2015-03-22: Jour 9 Terre d’accueil

kite azur

Pour Morgan notre lumineuse libellule et Elliot notre folle grenouille
Vous nous avez manqué durant nos derniers jours d’expédition.
Mais vous étiez avec nous de cœur et d’âme
Prompt rétablissement.
Nous vous aimons,
Votre famille d’expédition

C’est ici que notre périple en terres étrangères se termine, en principe. Mais tout périple, qu’il soit géographique, spirituel ou émotif, sème des graines et engendre quelque chose de nouveau, de plus grand, de plus beau. Comme l’a si bien exprimé Mario, « il ne faut pas penser que l’on perd des amis, mais plutôt que nous repartons vers nos vies respectives en ayant acquis de nouvelles expériences, en ayant fait des rencontres significatives.»

Dans la froidure matinale du printemps qui refuse de se montrer le bout du museau, à bord de l’autobus, je contemple le paysage polaire qui s’étend jusqu’à plus soif devant nous. Des lames de neige hachurent la route déserte, de blanches montagnes révèlent le fjord au détour d’une courbe, la liste musicale de nos participants apaise la tristesse de devoir nous séparer. Je cherche au travers de leurs éclats de rires l’inspiration scripturale qui fera honneur à la grandeur d’âme de ces jeunes, à leur spontanéité, à leur solidarité, à leur optimisme devant l’adversité. Et les mots me manquent, tellement l’émotion me saisit à bras-le-cœur. Je me remémore la dernière discussion de groupe, remplie de mots porteurs de sens et d’espoir, de larmes et de gratitude, de respect et d’amitié. Ce soir, je m’efface donc derrière les mots de chacun des membres de notre terre d’accueil, de notre famille solidement tricotée par les épreuves et les réussites. J’ai vécu une expérience émouvante, inspirante, qui fera de moi un meilleur être humain, grâce au contact privilégié de ces maîtres de vie, qui m’ont enseigné ce qu’ils sont, intrinsèquement. Du plus profond de mon cœur, merci à tous, participants et intervenants, pour cette semaine inoubliable, riche d’imprévus et de défis. Ce fut un honneur, vraiment.

Voici maintenant les sages paroles de notre famille d’expédition. En espérant que celles-ci vous inspirent à réaliser vos rêves.

Rébecca Fredette- Belette créative Blogueuse/photographe
Membre de l’exceptionnelle famille d’expédition dans les Monts-Valin, Hiver 2015

L’expédition selon les participants et intervenants

• Jérémy:- Tortue Ninja : Agréable, fierté et dépassement de soi

• Angelica- Chien énergique :Amical, gentillesse, défi

• Brandon- Joli Lapin : Fun- rencontre de gens extraordinaires- activités plaisantes

• Michael - Sage singe : Une montagne russe, avec ses hauts et bas physiques et émotionnels, mais au bout du compte un parcours agréable. Fierté envers tout le groupe.

• Elisa- Doux chaton : Repousser ses limites, expérience réconfortante et chaleureuse

• Sara- faucon perçant : Vivre, aimer, rire, rêver et explorer et être soi-même. Dépasser ses limites.

• Mehdi- Caméléon intelligent : Une expérience d’apprentissage. Le jeu des baguettes chinoises, c’est du sérieux! Impressionnant de réaliser tout ce que nous avons accompli à partir de rien (cuisine d’hiver, plaisirs sans gadgets électroniques, etc.) À quel point nous sommes chanceux d’avoir vécu ce périple, qui nous a rendus plus forts.

• Josh- Lynx agile : Essayer de nouvelles choses. Apprendre des histoires de vie des autres. Rencontrer de nouvelles personnes. Apprendre le français.

• Marie-Ève- gentil koala : Réaliser que les bourgeons se sont transformés en fleurs à travers ce voyage.

• Hélène- Chat silencieux : C’est grand au niveau de l’humain. Métaphore de l’huître : introduction d’un corps étranger indésirable dont l’huître ne peut se débarrasser; ce corps étranger devient une perle.

• Catherine- Coccinelle travaillante; être une équipe est un superpouvoir qui permet de réaliser de grandes choses.

• Mario : Être en contact avec ces jeunes permet de devenir de meilleures personnes, un privilège de les côtoyer.

• Un merci particulier à Marie-Josée Dubois, notre médecin dauphin attentionné, absente lors de cette discussion en raison du retour prématuré de Elliot et Morgan à leur résidence

Elliot
Nom : Elliot Michaud
Âge : 15 ans
Lieu de résidence : Bathurst, Nouveau-Brunswick
Modèle : Personne en particulier
Groupe de musique qui l’inspire : Metallica
Mot pour le décrire : Comique, pince-sans-rire selon ses amis
Passions : BMX et soccer
Rêve : devenir soudeur sous-marin

2015-03-21: Jour 8 amours canines

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Une neige nostalgique tapisse encore un peu plus le sol saguenéen. Comme pour mélancoliser notre dernière journée d’expédition. Comme pour poétiser davantage la splendeur de la dernière semaine. Nous chargeons l’autobus de nos bagages, afin de nous rendre «en ville», le cœur débordant de gratitude envers ce parc et ces gens qui nous ont accueillis à bras ouverts. Une ultime aventure nous attend avant de reprendre à vol d’ailes ou de roues notre chemin vers notre vie avant notre périple.

Des mésanges volettent entre les branches de sapinage et les monacaux bouleaux. Le silence apaisant sera de courte durée cependant, puisqu’un concert d’aboiements nous indique que nos chauffeurs à quatre pattes attendaient impatiemment notre arrivée. Ti-Lou, Dom et Juju, les trois guides de la randonnée, nous laissent nous familiariser avec la quarantaine de huskies avant de nous enseigner les techniques d’attelage et de conduite de traîneau. Au signal de Dom, nous amorçons notre parcours, une boucle de 14 kilomètres à travers une forêt de bouleaux, une forêt de conifères, le tour du lac des Sables, avec une pause-lunch dans un refuge qui sent bon la fameuse tourtière du Lac. Le contraste est saisissant : vêtements techniques de pointe mais moyen de transport ancien, voire folklorique pour certains, dans un décor bucolique de film de Noël. Maria Chapdelaine version XXIe siècle!

De retour au point de départ, les guides ouvrent la porte de l’enclos des bébés huskies, ce qui fait fondre le cœur de tous! Votre humble photographe est sollicitée de toutes parts; les participants désirent immortaliser ce moment de pure connexion entre l’animal et l’humain. Amours canines en kaléidoscope d’émotions.

À contrecœur, nous devons quitter les chiens et les guides. Direction auberge de jeunesse, sise dans la superbe maison Price. Nous sommes forts heureux de pouvoir enfin dormir dans un lit, de prendre une douche chaude et de ne pas avoir à affronter le froid pour devoir se brosser les dents! Comme quoi notre confort est un trésor inestimable qui mérite toute notre gratitude! Nous terminons notre journée attablés dans un restaurant du centre-ville, et, surprise, Michel, notre chef/logisticien/harmoniciste, vient nous rejoindre pour notre dernier souper familial d’expédition! Elisa a reçu son gâteau d’anniversaire en avance, elle qui fêtera ses dix-neuf ans dans quelques jours.

On réembarque dans le bus pour une dernière nuit ensemble. Dehors, les ouates floconneuses se sont métamorphosées en tempête. Bien au chaud dans le salon de l’auberge de jeunesse, nous nous réunissons afin de clore cette merveilleuse aventure. Mario et Catherine procèdent à la cérémonie de remise des diplômes de la Fondation et coupent une corde - symbole du lien puissant créé entre les participants- pour en faire des bracelets. Souvenirs impérissables d’une expérience transformatrice, inspirée et inspirante.

Rebecca Fredette, blogueuse/photographe


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catherine
Nom : Catherine Provost
Âge : 30 ans
Lieu de résidence : Chicoutimi
Profession : Chargée de projets pour la Fondation
Modèle : sa mère
Chanson qui l’inspire : Y’a rien qu’icitte qu’on est ben de Richard Desjardins
Mot pour te décrire : maman ourse
Passion : les humains
Rêve : posséder son propre jardin

2015-03-20: Jour 6 À bientôt merveilleux Monts-Valin!

Igloo

Dernière journée dans le magnifique parc national. Et quelle journée! Après une nuit tout à fait tropicale de -35 degrés, la matinée ensoleillée s’annonçait idéale pour terminer la construction de l’igloo entreprise la veille. La fierté irradiait les visages des participants, et l’occasion commandait une photographie officielle, avec le drapeau de la Fondation s’il-vous-plaît!

Un dernier regard à l’igloo et direction l’accueil, le point de départ de la randonnée de quatre kilomètres, qui nous mènera jusqu’à un point de vue à une altitude de 350 mètres. Tout le monde se prépare et Mehdi «Blade» Manda, le chanceux, se retrouve avec trois femmes à ses pieds qui l’aident à attacher ses raquettes. Le froid de la nuit précédente n’a laissé aucune trace; il fait même chaud; ou serait-ce la montée abrupte qui nous inviterait à enlever nos parkas? L’effort physique aura valu la peine, puisque la vue panoramique est splendide, tout comme les regards pétillants et satisfaits des participants. Nous nous installons par terre pour savourer notre salade de pâtes au saumon fumé, nos biscuits à l’avoine et notre chocolat chaud, tout en jouant à «t’es qui toé man?», jeu qui consiste à bombarder de questions une personne pendant deux minutes, afin de mieux la connaître. Après ce volet, ma foi, fort instructif, rebelote pour la rando jusqu’au chalet La Courtepointe où un souper surprise attend les aventuriers. Hamburgers, salade de chou, chips, et liqueur font le bonheur de Jérémy et des autres, un peu (beaucoup) rassasiés du bol de soupe quotidien. Une discussion autour d’un gâteau au fromage clôt en émotions cette dernière journée aux Monts-Valin. C’est avec un mélange de douce mélancolie et d’excitation que nous allons au lit ce soir, puisque demain notre expédition se terminera avec la très attendue randonnée en traîneau à chiens.

Héros de la journée : Sara nous a vivement ébahis par son endurance, son positivisme et sa détermination à grimper jusqu’au point de vue, mais aussi parce qu’elle est arrivée au sommet sans son manteau isolé et ses mitaines! Nous sommes tous très fier pour toi!

Moment d’émotion : C’est aujourd’hui que Maxime El Fuego et Michel nous quittaient pour retourner auprès des leurs. Merci pour votre cuisine gastronomique internationale, votre bonne humeur vivifiante et votre sens implacable de la logistique! Vous allez nous manquer!

Rebecca Fredette, Blogueuse / Photographe

Elaine

Nom : Elaine Pearson
Âge : 44 ans
Lieu de résidence : Laterrière, Québec
Profession : psychologue en pédiatrie
Modèle : Mère Nature et les enfants
Chanson qui t’inspire : Hallelujah de Leonard Cohen
Mot qui te décrit : adaptabilité
Passion : les chevaux/aventure et les voyages/plein air
Rêve : Voyager sac au dos, sans itinéraire prédéterminé

2015-03-19: Jour 6 De totems et d’igloo

un ti sourire là-2

Jeudi matin 8h30… Mon arrivée au refuge l’Attisée rime avec pancakes maison. Trop occupée à les savourer, j’oublie de les prendre en photo. Mais ma caméra, rebaptisée mon bébé par le groupe, reprend vite du service alors que Catherine s’improvise styliste capillaire pour Medhi, notre «Blade» national. Notre famille d’expédition est véritablement tissée aussi serrée que la ceinture fléchée du Bonhomme Carnaval. Aujourd’hui nous vivrons en mode expédition, déplacement en moins, au site de camping l’Eau vive, à moins d’un kilomètre de notre quartier général.

Alors que tous s’impliquent à ériger la tente, Mario croit (à tort) que les cordes manquent à l’appel. Dans l’attente du retour de Michel, Maxime donne un cours de maniement de bâton, ce qui amène Mario à se prendre pour une majorette (Mario c’est une majorette!). Michel réajuste le tir (et sort les cordes de leur cachette), et le campement temporaire se dresse en avant-plan de la montagne et de l’horizon azur. Les hommes installent le poêle au bois à l’intérieur. Nous nous croirions à la maison, prêts pour la dolce vita mode Saguenay.

Farniente? Que nenni! Les logisticiens planifient aussitôt la construction de leur cuisine à ciel ouvert. On sort les pelles pour creuser des tranchées, on mouille les mitaines pour sculpter des banquettes et comptoirs de neige. Franchement, on se croirait dans un remake de La guerre des tuques! Le dîner est constitué de pizzas, noix, soupe, fromages et crudités… et une surprise pour le dessert.

Mario propose de prendre le dessert et le chocolat chaud devant le feu dans la tente. Assis en cercle autour du feu, je lance l’idée de déguster les truffes seulement après qu’un compagnon ait choisi un animal totem. Des noms évocateurs fusent, à l’image des personnalités de chacun : lynx agile, libellule lumineuse, singe intelligent, caméléon rusé, dauphin attentionné, belette créative, hibou sage, faucon perçant, joli lapin, doux koala, mignon chaton, éléphant amical, renard sournois, coccinelle travaillante, grenouille folle, tortue ninja, chien enjoué, chat calme… Essayez d’associer les totems aux participants et intervenants! La réponse dimanche!

Après la tente et la cuisine, cap sur les pelles, les scies afin de créer un igloo! Chacun se voit attribuer une fonction spécifique, la coupe, la finition, le transport des blocs, etc. L’œuvre ne sera point complétée à la tombée du jour, mais demain, si la température le permet, nous la terminerons.

De retour à l’Attisée pour le souper pasta, pesto, prosciutto et tomates séchées, avec tarte aux bleuets pour dessert. L’heure de tombée sonne pour moi, entre deux devinettes « oui ou non ». De toute manière, je menais 3 à 0, alors je laisse la chance aux autres!

Daniel Blanchette de Victoriaville.

Oups! Non! Rébecca Fredette, blogueuse/ croqueuse de clichés de joie.
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Brandon-2

Nom : Brandon Colbert
Âge : 14 ans
Lieu de résidence : Dartmouth, Nouvelle-Écosse
Modèle : son père
Chanson qui l’inspire : I know de YG
Mot qui le décrit : Awesome
Passion : Basketball
Rêve : Voir la Grande Muraille de Chine

Maxime el Fuego-2

Nom : Maxime D’amour
Âge : 30 ans
Lieu de résidence : L’Anse-St-Jean
Profession : restaurateur/intervenant plein air/ébéniste
Modèle : Hubert Reeves
Chanson qui l’inspire : L’hymne de nos campagnes de Tryo
Mot qui le décrit : Malcommode
Passion : Apprendre
Rêve : posséder sa propre terre

2015-03-18: Jour 5: Ski hok’n’roll

Ascension

La fébrilité régnait à la table en cette fraîche matinée. Aujourd’hui, nous troquons les raquettes pour les skis hok… Nom exotique pour un sport d’hiver qu’il l’est tout autant. Aucun des participants, ne connaissait ce sport. Robert, le dynamique guide du parc, s’est fait une joie d’expliquer les rudiments de la pratique et de l’équipement, qui consiste en des skis plus courts que des skis alpins, avec des fixations souples à la manière des skis de fond et du télémark mais une adhérence qui se rapproche des raquettes. Tentant dites-vous? L’avant-midi s’écoule aussi rapidement que le vent qui fait virevolter la poudreuse, au grand bonheur de Mario et des skieurs en herbe. Pause lunch en compagnie de randonneurs, et, par la suite, la moitié du groupe, accompagnés de Robert, Mario et moi, entreprennent l’ascension jusqu’au Pic Dubuc, à une altitude de 980 mètres. Le sentiment de fierté est aussi fort que la brise, et les sourires immensément touchants. Nous explorons les deux versants du sommet, et le groupe amorce la descente hors piste. Votre humble blogueuse/photographe a choisi de prendre le sentier balisé et de les rejoindre au refuge, en immortalisant quelques paysages des pays d’en haut, espérant rencontrer un fameux arbre fantôme, mais en vain. Les jeunes, incluant Mario et Robert, au comble de l’excitation à la suite de leur descente, apparaissent, enjoués et heureux.

Déjà l’heure du souper. Congé de cuisine gastronomique internationale ce soir. Maxime, notre chef de feu, nous fait découvrir les joies de la cuisine lyophilisée, i.e., repas déshydraté auquel on doit ajouter de l’eau bouillante. Mais l’opération eau chaude fut un échec cuisant. Meilleure chance la prochaine fois El Fuego! Au moins tes brownies avec coulis de baies étaient succulents. Au dodo maintenant!

Rebecca Fredette, blogueuse / photographe
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Joshua

Nom : Joshua Alexander Trainer Tweel
Âge : 15 ans
Lieu de résidence : Stratford, I.-P.-É
Modèle : Carey Price
Chanson qui t’inspire : I lived de One Republic
Mot qui te décrit : Positif
Passion(s) : hockey et soccer
Rêve : Explorer le monde

Jérémy

Nom : Jérémy Girard
Âge : 15
Ville : Laterrière
Modèle : son frère
Chanson : Beautiful de Akon
Mot qui te décrit : sportif
Passion : Motoneige
Rêve : Avoir sa propre motoneige et en faire le plus souvent possible

Michel

Nom : Michel Tremblay
Âge : 50
Lieu de résidence : St-Honoré
Profession(s) : restaurateur/logisticien/chauffeur/harmoniciste
Modèle : Gilles Vigneault
Chanson qui t’inspire : Le vent nous portera de Les Charbonniers de l’enfer
Passion : Plein air
Rêve : Voyager en Mongolie

2015-03-17: Jour 4 « Quand faut y aller, faut y aller. Un break c’est pas un party »

Raquettes

Aujourd’hui est un jour de déplacement. En effet, nous quittons le confortable pavillon Antoine-Dubuc afin de nous rendre en raquettes dans la Vallée des fantômes.

Qui dit déplacement dit empaquetage (une fois de plus) qui sera par la suite amené en motoneige jusqu’au prochain refuge.

Un déjeuner continental de luxe (merci à Catherine pour l’expression), avec une mention spéciale aux œufs gratinés de Maxime ainsi qu’au pain aux fruits, comble les appétits avant le départ. De lourds flocons de neige s’amoncellent doucement à l’extérieur. « Une neige des sucres » explique poétiquement Mario. Je décide d’entamer la randonnée avant les autres afin de capter les sourires du groupe, impatient de connaître la mystérieuse vallée. Après deux heures d’ascension, nous apercevons le refuge des prochaines 48 heures. Elisa et Michael préparent les sandwiches au jambon et brie, tandis que nous nous réchauffons avec un bouillon de poulet (ou, selon Mario, de l’eau avec des graines). Le reste de l’après-midi sera consacré à l’édification de la tente et de la cuisine extérieure, à la préparation d’un abri en neige pour demain, mais, surtout, au sauvetage d’Elliot, tombé dans un trou de trois mètres dans lequel il s’était enfoncé, et ce, sous le regard amusé des autres participants, bien calés dans la neige. Au moment d’écrire ces lignes, Angelica, Maxime et Brandon s’affairent au ravitaillement collectif, cette fois d’inspiration française et indienne (soupe à l’oignon et poulet au beurre) avec, en guise de dessert, et au grand bonheur de Brandon, des brownies.

Mise à jour : le bonheur de Brandon fut de courte durée puisque les brownies seront dégustés demain!

Moment d’émotion : lors de la première journée, Catherine a remis aux participants deux paquets, un high (pour un moment de joie intense) et un low (pour redonner du pep aux troupes). Condition : l’ouverture des paquets requiert l’unanimité. Aujourd’hui le groupe a choisi de déballer le paquet low, car les participants étaient attristés que certains n’aient pu atteindre le refuge en raquettes en raison de la fatigue. La solidarité et l’entraide entre ces jeunes sont extrêmement touchants et inspirants. Je suis privilégiée de les côtoyer et de partager avec vous la grandeur d’âme de ces participants et de cette Fondation.

Morgan

Nom : Morgan Pertus
Âge : 16 ans
Lieu de résidence : Sydney, Nouvelle-Écosse
Modèle : Sa mère et sa tante
Chanson qui l’inspire : I don’t dance de Lee Brice
Mot qui la décrit : Timide
Passion : être sur le bateau de son père et près de l’eau
Rêve : Voyager à travers le monde, particulièrement en Italie et en Grèce

Elisa

Nom : Elisa Garcia
Âge : 18 ans
Lieu de résidence : Minden, Ontario
Modèle : ses deux grandes tantes, Nietta et Pat
Chanson qui l’inspire : Hope de Bob Marley
Mot qui la décrit : Créative
Passions : Art et la plage
Rêve : Voyager en Italie, dans les Caraïbes et l’Amérique du Sud

Marie-Ève

Nom : Marie-Ève Girouard
Âge : 26 ans
Lieu de résidence : St-Hubert, Québec
Profession : Infirmière
Modèle : Chris Martin
Chanson : Viva la vida de Coldplay
Mot qui la décrit : souriante
Passion : son travail
Rêve : Visiter l’Islande

Rebecca Fredette, Blogueuse/photographe

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2015-03-16: Jour 3 C’EST LA FAUTE DU VENT

Sourires de glisse

Une nuit de sommeil réparatrice. Un déjeuner copieux. Le matin frisquet, nous en étions convaincus, allait céder sa froidure à une température idéale pour nos activités hivernales. Le pavillon Antoine Dubuc, le luxueux chalet où nous logeons jusqu’à demain, impose sa noblesse de bois rond et surplombe le lac, notre terrain de jeux actuel. Un programme diversifié attend les protagonistes : pêche blanche, kite et camping d’hiver. Le groupe part à la conquête du lac gelé et entreprend de percer l’épaisse couche de glace, sous l’œil et les conseils avisés de Mario. Elliot crée même un nouveau style de pêche blanche : la pêche contemplative en position horizontale. Malheureusement, la truite ne sera pas au menu ce soir, puisque le poisson s’esquive des lignes. Le kite apparaissait salvateur, mais aucune brise à l’horizon.
C’est la faute du vent. Ou plutôt l’absence de celui-ci.

Mario, Hugo et Alex (les deux instructeurs de kite) improvisent une piste de glisse, un saut de neige et un soupçon de poudreuse pour amuser les participants. Une superbe idée, un franc succès qui a creusé l’appétit de tous, appétit comblé par la cuisine maghrébine des Bédouins Maxime et Michel. Une fois dévorés le taboulé, l’humus et les baklavas, les participants rejoignent Mario, Maxime et Michel (décidément de vrais hommes à tout faire) afin de monter la tente qui accueillera quelques téméraires campeurs. L’entraide est belle, la tente prend forme rapidement. La moitié du groupe se dirige ensuite sur le lac où une (très) timide brise permet de s’initier au kite. Le reste des comparses viendront un peu plus tard manier les câbles.

De retour au chalet, Michael et Elisa cuisinent une crème de brocoli et des pâtes au poulet sauce primavera. Dans quelques minutes, nous terminerons cette journée fort remplie par une discussion de groupe sous la tente, avant de sombrer dans les bras de Morphée, soit au chalet, soit dans la tente.

C’est la faute du vent.

Si les plus beaux sourires se sont imprégnés dans notre mémoire. Comme des polaroids de pure joie.

C’est la faute du vent. Merci pour cette journée.

Angelica
Nom : Angelica Demers
Âge : 15 ans
Lieu de résidence : Québec
Modèle : Sa mère
Chanson qui t’inspire :Nights de Avicii
Mot qui te décrit : Joyeuse
Passion : Séries télés
Rêve :Voyager partout

Mehdi
Nom : Mehdi Manda
Âge : 15 ans
Lieu de résidence : Ottawa
Modèle : Martin Luther King
Chanson qui t’inspire : Man in the mirror de Michael Jackson
Mot qui te décrit : sportif
Passion : arts martiaux (taekwondo)
Rêve : Prendre l’avion

Mario
Nom : Mario Bilodeau
Âge : Jeune de 61 ans
Lieu de résidence :Laterrière
Modèle : Nelson Mandela
Chanson qui t’inspire :What a wonderful world de Louis Armstrong
Mot qui te décrit : Esprit libre
Passion : Nature
Rêve : Emmener ses filles découvrir le monde

Rebecca Fredette, blogueuse/photographe

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2015-03-15: Jour 2 FOUILLIS, RAQUETTES ET COMPAGNIE…

Groupe

Des effluves de french cafe embaument l’air du chalet La Courtepointe ce matin. Croissants, fromage, yogourt, confitures et fruits pour faire le plein d’énergie en vue de la première randonnée.

Ici, chers lecteurs, notre alimentation se veut internationale. Outre le french cafe, Maxime lFuego et Michel nous ont sustenté, jusqu’à présent, à l’italienne, à la mexicaine et à la suisse. En vingt-quatre-heures! Que nous réservent-ils pour la semaine?

Une fois rassasiés, les participants reçoivent les explications de Catherine ainsi que le matériel nécessaire à l’expédition. Impressionnant de constater à quel point voyager léger ne doit pas être pris au pied de la lettre! Une chance que nos cuisiniers s’occupent également de transporter le gigantesque sac de transport de refuge en refuge afin que nous puissions vivre l’expérience sans courbatures! Un joyeux capharnaüm règne alors que tous organisent leurs bagages.

Une quiche et une soupe plus tard, le groupe entreprend la première randonnée jusqu’au lac des Pères, une boucle de 3 kilomètres servant à se familiariser avec l’équipement, les vêtements, la marche en nature. Et quelle nature se dresse devant nous : montagnes et forêt boréale, sous un ciel d’un bleu profond! Le silence se goûte, tout comme les chauds rayons du soleil.

De retour à l’accueil du parc, un Fantôme express nous attend, prêt à nous emmener derrière la montagne, lieu de boustifaille et de repos pour les deux prochains jours. Un autobus à chenillettes qui doit parcourir dix kilomètres en quarante-cinq minutes, sur une route cahoteuse et ascendante. Les participants profitent de l’occasion pour sommeiller. Une fois arrivés à bon port, un imposant chalet en bois rond surplombant le lac nous invite à nous prélasser devant un réconfortant feu de foyer, à déguster fajitas et fondue au chocolat. Une discussion de groupe, timide, mais respectueuse et agréable, suivie du loup-garou, clôt cette journée de découvertes, riches en émotions.

*** Ce billet, et les billets subséquents, présenteront chacun des participants et des intervenants afin que vous aussi fassiez partie de leurs aventures. ***

Michael

Nom : Michael Rumsby
Âge : 17 ans
Lieu de résidence : Cole Harbour, Nouvelle-Écosse, ville de Sydney Crosby
Modèle : Sonny Hicks, gardien de sécurité à son école secondaire
Chanson qui l’inspire : Snow, des Red Hot Chili Peppers
Mot qui le décrit : Aimable
Passion : Faire sourire les gens
Rêve : Vivre la vie au maximum

Sara

Nom : Sara Al Malouf
Âge : 17 ans
Lieu de naissance : Dubaï
Lieu de résidence : Toronto
Modèle : sa mère
Chanson qui l’inspire : Hero de Enrique Iglesias
Mot qui la décrit : aventurière
Passion : l’enseignement
Rêve : Tout expérimenter

Marie-Josée

Nom : Marie-Josée Dubois
Âge : Indéterminé
Profession : Médecin
Modèle : Gandhi
Chanson qui l’inspire : Amazing grace, version gospel
Mot qui la décrit : Foi en la vie
Passion : Contribuer à rendre le monde meilleur
Rêve : Redonner un espace de joie à travers un accompagnement innovateur en soins palliatifs

Rebecca Fredette, blogueuse/photographe

2015-03-14: Jour 1 Terres étrangères

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Cinq provinces, dix jeunes, huit intervenants, des centaines, voire des milliers de kilomètres nous unissent en ces terres étrangères. Inconnus en contrée inconnue pour la plupart. Mais déjà des liens se tricotent au cœur de cette nature grandiose qui nous dévoilera ses grandeurs et mystères hivernaux lors des huit prochains jours.

« Douce incertitude » dixit Mario, décrivant l’expérience que nous, participants de cette expédition dans les Monts-Valin au Saguenay, allons embrasser de nos joues rougies, de nos sourires satisfaits d’avoir repoussés nos limites, en raquettes, en ski, en kite et en traîneau à chiens.
Je dis nous. Mais ce sont eux, véritablement les protagonistes de ce blog.

Sara, Mehdi, Elliott, Morgan, Angelica, Jérémy, Brandon, Elisa, Michael et Joshua.

C’est en hommage à leur force, leur vivacité et leur enthousiasme que mes mots ainsi que mes images, vous raconteront leur périple, à la fois individuel et grégaire.

Sortir de leur zone de confort pour la redécouvrir entre arbres et montagnes, loin de leur chez-soi, de leurs repères. Les terres étrangères ne sont pas que géographiques…

Grâce au travail incroyable de Mario, Catherine, Michel, Maxime, Marie-Josée, Marie-Ève et Elaine, ces magnifiques jeunes connaîtront le plaisir, l’autonomie, le dépassement et la connaissance de soi, le partage et plus encore, au contact de la nature bienfaisante.
Que cette expédition, et surtout, que ces adolescents vous inspirent, lecteurs, à danser la vie, à la savourer comme eux, le feront.
En terres étrangères, le carpe diem règne.

Je vous invite à le saisir en notre compagnie.

Rébecca Fredette, blogueuse/photographe.

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2015-03-08: Jour 9

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Ce blog là, il s’adresse à vous, mes amis, participants et staff. J’aimerais lever un peu le voile de l’impersonnalité que je maintenais dans les dernières capsules pour vous parler un peu avec mon cœur. Ce matin, lorsque je suis partie en coup de vent, j’ai été emportée par une vague de nostalgie, mon cœur est resté coincé dans la porte de l’auberge de jeunesse. Dans ma voiture, j’ai été prise par le vertige de vous quitter aussi vite, par la déception de ne pas pouvoir faire Chicoutimi-Montréal, aller-retour juste pour être là, vous serrer dans mes bras au moment de partir, pour pouvoir profiter des derniers fous rire avec vous. Je n’ai cessé de passer en revue, les derniers 8 jours en votre compagnie, réalisant perpétuellement l’immense chance que j’ai eue de faire partie de ce groupe, formé d’une poignée de si belles personnes. Y’a dans ma tête, bien blottis dans ma mémoire, le souvenir de votre regard, débordant de vie, de curiosité et de volonté de vouloir en vivre encore plus. C’était vrai, pas des farces, que je vous trouvais beaux, chaque fois que j’immortalisais un paysage, un levé de soleil ou un moment particulièrement drôle, par biais de votre regard. C’est à travers ce dernier qu’on la retrouvait la beauté.

Ce que je trouve difficile en expédition, c’est souvent le retour, quoique cette fois-ci, les nuits en tentes arctiques ont également été un peu difficile! On revient à la maison le cœur papillonnant par ce qu’on vient de vivre, comme si on était retombé en amour avec quelque chose de très grand. Et on cherche comment l’exprimer, on aimerait partager à notre entourage ce qu’on vient de vivre. Ni les mots, ni les photos ne peuvent transmettre l’immensité de ce qui vient de nous pousser dans le cœur. Ça fait qu’on se sent loin, ça fait qu’en se réveillant le matin, on aimerait que Ding et Dong soient là, pour dire des niaiseries, on pourrait réentendre Marjorie rire aux éclats. On se demande qu’est-ce que Simon, dans les nuages, aurait bien pu égarer, comment Naïla réussirait miraculeuse à le retrouver. Quelle belle équipe, hein?! On se demande quel Everest Marika aurait envie de gravir ce matin, encore émue de l’avoir vu dépasser ses limites aussi intensément. On aimerait ça, sortir dehors pour aller réveiller Ludovic qui se serait creusé un trou dans notre banc de neige. On aimerait discuter avec Pierre-Luc qui avec toute la passion du monde pourrait nous parler d’écologie, d’allemand et d’escalade. Jeff, dans ces combines, pourrait ajouter une touche de philosophique et d’humour absurde à la conversation. On aimerait ça déjeuner avec Joanie, parce que c’est zen de déjeuner avec Joanie. On voudrait encore voir Ariane sortir de sa zone de confort en faisant des choses qu’elle n’aurait jamais imaginé faire, parce qu’elle le fait merveilleusement bien, Ariane, sortir de sa zone de confort en prenant soin de bien nous faire rire. On aimerait encore échanger avec Marie-Jo, pétillante, le regard débordant d’amour pour la vie –et pour son chien-, nous donnant l’envie d’aimer encore plus fort. Enfin, on aimerait ça que Mama Bear soit là, encore, pour nous organiser et nous recouvrir d’une montagne d’amour.

C’est le corps un peu engourdi par la fatigue, les muscles endoloris, particulièrement Ariane avec ces nouveaux biceps, mais complètement énergisée qu’on est tous retournés chez soi, après des adieux émouvants. On surf à présent cette vague, ce high. La tête pleine d’une énergie nouvelle nous permettant de gravir toutes les montagnes, faire des projets de fous, d’aimer encore plus, de voir autrement. Surfez cette vague là, profitez de ce débordement d’énergie pour faire et pour vous sentir être pleinement.

Je suis assise bien au chaud et confortable dans mon salon pour écrire ce dernier blog. De par la fenêtre, je vois au loin les Monts-Valin que je ne regarderai plus jamais de la même manière, elles m’enseignent à présent votre amour pour la vie.

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

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2015-03-07 JOUR 8 Festival canin

Repos à l'heure du dîner

C’est suite à une bonne nuit de sommeil que l’on quitte les remparts des Monts-Valin, théâtre de nos aventures aux mille décors fabuleux, complices de fous rires et de débuts d’amitié millénaire. Ce sont 984 mètres de dénivelé représentant une quantité de défis relevés, de dépassement de soi avec de la volonté à ne plus finir, pas que de simples montagnes.

On part ce matin du chalet de la Courtepointe, pour aller rejoindre nos mushers François, Dominique et Théodore qui nous attendent avec leur meute de 60 chiens, dont la plupart circulent librement. Le spectacle de tous ces chiens en liberté est impressionnant, tout comme l’odeur et le bruit qu’ils produisent. On reçoit un briefing nous expliquant les rudiments de la conduite du traineau à chiens et les règles de sécurité de base. Puis, c’est dans un vacarme assourdissant que l’on décroche les traineaux auxquels les chiens sont attelés, particulièrement agités à l’idée d’aller courir. Une fois tous les chiens détachés, on file, deux par traineaux, sur les sentiers. Les chiens se taisent, heureux, il ne reste que le bruit de la neige sous le téflon des patins, l’halètement des chiens et la neige qui tombe doucement.

On s’arrête vers l’heure du dîner dans un chaleureux chalet en bois rond, dans lequel le feu crépite et la table est montée. Le diner est fabuleusement délicieux. Goldorak, vieux loup connaissant les habitudes de la maison, attendant patiemment sur le balcon, se fait un plaisir de terminer les assiettes au moment venu. Il dévore les restes de poulet, daignant le couscous aux légumes.

La journée se poursuit dans la pureté du moment présent que nous saisissons à notre façon. En rebaptisant les chiens qui ont des noms étranges. C’est ainsi que Kinak devient Quinoa et Oumiak, Hamac. En s’amusant à deux sur les patins du traineau ou encore en balançant ce dernier ainsi que son partenaire dans les bancs de neige lors de virages trop serrés. De retour au point de départ, on fait une séance de zoothérapie avec les petits chiens, personne, même pas notre Doc, ne résiste à leur douceur.

Enfin, on retourne à Chicoutimi pour y passer la nuit à l’auberge de jeunesse. On soupe dans un petit restaurant du coin où règne une ambiance festive. On ne sait trop comment l’expliquer, mais tout et rien est opportunité pour s’esclaffer. On en ressort avec de la légèreté au cœur, un petit mal de tête d’avoir trop rit et Joanie, avec les restants de table.

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2015-03-06: JOUR 7 Départ alpin et chapelet de point de vue

La beauté réside dans l'oeil de celui qui regarde

Il est 4 :00 du matin. Le soleil n’a pas encore point l’horizon que le groupe se réveille avec Bob Dylan qui nous pousse un « don’t think twice, it’s allright » plutôt adéquat pour un éveil aussi matinal. C’est à la lueur de la pleine lune et des lumières frontales que nous finissons d’empaqueter le matériel et que nous procéderons aux derniers préparatifs. On mange un bout de pain, histoire d’avoir assez d’énergie pour se rendre jusqu’au point de vue du Pic de la hutte, une montée de 1km, sous un frigorifiant -35C. Il fait froid comme s’il n’y avait pas de lendemain! La montée est difficile pour certains, la fraîcheur de l’air, c’est peu dire, a l’avantage de réveiller ceux qui étaient encore endormis. À 100 pas du refuge de la dernière nuit, que notre cher guide Jeff a bien tenu au chaud, c’est le moins qu’on puisse dire, on voit poindre au loin la ville de Saguenay encore endormie et illuminée dans la nuit. La lune, belle, veille à nous offrir un spectacle d’une simplicité singulière. On arrive au sommet à l’aube, le ciel est rosi par le soleil qui est toujours sous la ligne d’horizon. C’est une douce lumière enveloppante qui nous accueille, on oublie qu’il est si tôt, qu’il fait si froid. On cueille l’horizon qui s’offre à nous, dans son immensité et sa splendeur, une minute de silence pour s’imprégner et simplement vivre ce moment particulièrement magique. La beauté réside dans l’œil de celui qui regarde.

On s’arrête par la suite au refuge du Pic de la Hutte, où l’on prend notre petit déjeuner, profitant de la vue bien au chaud derrière les fenêtres ornées de givre.

La journée se poursuit en dévalant, déboulant pour les plus énervés, le dénivelé des Monts-Valin sur le sentier des Pics. On passe par un chapelet de point de vue sous une météo des plus clémentes qui nous permet de voir loin devant. La température augmente tranquillement, au cœur de la vallée, on sent la chaleur sur notre visage!

Ce soir, c’est avec un pincement au cœur que Michel et Simon quittent le reste du groupe. On a partagé de bons moments en leur compagnie. Simon, en quittant, exprime sa gratitude envers les participants dont l’implication fut vraiment appréciée. Créateur de leur succès, sont les termes qu’il emprunte. Des mots qui sont justes.

Enfin, on s’échange du gâteau au fromage en échange de belles paroles. Puis, on poursuit la soirée avec le retour final. Chaque participant, un à un, s’exprime à l’aide d’un mot. Chaleur, aventure, équipe, hors limite, implication, chance, beauté, au-delà, plaisir malgré les défis, découvertes, reconnaissance, rire, réalité et courage sont les mots, garant de plénitude, empruntés pour décrire l’expérience qui vient d’être vécue.

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2015-03-05: Jour 6 Levée du camp d’hiver, direction refuge 5 étoiles

Photo de Rock Star

Ce sont les yeux un peu froissés, traces de sac de couchage dans le visage, qu’on se réveille de cette deuxième nuit qui fut plus froide que la dernière. Malgré la température et la fatigue musculaire de la journée de ski de la veille, certains mouvements audacieux ayant réveillés des muscles dont on ne connaissait pas l’existence, les membres de l’expédition sont d’une efficacité légendaire pour démonter le campement. Une fois le petit déjeuner pris dans le confort du Richard’s palace, c’est une armée qui s’attaque à remettre le campement dans l’état dans lequel nous l’avions trouvé. En peu de temps, l’environnement oublie le passage du groupe, mais dans la mémoire de ce dernier, on est loin d’oublier les moments passés sur ce campement, aux berges de la Baie d’Alexis! On part, ça sent le confort du refuge au loin, il y a 6,5km à faire pour s’y rendre.

La montée vers le refuge du fantôme, même sentier que celui emprunté la veille, se fait cette fois-ci sous un soleil éclatant. On a l’impression d’évoluer dans une photo de carte postale de Noël. À chaque tournant, on s’impressionne encore de la quantité étonnante de neige, de la vue imprenable sur la vallée, de la beauté des arbres fléchis par le poids de la neige. On n’a pas fini de s’émouvoir de la beauté du paysage à en faire grandir l’âme.

Arrivés au refuge le fantôme, notre dîner, qui devait arriver par motoneige, se fait attendre. On se voit donc dans l’obligation de prendre un bain de soleil de midi. La vie est dure pour les aventuriers! Puis, une fois le diner enfilé dans la convivialité et la chaleur du refuge, on reprend la route. Il reste 4,5 km à faire avant d’arriver au refuge dans lequel nous dormirons ce soir.

On reprend le sentier, le pied léger. On s’arrête à chaque arbre, à chaque descente pour regarder les gars résolus à dévaler la pente à toute vitesse et dans des positions improbables à la recherche de sensations fortes, à chaque point de vue pour une photo, à chaque flocon. Bref, on évolue sur le sentier sans même se rendre compte qu’on avance. Marika, avec une attitude de super-héro, dépasse ses limites en affrontant le dénivelé important de certaines descentes. , À mesure que les kilomètres avancent, motivant les derniers pas, l’espoir du refuge chauffé, de la bécosse et du bain à la débarbouillette, nait tranquillement dans l’esprit de tous

Arrivés au refuge Le Pionnier, l’excitation est palpable. Le luxe relatif du chalet et le coucher de soleil rosé font planer un état d’euphorie sur le groupe. La beauté d’avoir eut un peu froid réside dans la réalisation de l’importance des choses simples prises pour acquis.
Ce soir, le groupe se couchera tôt car demain on prévoit un réveil à 4:00 pour un départ alpin. On vise le sommet du Pic de la Hutte pour le lever du soleil.

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2015-03-04 JOUR 5 Éclats de rire et percée de soleil

Naïla subitement ensevelie

Les rires ont fusé d’entre l’épais couvert nuageux qui surplombait les Monts-Valin à partir de l’instant où les membres de l’expédition ont mis dans leurs pieds les skis-hok –hybride entre le ski et la raquette-. L’immense tapis de poudreuse permettant les manœuvres de ski les plus improbables et les descentes les plus téméraires, c’est sans crainte et avec toute la confiance du monde que l’on s’est lancé dans le festival de la chute. Les unes plus hilarantes que les autres, la face direct dans la neige, le ski prit dans la racine – corps propulsé vers l’avant, le jeu de bowling dans la montée, le baiser du naturaliste avec le sapin à sa première descente ou une des nombreuses fois où Dawson a chuté, sa go-pro filmant l’état de déséquilibre puis le contact éminent avec la neige. La palme revient par contre à Naïla, infirmière de l’expédition, qui, tout bêtement avait décidé d’emprunter un chemin différent que celui longeant la falaise, proposé par le guide. L’instant suivant, elle disparait sous l’épais tapis de neige. Puis, l’éclat de rire strident de Catherine. On retrouve Naïla, du haut de ses 172 cm, complètement ensevelie sous la neige. Ayant passé trop près d’un sapin qui semblait si petit, le sol s’est dérobé sous ces pieds. Après un temps à essayer de se libérer de son trou, Biquette reçoit de l’aide du guide qui, pelle à la main profitait tout autant que nous de la scène hilarante. Dans son sac de couchage, couchée tout près de moi, Catherine rit encore.

Et la tempête qui nous a talonnés encore toute la journée. Une tempête à en battre des records, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, mais presque. Le vent, la neige formait une équation gagnante de poudrerie pour créer une atmosphère d’expédition de montagne. Puis, en fin de journée, pour nous gâter un peu, on voit apparaître un haillon de ciel bleu à travers duquel le soleil essaye tant bien que mal d’y faire pénétrer deux-trois rayons. La vallée des fantômes s’illumine alors, les arbres alourdis par la neige en créatures étranges sous les projecteurs. Au loin, le ciel de tempête noir crée un contraste de lumière impressionnant.

Ce soir, c’est au Richard’s Palace que le souper prend place, on y déballe un « high », une surprise à déballer lorsque l’ensemble des membres de l’expédition vivent un moment particulièrement bon.

Une nuit froide qui s’annonce au campement. Le ciel est étoilé, la lune presque pleine. Marika de ces sages conseils poétiques nous dit qu’il faut éviter que la panique pogne dans l’grelot!

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2015-03-03: Jour 4 Le geai gris apprivoisé

Joanie apprivoisant les geais gris

C’est un soleil radieux, excité de débuter la journée, de paire avec un cristallisant -20 degrés qui nous attendent ce matin en nous levant. La journée débute par une prise de décision d’équipe concernant le parcours de cette journée de déplacement. On décide d’emprunter le chemin longeant le grand lac Martin-Valin, puis la rivière bras-des-canots, pour enfin aboutir sur la Baie d’Alexis. On le suppose riche en paysages époustouflants. Ce sera, par contre, le chemin qui sera le plus long et surtout le plus difficile. Après la journée « enblizzarée » d’hier, on s’attend à devoir évoluer sur un sentier plutôt enneigé. Le but de la journée est de progresser en équipe, on prend donc les mesures nécessaires pour rester groupés.

Levé du campement que l’on occupait au cours des deux deniers jours, de dodus geais gris viennent nous saluer pour l’occasion.

On prend par la suite la route en fin d’avant-midi. Le soleil est un délice, les rayons sucrés nous caressent le visage. Dans les sentiers, les arbres ployant sous la légèreté de la neige créent un spectacle d’ombres, dentelles délicates sur le tapis hivernal. Ce dernier nous porte sur un sentier surélevé de deux mètres, permettant un tout nouveau point de vue sur la nature environnante.

Petit vertige en arrivant au campement. Difficile de visualiser que sur ce champ de neige, on sera, dans quelques heures, au chaud et assez confortable pour se laisser cueillir par le sommeil. C’est le sublime du camping d’hiver, l’instant où cette incertitude laisse place au sentiment de confort et de bien être. On monte, en équipe, les trois tentes arctiques qui seront notre refuge pour les deux prochaines nuits. Lentement, l’esquisse d’un campement invitant et chaleureux se dessine. L’heure bleue s’installe sur la Baie d’Alexis, ça sent le feu de bois et le confort des tentes chauffées au cœur de l’hiver. On boit une tasse de chocolat chaud à cette belle journée, à ces rencontres enrichissantes. Puis, tranquillement, la nuit tombe et on allume les fanaux dans nos tentes en lanternes chinoises.

Étonnant, le temps semble avoir filé, déjà rendu à mi-parcours, et bercé par le sentiment de se connaitre depuis longtemps. On s’installe dans la tente cuisine, baigné d’une ambiance d’expédition nordique, le poêle à bois craque, le vent nous bourrasque et on entend la neige tomber lourdement. S’ensuit un échange entre les membres d’expédition, donnant leurs impressions sur ce qu’on vient de vivre, ainsi que les attentes par rapport à ce qui s’en vient. C’est avec curiosité qu’on entrevoit la seconde partie de l’expédition.

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2015-03-02: JOUR 3 Taquinons la truite et chatouillons Éole

Journee de cerf-volant sur le lac Martin-Valin

Petit matin tranquille, 6h30, il neige encore des peaux de lièvres sur le lac Martin-Valin. La légèreté avec laquelle tombent les flocons apporte de la douceur à la scène. Ça sent la quiétude du sommeil, pas même le vent ne s’est levé ce matin. La vie sur notre campement, perché au sommet des Monts-Valin, se réveille tranquillement d’une nuit réparatrice, particulièrement pour ceux qui ont osé dormir au grand air dans la tente arctique.

Déjeuner enfilé, on sépare le groupe en deux pour les activités de la journée. Au programme, du cerf-volant et de la pêche blanche.
C’est sur le lac que l’on rejoint Hugo et Raphaël, de Progression Kite, venus nous initier au pilotage de cerf-volant. Au loin, ils nous titillent, gonflant leurs voiles au vent, percées de couleur dans la journée blanche. Les membres de l’expédition, un à un, s’y initient tranquillement, apprivoisant le vent qui souffle particulièrement en rafales sur ce lac encavé dans les montagnes. « High on kite » sont les mots sur leurs lèvres au retour de l’activité. On le lit dans leurs yeux, l’ébahissement de celui qui a porté au bout de ses bras, l’instant d’un moment, la force du vent.

La pêche blanche, animée par Jérémie, nous permet d’échanger tranquillement en surveillant les brimbales qui s’agitent au vent et sous l’effet de la truite qui chatouille le vers au bout de son hameçon. Reste que l’excitation nous rejoint à tous coups lorsque l’on sort, de sous cette épaisse couche de glace qui semble être un environnement inhabité et hostile, une petite truite. C’est avec quatre ombles chevaliers, gonflés de fierté, que l’on revient au campement.

C’est en après-midi qu’Éole se réveille, soulevant dans son sillage toute la neige fraîchement tombée et celle qui tombe encore. En moins de quelques minutes, les repères autour du lac sont quasi-inexistants. C’est le blizzard! On se fait aussitôt transporter au beau milieu d’une tempête arctique au-delà du 70ième parallèle, le voyage est impressionnant. On reste en groupe, nid de confort sécuritaire au cœur duquel on peut continuer à participer aux activités tout en restant bien impressionné par les éléments qui se déchaînent autour de nous.
Et la journée qui se couche lentement sur le campement, tout comme le vent. On devine une nuit qui sera froide et un lendemain ensoleillé.

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2015-03-01: JOUR 2 LE SUBLIME DE L’AVENTURE

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Au réveil, douce surprise de les voir ces montagnes qui nous veillaient même sous la nuit noire. Ils sont beaux les Monts-Valin tranchant de leur blancheur le ciel azuré. Ils sont là comme plusieurs choses immenses qui existent même si elles ne sont pas saisies par le regard.

Chaudement animée par nos guides, nous débutons la journée par une séance d’information sur le matériel d’expédition hivernal. Trucs
et astuces sont généreusement offerts et explicitement démontrés pour permettre aux participants de partir bien organisés pour l’aventure. On prépare les bagages qui nous suivront au cours des 6 prochains jours.

Ensuite, petite randonnée en après-midi, histoire d’apprivoiser la marche en forêt et le nouveau matériel. Direction le lac des Pères, lieu de rencontre idéal pour échanger en groupe sur le concept de l’aventure qui, pour la plupart des participants, se situe là où les limites sont atteintes; là, hors de la zone de confort. On élabore sur le sublime de la limite entre l’extraordinaire et le terrifiant, extrapolant sur la dose de courage nécessaire pour se lancer dans pareille aventure!

Par la suite, la navette « le fantôme express » nous transporte jusqu’à la vallée des fantômes. En haut, nous y attendent Simon et Michel qui, par motoneiges, nous transportent dans des traineaux filant à travers les derniers 4 kilomètres de sentier. Arrivés aux refuges, le boréal et la sauvagine, campement pour les 2 prochains jours. Il reste suffisamment de temps pour monter la première tente arctique et finaliser l’organisation du campement.

Au cours du souper d’inspiration « fiesta mexicana », certains participants, Richard et Dawson, pour ne pas les nommer, s’adonnent à une étude profonde sur l’équilibre. Ils finissent par en conclure que certes celui qui ne risque rien n’a rien mais que celui qui se risque à empiler des bouteilles d’eau pleines et ouvertes, se risque à se mouiller les pieds.

Enfin Joanie, Ludovic et Pier-Luc sont les courageux qui braveront le froid et baptiseront la tente arctique sous une petite neige qui tombe légèrement tapissant les rives du lac Martin-Valin.

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2015-02-28: JOUR 1 LET MOUNTAIN TALK

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C’est au pied de ces imposantes montagnes, emblématiques de la région du Saguenay, Québec, que se sont réunis huit jeunes adultes venant d’un bout à l’autre du pays. De Vancouver à St-John. Certains voyagent depuis hier pour être au rendez-vous ce soir, au chalet de La Courtepointe dans le Parc des Monts-Valin. Des milliers de kilomètres pour les séparer et la vie pour les unir.

La longue route pour la plupart et un premier souper « fine cuisine Italienne » entre membres de l’expédition, ont permis de briser la glace, de faire les premières présentations. Puis, la soirée se poursuit avec une discussion de groupe où l’on élabore sur le thème du respect, fondement essentiel d’une expédition réussie.

Enfin, avant de distribuer le matériel, les guides Jeff et Catherine, le doigt sur la carte, tracent l’ébauche de l’aventure qui nous attend. Un parcours ponctué de mots et de noms inconnus, de paysages à capturer et de défis à relever.

C’est sous un ciel étoilé, cristallisé par un poignant -20C et baigné par la froide lumière de la lune, que s’endorment, bien au chaud contre le poêle à bois du chalet, les membres de l’expédition avec pour rempart, les montagnes en gardiens immuables.

À présent, laissons l’immensité du paysage nous imprégner et « laissons la montagne parler ».

Isabelle Robinson, blogueur et photographe

2014-10-13 Jour 4 Deux cent mille coups de pagaie plus tard…

On mérite bien une petit pause au soleil

La nuit s’est achevée lorsque Michel et Catherine ont entonné l’hymne de la Fondation Sur la pointe des pieds pour réveiller tout le monde dans la tente. Dur réveil, il est tôt et la partie de cartes s’est éternisée hier. Ce matin encore le soleil brille de tous ses rayons et illumine tous les paysages qui nous entourent. Le petit déjeuner est vite englouti ce matin, nous devons partir tôt pour être à l’heure aux rendez-vous que nous avons donnés aux parents. Je parie qu’ils ont hâte de nous revoir!

Ce matin c’est au tour de David de jouer au capitaine du rabaska, il ramène tout le monde jusqu’à la plage du Camp Air Eau Bois, notre point de départ. Ces derniers coups de pagaie immortalisent cette fin de semaine mémorable pour nous tous. C’est maintenant l’heure de démêler tout le matériel d’expédition et d’empaqueter le camion avant de prendre une douche chaude bien méritée.

Un dernier repas à la cafétéria avant de reprendre la route pour rentrer à la maison. Je croyais que la fatigue aurait eu le dessus sur nos jeunes pagayeurs, mais l’énergie était à son maximum sur le chemin qui nous rapprochait de Gatineau. C’est avec de la musique à tue-tête et des fous rires que nous sommes arrivés au premier point de rencontre. C’est le moment de dire au revoir à Mehdi et à Anthony qui nous quittent avant les autres. Chaque minute compte lorsqu’on approche de la fin, jusqu’à Montréal, les jeunes discutent, rient et échangent. Le moment des adieux est arrivé, David, Jonathan, Sébastien et Gabrielle se saluent une dernière fois en se promettant bien de se revoir un jour, peut-être même lors d’une longue expédition de la Fondation Sur la pointe des pieds.

Chacun repart vers la maison avec la tête pleine d’histoires et le cœur gonflé de nouvelles amitiés. Merci à l’équipe incroyable qui nous a accompagnés tout au long de ce projet: Linda Hershon et Christiane Friedrichi, infirmières, Mario Bilodeau et Virginie Gargano, nos cuisiniers, bagagistes et support sécurité. Merci aussi au Camp Air Eau Bois et à son grand totem qui nous ont accueillis comme des rois et qui nous ont offert la plus belle météo de tout le mois d’octobre!

Bon courage et bonne route mes amis!

Catherine Provost et Michel Leblanc, chargés de projets

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2014-10-12: Jour 3 Le tour de l’Ile

On est fou et on aime ça!

Malgré la température qui est descendue sous zéro la nuit dernière, tout le monde a dormi au chaud dans son sac de couchage en duvet. Au petit matin, le contraste de température entre l’eau et l’air nous a donné un beau spectacle à regarder dans la lagune de l’île verte. Après un copieux déjeuner au coin du feu, nous avons pris le temps de regarder la carte et d’évaluer nos options pour la journée. Notre petite communauté fonctionne sous un régime démocratique. Suite au vote, la majorité l’a emporté, aujourd’hui nous ferons le tour de l’île Mystérieuse.

Avant de repartir à l’aventure, il faut bien sûr démonter le campement, le travail d’équipe nous permet d’être prêts à partir tôt pour profiter de la journée. Juste avant d’embarque dans notre rabaska, c’est l’heure de la photo officielle de groupe. Nos premiers coups de pagaie nous réchauffent et les rayons du soleil aussi, nous en profitons pour faire une petite pause collation en se laissant tranquillement dériver. Notre escale du dîner se fait sur une grande plage appelée «Los Palmos» où il fait bon se faire bronzer et jouer quelques parties de Ninja pour se dégourdir les jambes. Nous reprenons notre navigation, avec Jacob pour capitaine, afin de terminer notre grand tour de l’Île Mystérieuse et se diriger vers notre site pour la nuit.

C’est avec plus de facilité et de rapidité que le campement s’installe ce soir. Nos jeunes voyageurs trouvent même l’énergie de relever le défi d’allumer chacun un feu. La pointe où nous sommes installée pour la nuit offre une vue spectaculaire que nous pouvons observer durant le repas. Malgré le succulent souper, tout le monde a trouvé un peu de place dans son estomac pour un morceau de tarte ou deux ou trois…

Avant de terminer la soirée par de grands fous rires lors d’une interminable partie de cartes, chacun à échangé sur ce qui les rendait fier et sur ce qu’il avait apprécié de son expédition. De beaux partages ont eu lieu et plusieurs ont dit être vraiment heureux d’avoir tissé de belles amitiés. L’aventure s’achève bientôt, mais il reste encore une belle journée à partager tous ensemble.

Catherine Provost et Michel Leblanc

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