2255 SUR LA POINTE DES PIEDS… le blogue - Aventure thérapeutique pour adolescents atteints du cancer | Wilderness therapy for teenagers living with cancer
   
 

2013-03-10: Bonne route les amis!

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Cette dernière note a pris quelque temps à se matérialiser. Une fois de retour à la civilisation, le quotidien semble nous happer rapidement. Les uns retournent à l’école, d’autres au travail. Les familles et les amis attendent avidement des nouvelles.

Malgré la joie de retrouver le confort moderne, on ne peut s’empêcher de sentir comme un petit vide intérieur. Le même sentiment qui nous envahit lorsque, à la fin des vacances estivales, on doit quitter le chalet, le bord du lac et les amis de passage qui resteront longtemps dans nos cœurs.

Comme toute expérience marquante, celle-ci sera difficile à partager avec ceux qui n’en faisaient pas partie. Mais on s’en console vite, parce qu’à chaque fois que cette aventure refera surface dans nos souvenirs, nous l’accueillerons avec un sourire au coin des lèvres.

Bonne route les amis. Gardez le vent dans le dos et le regard sur l’horizon.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2013-03-09: Ultime journée de raquette

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Au petit matin, toute l’équipe se préparait déjà pour la dernière section du parcours. Pendant les préparatifs habituels, Michel le caméraman en profitait pour terminer quelques clips et l’équipe médicale s’assurait que Jonathan et Nicolas étaient bien en forme pour la finale. Aucun problème, tous prendront le fil de départ le moral gonflé à bloc.

Quelques kilomètres plus loin, il était déjà temps pour notre caméraman de quitter le groupe. Son séjour avec nous fut court, mais très apprécié.

Tel qu’anticipé, la majeure partie du parcours de 7.2 kilomètres offrait des descentes dont certaines assez impressionnantes. S’il fallait parfois redoubler d’attention pour garder l’équilibre, certains passages au boisé bien aéré permettait du hors piste très ludique. Plusieurs ont même effectué de bonnes culbutes, mais toujours avec beaucoup plus de plaisir que de mal. Seul l’orgueil, parfois, en prenait pour son rhume.

Le parcours obligeait la traversée de plusieurs petits cours d’eau. Lorsque la neige cessait de crisser bruyamment sous notre poids, le bruit du ruissèlement d’eau emplissait rapidement nos oreilles.

Contrairement à la journée d’hier, peu de marcheurs ont croisé notre route. Nous avons donc terminé notre expédition comme nous l’avions débuté, sans trompette ni tambour. Pourtant, pendant cette semaine, les choses ont évolué et c’est le cœur rempli de joie et de fierté que nous avons croisé le fil d’une imaginaire arrivée.

À travers ce bonheur de la mission accomplie s’immisçait tout de même un filtre de tristesse : la fin de l’aventure approche et avec lui, le moment des adieux. C’est tout de même le cœur léger et au son de certaines musiques thématiques du voyage que s’est déroulé le retour jusqu’à l’accueil du Sentier des Caps, puis vers l’Auberge le Meilleur des deux mondes où nous passerons la dernière nuit.

Après le souper, l’équipe a procédé au cercle de fermeture afin de permettre à chacun de résumer sa semaine aux autres. Un beau moment de partage qui a permis de constater qu’une fois de plus, l’expérience fut des plus enrichissantes pour tous.

Le reste de la soirée s’est déroulé aux sons des rires du jeu Loup-garou et des discussions animées. Demain, nous dirons « au revoir », mais ce soir nous appartient.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2013-03-09: LES HÉROS DE L’EXPÉDITION HIVER

HEROS EXPEDITION HIVER 2013

Félicitations!

Albert, Cédric, Jonathan, Nathaniel, Patrick, The Huynh et Nicolas

Gil Thériault, blogueur et photographe

2013-03-08: Dernière montée

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Pour la première fois depuis le début du périple, le soleil rayonnait fort dans le ciel ce matin. De quoi requinquer le moral d’un cran malgré la fatigue accumulée.

Malheureusement, Nicolas a dû rejoindre Jonathan sur la liste des abstentions à cause d’une fièvre faible, mais suffisante pour l’affaiblir. Mieux vaut que les deux marcheurs se reposent bien afin de terminer la marche demain avec le reste de la troupe.

Comme le refuge, Liguori s’avère l’abri le plus élevé du sentier principal, ce fut à nouveau une journée de montée importante, mais toujours, les points de vue sur l’horizon récompensaient chaque goutte de sueurs.

Déjà hier, la présence humaine se faisait plus fréquente. Aujourd’hui, la tendance s’est accélérée et plus l’on approchait du dernier refuge, plus le nombre de marcheurs et de skieurs augmentait. Rien d’étonnant, les amateurs de plein air tenaient à profiter d’une telle journée paradisiaque.

Comme le caméraman nous accompagnait, la fin de journée fut ponctuée de plusieurs petits clips auxquels les jeunes se sont prêtés avec grâce. Il faut dire que les accompagnateurs avaient décidé de laisser un après-midi de congé de tâches aux participants afin qu’ils puissent jouer ensemble et apprendre à bâtir un tombeau hivernal, genre d’abri qui permet de dormir à l’extérieur malgré le froid ambiant.

Comme nous avions laissé l’un des bacs bien enfoui sous la neige, Michel a dû retourner au dernier refuge afin de récupérer le repas du soir. Ses efforts permirent de déguster une soupe aux oignons, un sublime poulet d’inspiration indienne avec du riz comme plat principal et un décadent brownie pour dessert. Pas étonnant que, malgré le dépassement physique, plusieurs membres de l’expédition aient gagné du poids pendant cette semaine mémorable.

Demain, ce sera déjà la dernière journée de l’expédition. Et comme tout ce qui monte doit fatalement redescendre, une longue descente nous attend.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2013-03-07: Moins trois, plus quatre

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Hier soir, l’une des accompagnatrices, Virginie a dû quitter le groupe pour quelques heures avec une promesse de retour vers midi aujourd’hui.

Au déjeuner, Jonathan se sentant fatigué, les responsables ont préféré lui faire compléter le trajet en motoneige jusqu’au prochain refuge en compagnie de l’infirmière, Naïla.

C’est donc un groupe réduit, mais toujours aussi motivé, qui a pris le départ de la cinquième journée de marche. Si depuis le départ la neige tombait sans cesse et la météo remettait toujours le soleil au lendemain, aujourd’hui l’astre a fait plusieurs brèves apparitions et la neige s’est calmée. Les conditions clémentes nous ont donc permis de profiter au maximum des superbes paysages charlevoisiens.

Sur le parcours, peu de montées abruptes, mais de longs faux plats qui passaient rapidement au gré de jeux de groupe, de discussions animées ou de simples séances de marches silencieuses et contemplatives.

Une fois au refuge, tout le monde se réjouissait de retrouver Jonathan en bonne forme malgré un petit virus qui semble le ralentir un peu. Son état sera réévalué avant le départ demain, mais son moral est toujours bon.

Si l’équipe s’est vue amputé de trois personnes pendant la première partie de la journée, elle a en revanche gagné un nouveau membre ce soir. En effet, un caméraman, Michel, s’est joint au groupe et l’accompagnera tout au long de la prochaine section du trajet. Pendant ce 7.2 kilomètres qui nous mènera au refuge Liguori, il en profitera pour prendre des images qui serviront à remercier les commanditaires et à faire la promotion de la Fondation.

Si la plupart des refuges offraient des vues spectaculaires, celui de l’Abattis possède l’avantage d’élargir encore l’horizon. Magnifique.

Ce soir, les accompagnateurs ont partagé avec les jeunes les messages écrits par les participants au Double défi des deux Mario. Un beau moment terminé par un chœur de la chanson thématique de la Fondation.

Gil Thériault, blogueur et photographe


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2013-03-06: Déjà en moitié de parcours

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Une nouvelle fois, le groupe s’est levé vers 7h afin d’entamer les préparatifs du départ. Chacun récupère ses vêtements secs, prépare son sac de jour et l’attirail nécessaire à la marche avant de prendre son petit déjeuner. Ensuite, il faut évidemment tout nettoyer et ranger dans les sacs et bacs qui prendront la route avec les motoneiges jusqu’au prochain refuge.

Les accompagnateurs ont tenu une réunion de mi-parcours afin de jauger les forces et le comportement de tous les membres. Bien que la fatigue s’accumule lentement mais sûrement, tout se passe merveilleusement bien, tant au niveau santé qu’au niveau de l’intégration des membres de l’expédition.

Le départ s’est donné à nouveau sous le signe de l’enthousiasme. Après une longue montée ardue, les marcheurs ont savouré un long plat et en ont profité pour marquer la pause du midi en se posant des questions personnelles (et souvent amusantes) afin de se connaitre un peu plus. La dernière section offrait une descente ludique vers le refuge Cap du salut.

À l’arrivée, on y est allé de divers jeux avant de monter la tente qui permettra ce soir, pour la seule fois de l’expédition, de se laver (à la mitaine) en toute intimité. En plus de donner l’impression de repartir les compteurs à zéro, l’hygiène corporelle évite les irritations de peau, certaines maladies et de plus, agrémente la vie en commun dans des espaces restreints.

Pour la première fois du voyage, le menu du soir était composé de nourriture lyophilisée, très populaire en expédition puisque légère et forte en calorie. Mais pour ce qui est du gout, rien de comparable aux excellents repas de notre responsable Isabelle.

Le reste de la soirée s’est passé tranquillement à jouer aux cartes avec, par les fenêtres, une vue imprenable sur les lumières de la rive sud du Fleuve Saint-Laurent.

Demain une légère montée de moins de 100 mètres sur 6.9 kilomètre nous mènera au refuge l’Abattis.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2013-03-05: Des jeunes aux forces impressionnantes

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Une troisième journée de montées et de descentes ardues, et toujours les jeunes impressionnent par leur détermination et leur discipline.

Tout au long du parcours et malgré la fatigue, les blagues fusent de toutes parts. Parfois, le ton tourne à la confidence et de riches échanges émergent sur des expériences marquantes du passé. Les jeunes semblent apprécier de pouvoir partager leurs pensées avec d’autres jeunes qui, chose rare, peuvent parfaitement les comprendre. Ils s’ouvrent également facilement aux adultes qui ne cachent pas leur admiration envers ses véritables jeunes guerriers.

Après plus de quatre heures de marche, c’est un groupe toujours plein d’entrain qui a monté la grande tente qui servira d’abri nocturne à quelques membres du groupe. Comme le chalet ne peut abriter tout le monde, certains volontaires découvriront ce soir les joies du camping hivernal.

Mais avant le repas, les tâches doivent être effectuées : quête de l’eau potable, vaisselles, alimentation du poêle à bois… Tout le monde fait sa part et contribue au confort des autres.

En soirée, une séance de retour sur l’expérience a permis aux jeunes de réfléchir aux objectifs qu’ils s’étaient fixés avant le départ. Chacun semble très content de son cheminement jusqu’à présent… et avec raison. Un très beau moment d’ouverture et d’intimité.

Demain apportera une journée un peu plus relax avec seulement 6 kilomètres qui nous sépare du Refuge Cap du salut.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2013-03-04: la section la plus longue: objectif refuge cap gribane

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La première journée ayant servi d’acclimatation, tout le monde était fin prêt pour affronter le plus long parcours de l’expédition.

Comme le deuxième refuge se trouve à plusieurs centaines de mètres plus hauts que le premier, il fallait s’attendre à quelques dénivelés importants qui demanderaient un effort physique plus important. Tout au long du trajet, il fallait constamment s’ajuster en enlevant son polar, en ouvrant les ouvertures d’aération ou en rajoutant une couche imperméable. Dans ce genre d’expédition en plein air, il faut éviter de geler, mais également d’avoir trop chaud au risque de se retrouver mouillé et donc exposer au froid. Il est également primordial de bien s’abreuver et s’alimenter, souvent et à petites doses.

Depuis le début, une très belle complicité unie le groupe et il est vite devenu naturel de ralentir le pas pour attendre les plus épuisés.

La pause du midi est survenue alors qu’il restait moins de la moitié de la distance à couvrir. La dernière côte fut ardue, mais récompensée par une superbe vue sur la région et juste au moment où le soleil faisait enfin son apparition.

Depuis le départ, une neige collante tombe avec insistance, ce qui a considérablement alourdi les arbres. Hier, les participants se taquinaient en se lançant des mottes de neige, mais aujourd’hui, ce sont les conifères qui nous lâchaient régulièrement de gros galets de neige au gré du vent qui secouait leurs branches.

Vers 16h, la bande d’aventuriers arrivait finalement au Refuge Cap Gribane, bien heureux de pouvoir enfin mettre leurs vêtements à sécher et s’installer pour la nuit. Plusieurs ont d’ailleurs profité d’une petite pause de fin d’après-midi afin de faire une sieste réparatrice.

Juste avant le souper, l’un des participants a souffert d’une petite réaction allergique et, malgré que l’épisode ait été rapidement contrôlé, les responsables n’ont pris aucune chance et ont isolé toutes les substances susceptibles de causer d’autres crises.

Si la tendance se maintient, tout le monde prendra donc demain matin le départ pour le refuge Anse-aux-Vaches, distant de 7.7 kilomètres.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2013-03-03: Première journée de raquettes: Refuge la Faille

Après une nuit de sommeil bien appréciée, toute la troupe s’est levée au petit jour afin de se restaurer et préparer les bagages nécessaires à l’expédition.

Tous avaient hâte de chausser les raquettes, mais Mère Nature voulait s’assurer que l’on n’oublie pas que c’est Elle qui dicte les règles du jeu. Une neige collante sapait toute traction des pneus et il a fallu pousser, tirer, décharger la remorque, changer de véhicule remorqueur… bref, le départ fut retarder de quelques heures.

Une fois tout le monde bien enregistré à l’accueil du Sentier des Caps, l’heure du véritable départ sonnait enfin. Les quinze membres de l’équipe se sont élancés plein d’entrain afin de couvrir les 4.2 kilomètres qui les mèneraient au Refuge la Faille.

Les jeunes ont gardé un pas soutenu tout le long du trajet. Leur dextérité et leur force ont épaté les plus expérimentés. La température avoisinant le zéro degré, plus de problème de sueur que d’engelure. Une fois au refuge, il restait suffisamment d’énergie à tous pour une grandiose bataille de boules de neige.

Ce fut ensuite le temps de passer aux choses sérieuses : le bois pour le feu, l’eau pour la cuisine, les gourdes et la vaisselle, la préparation des repas, etc. Chacun des membres de l’équipe se voit confier des tâches précises et nécessaires au bon déroulement de l’expédition.

Les instructeurs prodiguent conseils et instructions qui initient les jeunes à la vie en plein air.

Une belle journée d’introduction qui s’est déroulée comme un charme. Demain, l’équipe passera aux choses sérieuses avec un parcours deux fois plus long, soit 8.6 kilomètres.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2013-03-02 : Au pied des pistes

Depuis sa création en 1996, la Fondation sur la Pointe des pieds a organisé des dizaines d’expédition et offert à des centaines de jeunes la chance de repousser leurs limites tout en découvrant une nature à couper le souffle.

Après des mois de préparation, tous les membres de l’expédition de raquette au Sentier des Caps de Charlevoix se sont enfin rencontrés.

La majeure partie du groupe s’est rencontrée à Montréal vers 9h afin d’avaler environ 5 heures de route (incluant de petites pauses bouffe/toilette) jusqu’à l’Auberge Le Meilleur des deux mondes. Le reste de l’équipe est arrivé une heure plus tard, vers 15h, afin de compléter le groupe de randonneurs.

Ce fut ensuite la distribution de l’équipement prêté par la Fondation et les instructions de bases sur le déroulement du séjour. Juste avant le repas, tous les participants ont enfilé les raquettes pour une petite marche de familiarisation et tout s’est très bien déroulé.

Il faut souligner que ce groupe de jeunes est d’une rare homogénéité : 7 garçons entre 14 et 17 ans. Déjà, la chimie semble opérée.

Après un copieux repas, quelques jeunes se sont offerts pour la vaisselle pendant que l’on prenait tous à tour de rôle une dernière douche avant le grand départ. Pour les prochaines sept jours, le confort sera minimal, mais le dépassement de soi, lui, sera optimal.

Gil Thériault, blogueur et photographe

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2012-08-14: SUCCÈS, RÉJOUISSANCES ET GRIZZLY

Tel un opéra de Verdi, nous avions gardé le meilleur pour la fin. Ou le plus difficile devrions-nous dire.

Nous avions devant nous un trajet de plus de 13 kilomètres comprenant 3 montées significatives dont le passage du col Citadel qui fait à lui seul plus de 500 mètres de dénivelé. Notre lever a donc précédé l’aurore de quelques minutes tandis que notre départ en sentier s’est effectué à 7 AM. Nous avons mis près de 3 heures pour franchir les 4 premiers kilomètres qui nous ont mené à une altitude de 2380 mètres. C’est à cet endroit, à l’ombre de la montagne Citadel, que nous sommes passés de la Colombie-Britannique pour revenir en territoire albertain.

Même si la plus grosse montée de la journée venait d’être complétée, neuf kilomètres nous séparaient encore de notre destination finale, soit la station de ski Sunshine Village. C’est en traversant ce secteur appelé Sunshine Meadows que nous avons fait une rencontre inattendue mais toutefois très appréciée : un grizzly! Un bel ourson de 2-3 ans qui gambadait gaiement dans la prairie alpine à environ 134 mètres de nous. Comme la plupart des ours, il nous a jeté un coup d’œil, nous a humé et s’est éloigné lorsqu’il a compris que nous étions des humains. Un très beau moment, d’autant plus que voir un tel animal était le rêve de quelques uns d’entre nous.

Fort heureusement pour nous, les pronostics météo du jour se sont révélés faux en bonne partie. À savoir, nous nous attendions à affronter de fortes quantités de pluie. Or, nous avons plutôt erré sous un azur bleuté pour 11 des 13 kilomètres de notre randonnée. Puis, à 2 kilomètres de la fin, le ciel s’est teinté de gris, un peu comme si les Rocheuses étaient tristes de réaliser que nous allions mettre fin à notre expédition. Le ciel s’est alors mis à sangloter, d’abord d’une pluie fine, puis de larmes drues accompagnées de vents soutenus. Ces conditions nous ont accompagnés jusqu’à la toute fin de notre itinéraire au pied de Sunshine Village où, comme par magie, les nuages se sont dissipés pour laisser poindre des rayons de soleil sur notre groupe qui s’étreignait et se félicitait de leur accomplissement. Comme quoi parfois la réalité dépasse la fiction…

De retour au clubhouse du Club alpin canadien de Canmore, nous avons réalisé à quel point une douche chaude, un divan, une pizza et une salade fraîche représentent un luxe inestimable. Ce repas a précédé l’un des moments forts du voyage : la remise des diplômes et le cercle de fermeture. Chaque participant, jeune autant qu’adulte, devait trouver un mot qui décrivait leur expérience. Beauté, unique, inspirant, persévérance, dépassement de soi, groupe, scree run, papillon, content, surprise, rencontre, complicité, réalisation, renaissance, force, détermination, inoubliable, courage, confiance, hockey, grandeur. L’échange est sincère, les yeux brillent, les gorges sont nouées.

Demain, les jeunes reviendront auprès de leurs proches après avoir vécu une expédition inoubliable. Pour plusieurs il s’agit de l’expérience de leur vie, une expérience qui les aura outillés à vivre la plus belle et la plus grande aventure qui soit. L’aventure de la vie.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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2012-08-13: COMME UNE ODEUR DE RETOUR

Nous avons passé la nuit dernière sous un ciel animé d’étoiles filantes. Devoir sortir de sa tente en pleine nuit pour évacuer un trop plein de liquide prenait les allures d’une sortie au planétarium pour assister à un spectacle en très haute définition.

La journée a débuté par notre rituel habituel, à savoir, le traitement des ampoules des marcheurs amochés. Après avoir démonté les tentes et avalé notre déjeuner, nous prenons la route en direction de notre prochaine destination, soit Porcupine Creek. Notre périple du jour s’amorce par la traversée de Rock Valley au creux de laquelle nous avons pris plusieurs pauses pour nous reposer des multiples montées et descente courtes mais abruptes qui marquaient cette section.

L’arrêt pour le lunch se fait à Split Rock, à l’ombre d’un rocher – vous l’aurez probablement deviné – orné d’une fente bien ouverte. Notre infirmière Naïla en a profité pour lancer un jeu de questions-réponses qui s’est révélé fort divertissant et qui nous a permis d’en apprendre davantage sur tous et chacun. Il s’agissait tout simplement de poser des questions et de faire un tour de table pour entendre les réponses. Les questions portaient sur le pays que l’on rêve de visiter, la personne avec qui on voudrait passer une journée, la discipline olympique pour laquelle on voudrait représenter le pays, l’animal de compagnie que l’on rêve d’avoir, et bien d’autres.

Nous avons élu domicile à notre campement après avoir marché quelques 9 kilomètres. Il s’agit du seul site où nous ne nous sommes pas baignés, l’eau du ruisseau étant résolument trop froide. Il fallait se faire violence ne serait-ce que pour s’y laver le visage et les pieds! Une fois sur place, une partie du groupe s’est affairé à préparer le souper tandis qu’une autre a nettoyé un site d’atterrissage d’hélicoptère. De fait, une bonne partie de notre matériel sera héliporté jusqu’à la station de ski Sunshine Village où notre expédition prendra fin. Nous avons décidé de faire ainsi car la journée de demain sera la plus longue et la plus difficile de toute l’expé. Nous devrons parcourir plus de 13 kilomètres mais surtout nous affronterons un dénivelé total de 700 mètres. Tentes, sacs de couchage, matelas de sol et quincaillerie de cuisine prendront donc la voie des airs afin de nous permettre de randonner léger. Qui plus est, le lever se fera à 5h30 afin de démarrer la randonnée à 7 du matin pour éviter de terminer la journée trop tard. La mauvaise nouvelle vient surtout des pronostics météo : pluie, pluie et repluie…

Après avoir passé plus d’une semaine sous un ciel bleu à l’exception de 2 ou 3 heures lors de notre deuxième journée d’expé, il semble que nous terminerons dans des conditions plus difficiles. Nous ne sommes pas inquiets pour autant, ces jeunes ont déjà fait preuve de bien plus grande résilience…

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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2012-08-12: EN ROUTE VERS LA RÉUSSITE

Je vous écris ce blogue, allongé sur le bord du lac Og dont la couleur émeraude évoque quelque chose comme une baie méditerranéenne. Le ciel est d’un bleu royal auxquelS s’accrochent quelques nuages blancs bien touffus. Le soleil me dore la peau tout en douceur, j’estime la température à environ 24,3C. Une brise sucrée me caresse le visage. De part et d’autre se dressent des massifs rocheux parsemés de plaques de neige éparses. On a vu pire comme salle de rédaction.

Nous sommes au camping de Og Lake, à quelques 5 kilomètres du Assiniboine lodge qui nous a servi de camp de base au cours des 4 derniers jours. Nous avons salué et remercié nos hôtes, Claude et Annick, deux Québécois qui ont élu domicile en Colombie-Britannique au début des années ’80 et qui sont maintenant les gestionnaires de ce qui est considéré comme l’un des plus beaux lodges de montagne au Canada. Francis a par ailleurs mis ses talents de dessinateur à l’œuvre pour leur faire une très belle carte de remerciement.

Le reste du groupe s’adonne présentement à une partie de loup-garou, un jeu de société qui fait fureur parmi nous. Je les entends rire et applaudir à travers les coups de vent. Certes, la bonne humeur règne mais les signes de fatigue se font néanmoins sentir. Ce n’est pas sans raison que nous avons fait une si courte journée, d’autant plus que les derniers 25 kilomètres que nous aurons à parcourir au cours des 2 prochains jours seront difficiles, tant techniquement qu’au niveau du dénivelé. Je me dois également de souligner que nous transportions aujourd’hui nos plus gros sacs de toute l’expédition. En effet, nous devions transporter un total de 9 tentes et une importante quantité de nourriture.

Nous avons profité du Og Lake pour faire une bonne baignade laquelle a été suivie d’une expérience que nous pourrions presque qualifier de méditative, expérience que nous répétons à chaque expédition. Les jeunes ont été invités à se retirer du groupe et à se trouver un endroit où ils pourraient s’installer seuls et prendre un peu de temps pour eux, à l’écart du groupe. Ils ont donc passé une bonne heure à réfléchir à non seulement à l’expérience qu’ils sont en train de vivre mais surtout à saisir le moment présent et à prendre conscience de sa richesse.

La fin de la journée a été marquée par ce que nous croyons être un feu de forêt. D’énormes nuages de fumée se sont élevés de la vallée voisine. Nous avons contacté le lodge qui eux ont contacté les pompiers aéroportés; en moins de 4 heures la fumée était dissipée. Autre fait marquant, nous cuisinons à environ 150 mètres de nos tentes et nous devons accrocher notre nourriture à 4 mètres dans les airs puisque nous n’avons pas accès à aucun bâtiment. Souris, porc-épic et possiblement ours se feraient sûrement un régal de nos réserves de nourriture si elles leur étaient accessibles…

Ce soir sera notre première véritable expérience de camping de groupe. En effet, les nuits précédentes se sont déroulées en refuge. Nos neuf tentes ont donc été érigées, constituant ainsi notre village. Nous sommes dorénavant nomades. Et en route vers la réussite.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

12-08_5 Photo de groupe avec Claude et Annick” alt=”null” />

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2012-08-11: RANDO DU BONHEUR

Nous nous sommes réveillés avec une belle surprise au sol : du givre! Il s’agit de la première gelée de l’été, signe annonciateur que l’automne approche à grand pas dans les hauteurs. Ce n’était certainement pas suffisant pour nous écarter de notre programme, soit l’ascension du Nublet, une montagne de 2500 mètres située dans les contreforts du massif Assiniboine.

Nous nous sommes permis une matinée tranquille et avons amorcé notre rando du jour à 10h30. Nous avons débuté en allant nourrir les 2 cochons du lodge avec nos restants de table des 3 derniers jours puis avons mis le cap vers notre objectif.

Nous avons d’abord traversé une forêt de conifères au sortir de laquelle nous avons véritablement commencé à gagner de l’altitude. Une montée techniquement facile mais passablement longue nous a permis de suivre la crête du Nublet. Notre parcours fut ponctué de plusieurs pauses mais nous avons tous réussi à atteindre le sommet juché à un peu plus de 2500 mètres.

Le moment est sublime et l’heure est aux célébrations! Jeunes et adultes s’entrelacent à qui mieux-mieux et quelques joues sont humides. Les jeunes en profitent donc pour consacrer cette réussite comme étant un « high moment ». Résultat : ils ont droit de déballer une surprise qui a les allures d’une grosse patate enveloppée dans du duct tape. À l’intérieur se cachent des barres de chocolat. Le glucose n’a jamais eu aussi bon goût qu’au sommet de cette montagne!

Nous sommes demeurés au sommet une bonne heure et demie afin de luncher et de se reposer. Nous avons également sorti les cerfs-volants, question de profiter du bon vent qui caressait le Nublet. D’autres jeunes ont construit des cairns, ces amas de pierres qui se révèlent la plupart du temps des marqueurs de sentier.

À un certain moment, je me suis retiré du groupe pour faire une photo des jeunes au sommet. Je me suis assis pour regarder la scène. Pur spectacle que de voir tous ces gens s’amuser autant, eux qui ne se connaissaient pas il y a de cela moins d’une semaine. En me fermant les yeux, j’ai réalisé qu’il ne se passait pas 3 secondes sans entendre un éclat de rire. J’aime à croire que ces intarissables cascades de rires ont été portées par le vent jusque chez vous…

Nous quittons demain pour une randonnée itinérante de 3 jours en direction de Sunshine Village.

Nous savourons donc nos derniers moments au lodge Assiniboine. Et ils sont délicieux.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

11-08_23 Photo de groupe au sommet

2010-08-10 : STAIRWAY IN HEAVEN! ENCORE…

J’ai de la difficulté à croire que je réussirais à mettre en mots l’émotion qui a marqué cette journée.

Essentiellement, le plan du jour était d’atteindre le sommet du Mont Cautley. Celui-ci culmine à une hauteur de 2880 mètres, ce qui veut donc dire que nous devions gravir 750 mètres depuis notre camp de base. Il s’agit d’un dénivelé très considérable qui représente une élévation supérieure à celle du domaine skiable du Mont-Tremblant ou du Mont-Ste-Anne, des destinations que les skieurs québécois connaissent bien.

La tâche n’était pas de tout repos mais elle en valait largement la chandelle. Nous avons tout d’abord traversé des prairies alpines qui n’ont vraiment rien à envier aux plus beaux jardins botaniques de la planète. De fait, celles-ci sont reconnues pour être particulièrement spectaculaires. Qui plus est, la grande quantité de neige qui est tombée sur les Rocheuses l’hiver dernier combinée à un été chaud font en sorte que les fleurs sauvages sont encore plus nombreuses qu’à l’habitude. Grandiose!

Nous avons par la suite amorcé l’ascension proprement dite. Une montée ardue notamment ponctuée de ruisseaux à traverser et de secteur enneigés. On s’arrête à quelques reprises, le temps de reprendre notre souffle, puis on monte. Et on monte. Et on monte. Peu à peu apparaissent quelques sommets environnants. Jeunes et adultes jubilent. On doit pratiquement se pincer pour s’assurer que l’on ne rêve pas!

On arrive finalement à la crête sommitale. D’un coté, la vallée de Bryant Creek que nous avons arpentée au cours des jours précédent, d’un autre côté les prairies entourant le massif du mont Assiniboine. On marche littéralement sur la frontière de l’Alberta et de la Colombie-Britanique. C’est pratiquement comme si nous avions un pied de chaque côté de la frontière puisque la crête sur laquelle nous marchons sépare les deux provinces. Fascinant (comme dirait sûrement Charles Tyserre)!

Le sommet est enfin à portée de vue!… Quelques pas encore et on y est!…

Voilà, c’est fait! On s’enlace, on se félicite, on est fier! C’est la fête au sommet! Et, surprise (à tout le moins pour moi), tout le monde se met à chanter « Bonne fête Jean-Charles ». Et oui, aujourd’hui est mon anniversaire. Je suis vraiment touché, sincèrement ému, c’est assurément la plus exotique des chansons d’anniversaire que l’on m’ait chanté. À 2880 mètres d’altitude, avec une vue à 360 degrés sur les Rocheuses, sous un superbe ciel, et surtout entouré de si beaux jeunes. Un très beau moment. Je me rappellerai toujours de mon 24e anniversaire. (Bon, OK, 38e anniversaire…).

On est bien au sommet mais une fois le lunch avalé on doit redescendre. La température y est fraîche. Entre autres choses, nous descendrons une bonne partie de la montagne sur du scree, en quelques sortes de la roche concassée sur laquelle on pourrait pratiquement skier. Mémorable! On retraverse des superbes prairies puis on revient au camp de base. Exténués mais fiers et heureux de cet accomplissement.

Une autre belle surprise m’attendait au camp de base. François, directeur de la Fondation, avait choisi de demeurer au chalet pour soigner son genou âgé d’un peu plus d’un demi-siècle. Zoé et Laurence avaient elles aussi opté pour une journée de repos sachant qu’on se refait un autre sommet demain. Ils ont profité de notre absence pour faire une sculpture de branches me représentant (assez fidèlement d’ailleurs!) de même qu’un « Bonne fête JC » en cocottes de pin. Pour couronner le tout, ils m’ont également fabriqué (ce que je croyais être) un collier qu’ils ont accroché à l’entrée du chalet. C’était une très belle attention qui m’a vraiment fait chaud au cœur. Jusqu’à ce que je tente de m’approprier ledit collier qui était attaché à un seau d’eau qui m’a tombé dessus! On a bien rigolé, moi le premier.

Nous avons terminé l’après-midi en allant nous laver au lac Magog toujours aussi glacial. Quel bonheur toutefois d’enlever ces couches de sueur, de crème solaire, de lotion anti-moustiques, bref, de crasse, n’ayons pas peur des mots!

À mon grand bonheur, j’ai eu droit à un excellent gâteau de fête couronné de chandelles que j’ai soufflées d’un seul coup. Puis en soirée, nous avons procédé à un cercle de parole de mi-parcours, tel que nous le faisons pour chaque expédition. Tous les participants ont donc eu l’occasion de faire le point sur l’atteinte de leurs objectifs et leurs craintes. Tout semble sous contrôle et tous ont déjà hâte au sommet de demain!

PS: Merci de vos commentaires sur mes billets et mes photos, c’est très apprécié. Merci aussi à François Berthelot et Claire Grenon qui se chargent de mettre le tout en ligne et de traduire du français vers l’anglais.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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2012-08-09: JOURNÉE DE REPOS OU PRESQUE…

Les jeunes (et certains adultes aussi) ayant trimé dur pour se rendre au lodge Assiniboine dans la journée de mercredi, nous avons choisi d’accorder un peu de répit au groupe, d’autant plus que nous restons 3 jours sur place et avions planifié d’effectuer des randonnées autour du lodge. Conséquemment, la plupart des jeunes ont fait la grasse matinée…jusqu’à ce que deux ou trois filles partent réveiller les gars à 9 AM en tentant d’imiter un ours rôdant autour de leur chalet.

De mon côté, je me suis levé un peu avant 6 AM pour aller faire quelques photos du lever de soleil sur le Mont Assiniboine miroitant dans le Reflexion Pond. Je vais essayer de convaincre les jeunes de m’accompagner demain matin pour assister à ce spectacle grandiose mais j’ai des doutes… Dommage car le panorama en vaut vraiment le coup comme vous pourrez le voir sur les photos.

J’ai aussi croisé un chevreuil au petit matin et j’ai pu m’en approcher à 3 mètres. Il se trouvait près des cochons derrière le lodge. Oui, vous avez bien lu : des cochons à 2130 mètres d’altitude! En fait, ceux-ci servent de broyeurs à déchets et engloutissent tous les restants de table afin de limiter la quantité de rebuts à rapporter dans les sacs à dos ou dans les hélicos. À ce titre, la première tâche du jour des jeunes a consisté à trier leurs vidanges accumulées jusqu’ici.

Notre journée de rando a été plutôt légère. En tout et pour tout, nous avons marché moins de 3 kilomètres. Notre itinéraire nous a mené aux lacs Sunburst et Magog où nous nous sommes baignés et avons pêché. Notre guide Tamara a été la première à sortir un poisson puis notre infirmière en a sorti 2 de suite. Du côté des jeunes, Isaac s’est assuré de conserver sauf l’honneur des habitants de la Nouvelle-Écosse dont il est originaire en pêchant lui aussi deux belles truites.

Fait inusité s’il en est un, nous avons fait une bataille de boule de neige en ce 9 août, sous un gros soleil ayant fait monter le mercure à 25C! Quelques instants plus tard, la montagne nous rappelait que l’on doit la respecter : une avalanche mêlée à une importante chute de pierre s’est produite sous nos yeux. Nous étions totalement hors de danger puisque l’événement s’est déroulé sur une paroi isolée et inaccessible mais le bruit était très saisissant.

Les jeunes ayant bien récupéré, nous considérons nous attaquer à un sommet environnant pour la journée de demain. Ça promet!

Mais en attendant, ça s’amuse ferme en ce début de soirée… Tandis que Francis dessine un tatouage sur l’épaule de Virginie, qu’Isaac et Laurence rigolent en faisant la vaisselle et que Zoé jase de tout et de rien avec Shéril, Crystal essaie d’apprendre aux autres jeunes à prononcer le son « th » de la langue anglaise. Le succès de cette entreprise est douteux mais les fous rires sont nombreux…

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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2012-08-08: STAIRWAY TO HEAVEN

Petit matin frisquet à Bryant Creek : on estime que le mercure a du descendre à environ 5C durant la nuit. Les adultes ont dormi dans leurs tentes, laissant aux jeunes la chance de dormir dans le refuge. Robert a toutefois passé la nuit avec eux car on voulait que quelqu’un puisse accompagner les jeunes qui souhaitaient aller aux toilettes durant la nuit. Au bout du compte, Robert s’est levé 11 fois…

Nous nous sommes réveillés sous un ciel de bleu teinté qui a néanmoins commencé à grisailler alors que nous étions fins prêts à partir. Une fois notre randonnée amorcée, la pluie s’est mise de la partie assez rapidement. D’abord fine, puis drue, puis fine, puis rien, puis drue, puis rien, puis fine… Bref, nous avons en quelque sorte joués à un jeu assez particulier qui nous a amené à mettre nos manteaux de pluie, puis les enlever, puis les remettre et ainsi de suite.

Nous avons d’abord parcouru une section de 5 kilomètres dépourvue de vallons significatifs avant de nous attaquer au col Assiniboine. Il s’agissait de notre première montée véritablement soutenue, une ascension qui nous a mené à une altitude de 2165 mètres. Les jeunes ont bien passé le test mais 6 d’entre eux termineront avec des ampoules. Il faut bien que notre trousse de premiers soins serve à quelque chose!…

Au bout de cette étape relativement exigeante se trouvait néanmoins une récompense haute en couleur : une vue imprenable sur le mythique mont Assiniboine et des prairies alpines couvertes de fleurs sauvages! De toute beauté!

À l’ombre de ce géant se situe notre destination finale de la journée, le lodge Assiniboine. Nous arriverons au lodge avec un véritable aura de conquérants. Les autres randonneurs présents nous regardent avec un air impressionné. De fait, eux sont arrivés au lodge en hélicopètre; nous, nous avons marché deux jours et grimpé le col Assiniboine pour nous y rendre! Vive nous!

Après nous être gavés de melon d’eau, de cantaloup et de limonade, nous allons faire saucette dans le lac Magog. Il s’agit d’un lac alimenté par la fonte du glacier Assiniboine. De la glace orne d’ailleurs une partie du pourtour du lac. Qu’à cela ne tienne, les jeunes se lancent à l’eau, non sans pousser de joyeux cris…
Puis à l’heure du repas, l’orage éclate. Nous sommes fort heureusement bien à l’abri dans de superbes refuges. Nous continuerons donc de manger notre excellent poulet au beurre dans un souper dont l’ambiance est particulièrement festive. Pour terminer la soirée, nous aurons le privilège de nous faire raconter l’histoire des expéditions qui ont marqué le massif Assiniboine par André, l’un des gestionnaires de l’endroit. Les jeunes sont fascinés et se montrent fort intéressés. À la fin du récit, plusieurs cognent des clous… Je crois que le sommeil sera profond cette nuit!

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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2012-08-07: ON EST PARTIS!!!

Ça y est! Nous avons quitté la civilisation, l’asphalte et le brouhaha de la ville! À nous la forêt, la verdure et le murmure des torrents!

Lever matinal en ce mardi matin, le déjeuner étant prévu pour 6h30. Nous sommes épatés de voir à quel point les jeunes sont efficaces. Ils sont tous arrivés à la cuisine en avance et avec leurs bagages prêts, tel que nous leur avions demandé. Respect.

Nous quittons donc Canmore et roulons en direction de Spray Lakes d’où nous partirons pour notre expédition. La route forestière qui nous y mène est cahoteuse mais ô combien panoramique! Si certains jeunes n’ont pas les yeux rivés sur le paysage, c’est alors qu’ils les ont fermés, cherchant à récupérer quelques minutes de sommeil.

Une fois sur place, on prendra quelques instants pour bien ajuster les sacs et aussi échanger quelques conseils sur l’importance de bien s’hydrater, comment faire nos besoins en plein air ou encore quoi faire si on rencontre un ours. Les chances d’en rencontrer un demeurent plutôt faibles lorsqu’on voyage en si grand groupe car nous sommes bruyants. Cette nouvelle en rassure plusieurs…

L’itinéraire de cette première journée est relativement plat et dénudé de difficultés techniques. Fort heureusement car nous avons tout de même 10 kilomètres à avaler! Grosso modo, on suit Bryant Creek, une petite rivière cristalline qui coule entre deux massifs fort imposants. En cours de route, on se régale de paysages montagneux sublimes. Et dire que nos guides locaux prétendent qu’il s’agit de la partie la moins belle de l’expé…

L’énergie et l’endurance des jeunes sont littéralement renversantes. On a même dû les faire ralentir à quelques occasions! On arrivera au campement vers 16h, soit juste à temps pour aller faire une baignade…dans une rivière alimentée par des glaciers. L’eau n’est pas froide…elle est…vous aurez deviné…glaciale!

Il règne vraiment une belle ambiance dans le groupe. Les jeunes se taquinent de plus en plus et font même des blagues sur leur chevelure post-chimio. C’est beau de les voir aller.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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2012-08-06: UNE BELLE SEMAINE S’AMORCE

On pensait que la vue sur les montagnes était imprenable au soleil couchant depuis le clubhouse du Alpine Club of Canada où nous sommes arrivés dimanche après-midi. C’était avant de voir les montagnes non plus baignées mais bien inondées de lumière en ce lundi matin. Sublime! On comprend très bien pourquoi cette auberge a été construite à cet endroit…

C’est donc sous un ciel éclatant de bleu que nous avons révisé notre équipement, bien installés sur la terrasse panoramique. Pour bon nombre de jeunes, ce sera à regret qu’ils doivent se départir de certaines pièces de vêtements. De fait, celles-ci sont possiblement bien en vue dans la vie de tous les jours mais dans notre cas, elles ne viendraient qu’alourdir inutilement leur sac à dos…

Une fois cette opération terminée, on saute dans l’autobus en direction du lac Minnewanka pour y faire une randonnée de 3,5 kilomètres, question de se mettre dans le bain avant le grand départ pour l’arrière-pays, qui lui aura lieu mardi matin. Le lunch sera pris aux abords de ce superbe lac turquoise entouré de montagnes de près de 3000 mètres de haut. Le paysage est enchanteur, la brise est envoûtante, les biscuits sont gigantesques, les rires se multiplient.

Nous reprenons l’autobus pour une autre dizaine de minutes, cette fois-ci à destination de Banff. Cet arrêt permet aux jeunes de faire une excursion au cœur du village mais surtout de faire une incursion à la boutique Lululemon…

De retour au clubhouse, ce sera temps libre pour les jeunes et rencontre pour l’équipe d’encadrement. Nous faisons notamment connaissance avec Jeff, Tamara et Claude, guides de l’Assiniboine Lodge avec qui nous ferons équipe à partir de demain. Au sortir de notre réunion, on ne trouve plus les jeunes… Nous auraient-ils joué un mauvais tour?…

Loin de là! Ils se sont regroupés dans une seule et même chambre, dispersés sur les lits, le plancher, les chaises, les rebords de fenêtre. Ça discute, ça rigole, ça taquine, ça s’amuse.

Je souris grand en les voyant. Ils sont beaux à voir. On les sent devenir complices. On les voit fraterniser et lentement jeter les bases qui leur permettront de passer du statut de groupe à celui d’équipe.

Demain, la grande aventure commence. Entraide et cohésion seront de mise.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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2012-08-05 Départ des participants

Bienvenue dans notre aventure! Nous sommes très heureux de constater que vous avez choisi de vous joindre à nous via ce blogue et Facebook (https://www.facebook.com/#!/FondationSurLaPointeDesPieds) Nous utiliserons ces plateformes pour vous permettre de suivre les péripéties des participants à l’expédition de randonnée de la Fondation Sur la Pointe des pieds de l’été 2012. Comme vous le savez peut-être, nous passerons les prochains jours dans les Rocheuses canadiennes, chevauchant le parc national de Banff en Alberta et le parc provincial Assiniboine en Colombie-Britannique.

Pour autant que la technologie nous le permette (on n’est jamais à l’abri d’un bris…surtout avec une connexion Internet satellitaire à très basse vitesse et un ordinateur portable trimbalé dans un sac à dos de 60 livres!), nous mettrons le blogue et facebook à jour sur une base quotidienne. Ceux-ci deviendront en quelque sorte notre journal de bord quotidien, lequel sera agrémenté de photos du jour. Les photos seront quant à elles affichées sur Facebook et la page Flick R de la Fondation. Alors donc, sans plus tarder, nous voici…
…………………….
Il était une fois notre expédition…

Tout a commencé par un samedi matin baigné de soleil au cours duquel l’équipe de la Fondation a chargé une camionnette d’une tonne de bagages d’expédition. (En fait, non, tout a commencé l’hiver dernier, lors du recrutement des premiers participants, mais, bon, si on veut s’en sortir en moins de 50 pages, nous allons sauter quelques étapes si vous le voulez bien!) C’est donc une équipe composée des guides Virginie Gargano et Étienne Booth, du directeur de la Fondation François Dufour, de la stagiaire Shéril Gravel et de moi-même qui a pris la route depuis Chicoutimi en direction de Montréal. Après avoir avalé quelques 500 kilomètres de route et passé d’une température externe de 18 à 36C, nous sommes arrivés à notre hôtel situé à un jet de pierre de l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau. Nous y avons rencontré les participants Crystal Cousineau originaire d’Orleans (Ottawa) et Francis Dufour de Gatineau qui étaient venus en voiture avec Robert Pigeon, travailleur en milieu de l’enfant au Children Hospital of Eastern Ontario (CHEO). On fraternise autour d’un plat de nachos puis on se met au lit.

Lever matinal en ce dimanche 5 août pour se rendre à l’aéroport dès 6h afin d’y faire la rencontre des autres participants : Dama-Rosalie Fonseca de Pont-Rouge, Zoé Trahan-Gingras de Boisbriand, Laurence Yelle de Ste-Thérèse, Dannick Simard de Terrebonne, Samuel Tétrault de Grany, David Mathieu-Desjardins de Valleyfield et Samuel Simard de Terrebonne. On retrouvera aussi le médecin Alexandre Chouinard et l’infirmière Naila Legault qui seront de la partie. Les au revoirs sont empreints d’émotions, bon nombre de parents laissent couler quelques larmes. Les sourires des jeunes trahissent quant à eux un état d’âme un peu mêlé entre la gêne et l’excitation.

On vit également quelques moments d’incertitude… En effet, le vol Halifax-Montréal que doit prendre Isaac Baker pour venir nous rejoindre a plus d’une heure de retard! Fort heureusement, il arrivera juste à temps pour sauter dans notre avion qui nous mènera d’abord à Toronto puis Calgary.

C’est sous un soleil radieux et une chaleur accablante que nous débarquons à Calgary…pour refaire une heure de route et nous rendre à notre destination finale, le légendaire Clubhouse du Alpine Club of Canada situé à Canmore. Quel endroit magnifique! Niché en plein cœur des Rocheuses, ce bâtiment a servi de camp de base à un nombre difficilement imaginable de montagnards dont plusieurs ont écrit l’histoire par leurs prouesses. Les murs sont d’ailleurs ornés de photos, de plaques et de vestiges de ces épopées alpines. Je ne peux pas m’empêcher de penser que nos jeunes aventuriers font eux aussi partie d’une lignée de combattants qui ont bravé la tempête et ont conquis des sommets. Des sommets intérieurs qui pouvaient parfois paraître inatteignables mais qui ont néanmoins été vaincus.

On s’installe lentement dans nos chambres, on défait nos bagages, on prend possession des lieux. On sent que des liens sont déjà en train de se tisser entre les participants dont les langues se délient peu à peu. Présentation des vêtements et équipements en guise d’apéro précédant un souper sur la terrasse hautement panoramique du clubhouse à l’ombre des Three Sisters, un massif mythique dont on ne se lasse pas de regarder. La soirée prendra fin au coucher du soleil suite à une rencontre de groupe. On y discute de nos objectifs respectifs, de nos craintes aussi. On apprend que les jeunes veulent vivre un nouveau départ, qu’ils veulent rencontrer des gens qui ont un vécu semblable, qu’ils veulent relever des défis, décrocher du quotidien, de la technologie, des médias, quMils veulent reconnecter avec la nature. Ça tombe bien, nous aussi, c’est ce que l’on vise…
Une bien belle semaine s’amorce…

J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation Sur la Pointe des pieds

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Pour plus de photos: https://www.facebook.com/FondationSurLaPointeDesPieds#!/media/set/?set=a.143458865792913.27870.104436016361865&type=1


 
 
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