre, tout le monde est prêt pour le départ.

10 h 30 après les mots d’encouragement de la part des deux Mario ainsi que celui d’un des co-fondateurs de la Fondation, François Guillot, on donne le départ. C’est à travers les journalistes et les membres des familles que les participants s’élancent vers l’horizon. On prévoit un rythme de croisière à 2 km/h. Des «anges gardiens» mènent le convoi et d’autres le ferment. Ces anges ont le mandat de répondre aux questions, de s’occuper des petits bobos, d’alléger la charge d’un traineau ou simplement de veiller au grain.

Aujourd’hui, j’ai eu l’impression que le temps s’était allongé. Pour une des rares fois ces derniers mois, j’ai eu l’impression d’avoir le temps de discuter, d’écouter… et de marcher. Tout le monde semblait partager ce moment. Tout le monde en profitait. Une journée que personne n’est prête d’oublier.

Après un repas de rois préparé par des rois, nous préparons notre première nuit. Par chance, j’ai réussi à écrire ce texte près d’un chauffage au propane plus que d’appoint. Je sors du confort de la tente chauffée pour retrouver un sac de couchage« ben frette». On prévoit une température de –25°C.

Ce matin, juste avant de partir, Mario Cantin a suggéré à tout le monde d’utiliser ce temps d’arrêt pour réfléchir à une chose qu’il aimerait améliorer et de se donner le courage d’y parvenir. Je tenterai de récolter des commentaires à ce sujet dans les prochains jours.

Donc, au son du cri de ralliement : « Double défi des deux Mario… c’est pour les jeunes! »

À demain!

Nicolas Tremblay, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds

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Jour 1 : Ouvert aux rencontres

C’est à 20 ans que j’ai entendu parler de la Fondation Sur la pointe des pieds pour la première fois. Mon ami Jérôme et moi étions allés au Cap Jaseux nous initier au kayak de mer dans le fjord du Saguenay. Notre guide pour cette journée était Annick Dufresne. Elle était stagiaire pour la « Fondation » à ce moment et elle en deviendrait cofondatrice. Disons qu’à cette époque, malgré que déjà très noble, nous étions beaucoup plus intéressés par Annick que par la Fondation.

En 2008, c’est avec le Rase-O-Thon Marie-Hélène Côté que j’ai été remis en contact avec la Fondation. Ma blonde et ma sœur avaient amassé plus de 2500$… pour se faire raser. Cette expérience fut quelque peu traumatisante, surtout pour ma fille de 2 ans qui ne comprenait pas du tout pourquoi sa mère avait décidé de faire couper ses beaux cheveux de princesse.

En janvier 2016, on me proposa de remplir les fonctions de photographe et de blogueur pour le Double défi des deux Mario. La réflexion ne fut pas très longue. Ça faisait déjà un bout que j’attendais l’opportunité de relever ce genre de défi, et voilà qu’il me tombe dessus. Merci Charles-David! Rapidement je me suis mis à réfléchir aux contraintes techniques que m’imposerait l’expédition. Réussir à documenter ce périple en images en plus d’en rédiger un journal quotidien. Et tout ceci dans un froid glacial! Le défi m’apparaissait de taille XXL. Même si je me suis souvent imaginé réaliser ce type d’aventure, je ne trouve pas la position confortable.

Pour me préparer, j’ai visité des sites, je me suis renseigné sur la Fondation, sur les participants, je me suis fais des scénarios : Allais-je jouer un rôle? Allais-je me concentrer sur des personnes en particulier? Allais-je varier les points de vue?

J’ai eu ma réponse jeudi soir en sortant de la voiture, lorsque Philippe, mon fils de 6 ans, m’a dit : « Papa je te manque déjà! » J’ai tenté de le rassurer en lui disant que ce n’était pas la première fois que je partais pour quelques jours et qu’il s’en sortait toujours très bien à chaque fois. Alors il me dit : « Mais là… tu pars pas 2 jours, tu pars 4000 jours! ». Forcément, sa perception était différente de la mienne.

J’ai compris que je devais être à l’écoute…

À demain!

Nicolas Tremblay, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la pointe des pieds.

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2015-10-05: Jour 4 Dernière toune dans la tête

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Le temps file. Vite, trop vite. Nous voilà déjà tous de retour chez nous. À peine le temps de se connaître que nous nous quittons déjà ! Aujourd’hui donc, vous l’aurez compris c’était officiellement de dernier jour de notre incroyable expé en rabaska sur le réservoir du Poisson Blanc.

Le réveil, bien que matinal a été quelque peu adouci grâce aux accords de Tears in Heaven sur la guitare de Marc-André. Tu sais là, le genre de toune qui te reste dans la tête tout le reste de la journée. Qui te reste dans la tête quand tu ranges tout ton matériel dans les sacs étanches pour la dernière fois, quand tu démontes la tente, quand tu profites de ton croissant chauffé au feu de bois en soufflant sur ta tasse de café, quand tu fais une dernière photo de groupe, quand tu portes les rabaskas dans l’eau, quand tu pagayes vers la base de plein air, quand tu sors les rabaskas de l’eau, quand tu ranges les pagaies, quand tu félicites toute la gang pour le défi et l’aventure incroyable que mine de rien tu viens de vivre, quand tu défais ton sac, rend tout ton linge d’aventurier étanche, que tu siffles sous ta douche, que tu chantonnes devant ton pain de viande et ton cheesecake au diner, qui te reviens en tête au moment des premiers adieux, en route dans le minibus, puis encore à Montréal au moment des derniers adieux et qu’on se dit tous, «bon ben, à la prochaine expé …»

Pis moi, je suis monté dans le bus après tout ça, et avec le sentiment que j’étais encore en train de pagayer, et j’ai comme une toune qui m’est revenu en tête…

Valerian Mazetaud, blogueur et photographe
Fondation Sur la pointe des pieds


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2015-10-04: Jour 3 Écouter le silence…

4oct-6

Le troisième jour d’expédition c’est tout un défi pour notre équipe de deux rabaskas sur le réservoir du poisson-blanc. Défi, car c’est une journée complète dans la nature, avec un départ d’une plage de l’île mystérieuse, plusieurs heures de pagaie, et le soir, à nouveau l’installation de notre bivouac, sur le rivage du réservoir cette fois.

Le troisième jour d’une expédition de quatre jours, c’est à la fois le début de l’aventure, la fin de l’expédition et son point culminant. Le temps file plus vite que l’eau sous nos embarcations et il ne faut pas rater une minute pour en profiter. Mais ici on ne profite pas de la même manière que d’habitude. Il ne faut pas aller plus loin, payer plus cher, ou inviter plus de monde. Non pour en profiter ici, il suffit de se taire tous ensemble.

Pour faire silence tous ensemble, il suffit de bien se placer. En l’occurrence, nous avions choisi de monter en haut de la paroi éléphant, sur la rive ouest du réservoir. En haut de ce promontoire rocheux, c’est toutes les îles du sud-est qui s’offrent au regard. Une fois bien installé le silence se fait. D’abord, on continue à regarder le monde, les aiguilles des pins qui s’agitent dans le vent, les minuscules canots qui tracent leur route tout en bas, les nuages qui défilent… Puis, on commence à entendre tout ce qui compose le silence : le crépitement du vent, le bruissement des vagues, l’arôme des feuilles. Le silence dure cent ans ou cinq minutes. On est chacun assis séparément mais tous ensemble pareil. Tous ensemble, on vit ce moment, le plus simple qui soit, mais pourtant si difficile à ressentir. «À quel autre moment est-ce qu’on prend le temps de se laisser vivre des instants pareils?», s’interroge Simon, notre médecin d’expédition.

Atteindre ce sommet aussi c’était un expérience, un défi pour le groupe mais aussi un défi très personnel pour plusieurs participants qui combattent encore les effets secondaires de leurs traitements. Le groupe, le partage, ce sont les moteurs de la Fondation Sur la pointe des pieds. Grâce à eux nous ralentissons nos pas pour le moins rapide, qui synchronisent nos coups de pagaies, ouvrent nos oreilles pour le plus timide, et nos yeux pour le plus discret.

Et puis le soir venu, installés sur une petite pointe rocheuse, une fois notre dôme planté et le repas dégusté, on s’est assis en cercle. En un mot chacun a essayé de résumer son expérience : harmonie, coopération, décrochage, apprentissage, silence… Réchauffés par le feu et éclairés par le fanal, chacun a détaillé les définitions de son abécédaire de l’expédition, puis les conversations se sont poursuivies. Tous les participants se comprennent ici, les expériences sont différentes, mais l’épreuve reste la même. Chacun raconte à sa manière, en plaisante, s’en étonne, évoque avec force détail les aléas du diagnostic, les changements d’hôpitaux, les repas d’hôpital, les chimios, la lourdeur des traitements… Et moi, moi qui n’ai jamais rien connu de tout cela, je les écoute, et je les entends rire sous les étoiles…

Valerian Mazataud, blogueur et photographe
Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-10-03: JOUR 2 deux rabaskas

3oct-9

L’île mystérieuse c’est le titre d’un album de Tintin certes, mais ce soir, c’est là que nous allons passer la nuit. On vous le disait hier, toutes sortes de légendes courent sur cette île parmi les habitués du poisson blanc. Pourtant ici tout semble normal. Là où nous avons choisi de nous installer, on trouve une belle plage de sable, une vaste forêt où se côtoient pins blancs, pins rouge, faux trembles et bouleaux et des berges aux rochers polis par les siècles.

Sur la plage, nous avons dressé le dôme, une tente 15 places utilisée pour les expéditions dans l’Himalaya. Avant de la dresser, on a du terrasser la plage afin de s’aménager une petite plate-forme. Un peu plus loin, on trouve le resto de Mario et Charlie : 4 réchauds et 2 tables sous une toile blanche et verte, où nos deux cuistots d’expédition se sont aménagés une cuisine mille étoiles (on est directement sous la voie lactée), entourés de leurs casseroles, ustensiles, réserve de pâtes, sac de pommes, melons d’eau, glacières… À midi leur bateau de logistique était tellement chargé qu’il avait de la peine à démarrer !

Tout autour de l’île, savez-vous ce qu’il y a? Je vous le donne en plein dans le mille : de l’eau ! De l’eau bleue, claire et fraiche, dans laquelle certains courageux se sont baignés à midi (les deux Marc-André pour être précis). Sur cette eau, on rencontre un couple de huard, et durant toute la journée on y croisait aussi deux rabaskas. Oui deux, car avec le vent du Nord, les vagues et douze adultes, un seul bateau semblait un peu risqué, et offrait surtout beaucoup plus de chance de se faire mouiller. Deux rabaskas donc qui ont pagayé côte à côte toute la journée, sillonnant entre l’île perdue, l’île aux patates, et l’île verte. Deux rabaskas à chanter ensemble comme de vrais voyageurs en route pour les Grands Lacs. Deux rabaskas pour faire une pause, à l’abri d’une baie protégée des vents pour y croquer une pomme au son du ukulélé.

Une journée à pagayer donc, mais pas seulement. Avant de partir il a fallu terminer nos sacs, organiser nos équipements, grâce aux avisés conseils d’expérience de Catherine, puis après quelques échauffements, il ne restait qu’à porter nos deux embarcations rouges et à y grimper. À quelle heure ? Difficile à dire, car histoire de décrocher totalement, on s’est dit qu’on pourrait laisser cellulaires et montres à terre, et juste se fier au soleil, et à nos estomacs.

Ces derniers ne seront pas en reste. À midi, Mario nous attendait sur le rivage, guettant notre venue comme une mère attend le retour de son fils marin. Sur un pic rocheux, il avait dressé une petite table avec une nappe à carreaux et nous attendait de pied ferme avec sa soupe aux pâtes, ses pitas, son couscous et ses carrés aux dattes.

Et voilà, nous sommes complètement installés maintenant. Le feu est allumé, les casseroles fument, les rires résonnent entre les arbres. Mario annonce que la soupe est prête. Le poisson blanc est magique. Son pouvoir ? Souder un groupe en quelques heures, créer des liens qui semblent naturels, comme si ça faisait une éternité que l’on vivait ensemble dans ce bois. La magie est dans ces détails, dans ces conversations autour d’un bol de soupe sur une roche, côte à côte sur un banc de rabaska, ou plus tard, à la lueur des flammes. Alors l’aventure prend tous son sens, on respire et on souffle.

Valerian Mazataud, blogueur et photographe
Fondation Sur la pointe des pieds


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2015-10-02: jour 1 Moments Poisson-blanc

2oct-5

Bienvenue au Réservoir du Poisson-blanc, immense étendue bleu azur à une heure au Nord de Gatineau. Depuis ce matin, 14 voyageurs s’y sont lancés tous ensemble dans une grande aventure en rabaska. Parmi eux, 6 jeunes adultes qui ont affronté ou affrontent toujours le cancer et qui profitent de cette expédition de la Fondation Sur la pointe des pieds pour décrocher en groupe et dans la nature. Résumé de ce nouveau départ en quelques moments.

Un moment rencontre : 9 h du matin, Dorval. Participants et accompagnateurs se retrouvent tous pour les présentations et le départ. Christine, Sophie, David, Ludovic, Marc-André et Patrick; tous sont réunis et fin prêts pour le départ. Il ne manque que Nayla, notre infirmière que nous retrouverons à Gatineau.

Un moment joyeux : après environ 5 minutes de trajet dans le minibus, tout le monde rigole déjà. Plusieurs participants se connaissent bien. Les souvenirs des expéditions précédentes et les blagues fusent de partout.

Un moment Tim Hortons : je profite de ce blog pour remercier officiellement le Tim Hortons rue du Pont à Gatineau qui nous a offert un beau rabais de groupe lors de nos deux passages chez lui pour dîner.

Un moment Air Eau Bois : rencontre avec Mario, un des cofondateurs de la Fondation Sur la pointe des Pieds, et Charles-Édouard, son assistant et étudiant au baccalauréat en intervention plein air.

Un moment venteux : premier essai sur l’eau dans le rabaska tous ensemble. On annonce un soleil au beau fixe pour les trois jours à venir, mais soleil frette… Et le vent soufflera. Attention les embruns !

Le moment présent : on arrête le bateau, on pose les pagaies, on ferme les yeux, on fait silence… et on écoute les sons de la foret et de l’eau

Un moment gastronomique : grâce à Robert alias le «voyageur», le cuistot de la base, ses bons petits plats et ses biscuits.

Un moment équipement : Catherine et Marc-André, les organisateurs et guides de l’expédition présentent le matériel que nous utiliserons : vêtements étanches, polares, chaussettes néoprènes, sleeping doux et chaud, sacs imperméables et tapis de sol transformables en chaise !

Un moment mystère : quand on a appris que nous allions bivouaquer sur l’île mystérieuse demain. Pour rappel, l’île mystérieuse est une île légendaire pour les campeurs et les moniteurs du camp Air Eau Bois (dont Catherine) qui n’y posent jamais le pied, même si le parc régional y a installé une dizaine de sites de camping…

Un moment de partage : tous réunis en cercle, chacun évoque ce qui l’a motivé à se joindre à l’expédition, parle de ses objectifs personnels, évoque ses craintes… «Ça permet de décrocher et ça fait du bien au physique et au moral», confie Christine qui en est à son troisième voyage. «Ici, tu ne te sens pas jugé. C’est génial d’être avec du monde qui a partagé la même expérience que toi», résume Patrick.

Un moment bizarre : quand on a voulu faire une blague à Marc-André et que Simon, le médecin de l’expédition, à réussi à se cacher entièrement dans un grand sac de voyage!

Demain, départ et premiers coup de pagaie vers le Nord !

Valerian Mazataud, blogueur et photographe
Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-09-28 : Jour 4 la pluie

28sept01

Et bien voilà il fallait bien s’y attendre, cette fois c’est bel et bien finit. Chacun a regagné son chez soi sous la pluie et je ne vous écrit plus depuis un fauteuil sous la lune.

Vous vous souvenez, le premier jour, nous avions tous ensemble fait une prière au totem de la base Air Eau Bois (avec un raton-laveur et un aigle, et un moniteur en bois dessus). Nous avions alors demandé : du soleil, un peu de vent frais (et si possible dans le dos), une éclipse de lune, et une aurore boréale. Nous en avons trois sur quatre, alors c’est quand même pas mal du tout.

En parfaite synchronisation avec nos demandes, les nuages ont retenu leurs gouttes jusqu’à notre départ, même au réveil du petit matin, le ciel n’était plus bleu comme à son habitude. Alors, on a entamé la série des derniers. Dernier réveil en guitare (Eric Clapton et Eddie Vedder ce matin), dernières toasts au beurre de peanut de Mario, dernier démontage de dôme, dernier pliage de sleeping, dernier portage de rabaska en gang, dernier cri de guerre, dernier coups de pagaie, pis finalement un dernier coup d’oeil au poisson blanc.

Ouais, on a rangé le bateau, les vestes de sauvetage, les pagaies, le drapeau, les bottes, les chansons, les chaussettes en néoprène, les vestes polaires, les lunettes de soleil, les guitares et les ukuleles, les pâtes et le beurre de peanut de Mario, les blagues sur le sel et vinaigre, et on est tous embarqués dans le minibus, direction les villes d’Ottawa, de Lachûte, de Montréal, de Saguenay…

C’était fini, mais pas complètement terminé, parce que les liens qui se sont tissés ici sont là pour durer et ont permit à chacun de changer. Sur la plage, juste après le dernier coup de pagaie, on s’est demandés ce qu’on avait appris : certains en connaissaient plus sur eux même, ou sur leurs relations avec les autres, d’autres en savaient plus sur les nuages et les arbres.

On a échangé quelques derniers mots autour du totem, des bye-bye en quittant le poisson-blanc, puis, comme on était quand même heureux d’avoir vécu tout ça, on a laissé le ciel pleurer à notre place…

Valerian Mazataud, blogueur et photographe
Fondation Sur la pointe des pieds.

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2015-09-27: Jour 3 La lune rousse

26 sept-18

Pour camper ce soir nous retrouvons la terre ferme. Nous avons planté notre dôme à l’extrémité sud-ouest du réservoir, à quelques encablures de la base Air Eau Bois que nous rejoindrons demain matin. Et oui, cette courte expédition touche à sa fin, alors il a fallu en profiter très vite et très fort.

Ce soir donc, nous sommes plantés en haut d’une petite montagne qui surplombe l’eau, entourés par les épinettes et sous le regard de la pleine lune, immense et brillante. En bas, par delà le bruit du vent qui fait trembler les branches, on devine les accords de la guitare de Marc-André. Son répertoire semble inépuisable. Cet homme fait autant danser les flammes que les campeurs, et le matin, il sert même de réveil!

Juste à côté, Mario a installé sa petite cantine et s’est encore laissé aller à un cinq service sur son réchaud. «Il vous reste bien une petite place pour des carrés aux dates?» interroge-t-il alors qu’il nous semble déjà avoir bien dépassé la contenance de nos estomac. Mais pas grave, Mario, c’est un peu notre grand-maman, il aime ça voir le monde heureux et avec l’estomac plein. Et le monde ici est pas mal heureux, merci. Sous le dôme, au coin du feu, ou dans le canot, ça chante, ça jase et ça blague, de tout et sans tabous. Ici tout le monde se comprend «et on oublie nos différences», résume Alexia. Alors on peut se raconter des jokes sur son cancer ou sur sa chimio.

Aujourd’hui, nous avions déjà pagayé une quinzaine de kilomètres, plongé dans l’eau glacée et gravit une montagne. Petite journée quoi. À l’arrière de notre embarcation, nous avons fixé le drapeau de la Fondation qui a battu au vent tout l’après-midi alors que nous aussi nous devions affronter le vent contraire et les vagues. Quand nous avons accosté sur l’île voisine, ce n’était pas pour relaxer, mais pour gravir un sentier boisé. Chacun à son rythme, chacun à l’écoute de son corps, de ses limites et des autres. Arrivés en haut, les participants se sont mis d’accord pour ouvrir le paquet surprise que nous transportons avec nous depuis le départ, le «high and low», une boule recouverte de dizaines d’épaisseurs de « ducktape ». L’occasion était idéale! Par contre, si vous voulez en connaître le contenu, il faudra le demander vous même!

Encore un peu plus bas de notre campement il y a la plage. Sur la plage on a planté le drapeau de la Fondation, flottant dans le vent de la nuit, et on s’est installé en cercle. Et puis, en un mot, on a essayé de résumer nos impressions sur l’expédition, Pour Alexia, s’était se surpasser, pour Mario c’était l’harmonie, pour Alexandre c’était amical, pour Layla l’évasion. Certains en avaient les larmes aux yeux en fredonnant l’hymne de la Fondation. Loin au-dessus de nos têtes, la lune a commencé à disparaître doucement, dévorée par l’ombre du soleil de l’autre côté de la terre. Alors on s’est tous tournés vers elle, et les mots se sont éteints en même temps que le dernier rayon de lune. Puis quand elle est réapparue quelques instant après, elle avait changé de couleur. La lune était rousse. Les derniers nuages ont complètement quitté le ciel pour laisser la place à la voie lactée et aux étoiles filantes. C’est l’éclipse de lune qui a eu le dernier mot de cette grande journée.

Valerian Mazataud, blogueur et photographe
Fondation Sur la pointe des pieds


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