2015-07-15 Jour 12: Épilogue

C’était notre dernière journée. C’est aussi le dernier blogue de l’expé.

Mais une nouvelle expédition débute. Beaucoup plus grande, beaucoup plus importante. L’expédition de la vie. Nos jeunes sont de retour à la maison, prêts à repartir pour celle-ci, dorénavant munis de nouveaux outils dans leur sac à dos.

En fin de soirée, je tombe sur le journal de bord des jeunes. Il s’agit d’un bouquin qu’ils sont appelés à noircir d’histoires de toutes sortes, d’anecdotes, de dessins, de poèmes, bref, de ce qu’ils souhaitent. Je me permets de terminer ce blogue en leur laissant la parole, vous livrant quelques extraits de leurs écrits. Ils sont vraiment beaux ces jeunes. En dehors comme en dedans.
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LES EXTRAITS :
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Le voyage, c’est sortir de sa cage
Oublier la rage
Qu’on a laissé dans notre sillage.
Tel un mirage,
On aperçoit le rivage.
Un bon présage
Chassant les nuages
Permettant de tourner la page
Vers un avenir plus sage.
………………………….……
Traverser l’océan
Aux travers des vents
Oublier ses tourments
Avec le temps passant lentement
Laissant une traînée de sang
Disparaissant avec le courant.
Le voyage finissant
Avant d’en devenir dément
On reprend son rang
En se remémorant
Les grands moments importants
Et en revenir plus grand.
……………………………….
Rien n’est permanent. Cette réalité est amplifiée dans une expédition où tout le monde habite loin de l’autre.
À l’heure du retour, je vais me rappeler de vous tous. Avoir une partie de vous en moi. Que ce soit le staff ou les participants, tout le monde a été extrêmement attachant et je vais regretter de devoir quitter tout le monde.
C’est cependant ainsi que ça doit être, cela permettant de reconnaître la valeur de l’amitié et de la symbiose en groupe. Merci tout le monde pour les souvenirs!
…………………………………………………
On sait quand nous sommes heureux : quand le monde avec qui on est, tout est parfait, et les moments ne peuvent qu’être cool.
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Envoyez-moi en aventure
On va s’faire du fun, ça c’est sûr
Envoyez-moi en aventure
Même si ça doit être dur.
J’prépare mes choses pour demain.
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Pour être heureux, la solution est simple. Profitez du moment présent et de la compagnie des autres.
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Un grand merci de nous avoir suivi, un merci tout aussi grand de vos bons mots, mais surtout, merci à vous les jeunes. Vous m’avez vraiment apporté beaucoup. Beaucoup plus que vous ne pouvez le pensez. Je ferai un meilleur père grâce à vous. Je vous embrasse. Bien fort.

PS Sébastien! L’autobus est arrivé!

2015-07-15_J-Charles Fortin, blogueur et photographe pour la Fondation

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-14 Jour 11: Comme une odeur de fin…

2015-07-14_05_Souper festif

Décidemment, la chaleur des Nords-Côtiers n’a pas de limite… Claudine (tout le monde se rappelle de Claudine, n’est-ce pas? La crème glacée, les bonbons et tout le tra-la-la?…) nous a remis ça ce matin. Croyez-le ou non, elle s’est pointée à notre campement à 5h30 AM pour nous apporter jus, muffins et confitures maison à déguster sur la route! Déconcertant de générosité!

6h00, allez hop! Dans l’autobus pour rebrousser chemin, direction La Malbaie où nous passerons la nuit à l’Auberge de jeunesse. Le trajet se fait sans encombre, hormis quelques sites de construction qui ralentissent notre progression. Nous effectuons quelques arrêts qui nous permettent par ailleurs de réaliser que la température augmente drastiquement au fil des kilomètres. Si nous portons nos tuques à Mingan, on a envie de se promener en maillot de bain à Port-Cartier, quelques 250 kilomètres en amont! Fait cocasse : on y revoit Marc Charron et sa conjointe, les kayakistes de l’Outaouais qui ont pagayé les îles en même temps que nous, mais en sens inverse (ceux-là même qui n’arrivaient plus à se trouver un terrain de camping car nous avions tout réservé, vous vous rappelez?). Eux aussi sont sur la route du retour.

On passe le temps comme on peut dans l’autobus. Francis et Émile composent des charades, Layla et Madison font des combats de semelles de souliers, certains dorment (à peu près tout le monde à tour de rôle à vrai dire, sauf le chauffeur). Les choix musicaux sont des plus éclectiques, passant de AC/DC à Nicky Minage, en passant par Imagine dragon, Loco Locass, Jason Mraz, Coldplay et bien d’autres.

Nous arriverons à La Malbaie autour de 17h00. L’Auberge de jeunesse est située aux abords du fleuve et une inspirante terrasse le surplombe. Nous y dégustons un festif et délicieux barbecue (ben…pas le barbecue comme tel, mais plutôt son contenu…), profitant de la brise tiède et surtout, de l’absence tant attendue d’insectes piqueurs. En retrait, je les observe : ça parle fort, ça rigole, ça se remémore les moments marquants du voyage. C’est vraiment beau de voir la lumière dans leurs yeux… À la toute fin du repas, nous réservons une surprise à Marc-André dont c’est l’anniversaire : bien évidemment, un gâteau!

Nous nous retrouvons par la suite sur le parterre de l’auberge pour y faire un dernier partage. Nous y distribuons les certificats de l’aventurier, des pierres identifiées à chacun d’eux comprenant également le mot qu’ils ont choisi lors du cercle de partage d’hier soir, et, encore plus symbolique selon moi, nous coupons l’une des cordes utilisées dans l’expé pour en faire des bracelets. Pour toujours et à jamais, par l’aventure et l’amitié, nous sommes liés.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-13 Jour 10: Adieu les Iles!

2015-07-13_20_Groupe!

L’un des nombreux avantages à enlever les montres et I-machins aux jeunes en début d’expé, c’est qu’on peut les réveiller à 5h30 et ils ne le savent pas. Ce que nous fîmes ce matin.

Signe que le modus operandi commence à entrer, Francis et Émile sont prêts à 5h50. Enfin, ils ne sont pas vraiment prêts mais ils descendent néanmoins à la cuisine… Et signe que l’expé commence à user les réserves d’énergie du groupe, les jeunes ne semblent vraiment pas motivés à enfiler leur combinaisons isothermiques (aussi connues sous le nom de « wet suit » ou encore « ouette soute » si vous habitez le 418 comme moi). Pourtant, et pour une rare fois durant cette expé, le soleil brille de tous ses feux et nous invite à plonger nos pagaies dans l’eau miroitante. Ce que nous fîmes également.

Une distance relativement courte séparait notre campement de notre point d’arrivée final, Havre-St-Pierre. Nous la compléterons en un peu plus d’une heure, bien évidemment en affrontant quelques vents de face, une fois de plus. C’est dans un mélange d’excitation, de soulagement et de nostalgie que nous mettons pied à terre. On s’enlace, on se prend dans nos bras, on est fier! Le directeur du parc national de l’archipel de Mingan et la responsable du service de l’accueil sont aussi là pour nous accueillir et nous féliciter. Mieux encore : informés de notre expédition par les médias, de nombreux passants nous félicitent pour notre expédition, soulignant au passage le courage, la détermination, la résilience des jeunes. De quoi se bomber le torse d’orgueil! Pour en rajouter, la radio locale nous demande d’aller faire une entrevue; Catherine, Jacob et David prendront le micro au nom du groupe.

Nous nous rendons par la suite à un bâtiment central du village abritant le poste d’accueil du parc, celui du Service maritime Boréal (merci encore pour la navette fluviale gratuite!), un petit café, de même qu’un centre d’interprétation portant sur les îles. L’objectif est de mettre des vêtements secs et de faire la visite du petit musée. Des ordinateurs publics sont toutefois disponibles tout juste à côté de l’entrée… En moins de deux, il n’y a plus un seul poste de disponible! Les jeunes se ruent sur Facebook!

Nous prendrons le lunch sur une fort jolie terrasse surplombant le port et nous recevons une fois de plus la visite des représentants du parc. Ceux-ci arrivent équipés de souvenirs de toutes sortes qu’ils remettront aux participants : casquettes, bouteilles réutilisables, buffs, épinglettes, guides… Quelle belle générosité! On voit bien toute la chaleur des nords-côtiers! Grand merci!

Nous quittons Havre-St-Pierre en direction du village de Longue-Pointe-de-Mingan où nous monterons notre campement pour la nuit, au même site de camping que lors de notre arrivée il y a un peu plus d’une semaine. On lave le matériel de groupe, on le fait sécher, mais surtout, ON se lave! Qu’il fait bon de prendre une douche!

Au camping, nous sommes des vedettes! Les autres campeurs ont entendu parler de notre périple et viennent nous féliciter. Certains nous donnent des guimauves à faire griller autour du feu; d’autres nous prêtent ballon de soccer, ballon de football, gants de baseball… Nous sommes aussi frappés de plein fouet par la générosité de Claudine, la propriétaire de la Cantine Nat et du bar laitier chez Marina, qui nous offre une tournée de crème glacée pour tout le monde! En repartant de son bar laitier, elle nous remet aussi un grand sac rempli de bonbons et friandises de toutes sortes. Ayant elle-même dû composer avec un lymphome de Hodgkin il y a de cela quelques années, elle se dit grandement touchée par la mission de notre fondation. Merci Claudine!

De retour au site de camping, on se rassemble autour du feu. Cette soirée marque en quelque sorte la fin de notre expédition puisque nous reprenons la route demain. On en profite pour tenir un cercle de discussion. Tous, jeunes comme adultes, sont appelés à identifier un mot qui représente leur expérience des derniers jours. Agréable. Incontournable. Amitié. Ouverture. Inoubliable. Riche. Famille. Fantastique. Apprentissage. Montagnes russes. Apprendre. Différent. Symbiose. Musique. Mystérieux. Cadeau. Inconnu. Partage.

J’ai envie d’en ajouter un : vieilles âmes…

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-12 Jour 9: Journée de congé (pour vrai cette fois-ci!)

2015-07-12_18_Groupe!

Lorsque les vents contraires, la pluie et la fatigue accumulée se conjuguent au présent imparfait, il faut savoir prendre le recul nécessaire, aussi connu sous le nom de congé. Ce que nous fîmes aujourd’hui.

Dans les circonstances, nous avons pris la décision de laisser dormir les jeunes, question de les laisser se remettre de leur grosse journée d’hier de même que des moustiques qui leur ont piqué quelques minutes de sommeil ça et là. Qu’à cela ne tienne, Charles-Henri et Émile se sont tout de même pointés à la cuisine dès 8h00; Francis et David viendront les rejoindre quelques minutes plus tard. Les autres sortiront du lit - d’accord, s’arracheront de leur matelas de sol… - à 11h00, c’est-à-dire lorsque nous sommes allés les réveiller…

Nous débutons la journée par un brunch musical animé par Catherine à l’ukulélé et par presque tout le monde à la voix. Beatles, Joe Dassin, Bernard Adamus et bien d’autres feront vibrer les murs de notre abri-cuisine. Marie-Joel anime par la suite l’une de nos activités liées à notre programme d’intervention. Il s’agit de nommer une force que l’expédition a permis de révéler : « Je ne pensais pas que j’étais capable de pagayer autant que ça. », « Habituellement, je suis très désorganisé et là je suis organisé », « Je ne pensais pas qu’on serait devenus amis aussi vite », « Je ne pensais pas pouvoir communiquer en anglais », « Je ne pensais pas que je serais capable de tolérer les moustiques et la vie en plein air », « Je ne pensais pas que je pouvais être aussi patient et tolérant que ça », De fait, l’un des objectifs de notre programme est de faire prendre conscience aux jeunes de forces qu’ils ont en eux mais dont ils ne sont pas encore conscients. Objectif atteint, on dirait bien…

Les nuages de pluie nous ayant quitté, s’ensuit une séance de yoga sur la plage avec notre yogi et parfois médecin Caroline (en fait, nous on aime bien que notre médecin n’aie pas à travailler en tant que médecin pendant l’expé…). Notre studio de yoga est des plus inspirants, avec le brouillard du large et le son des vagues comme bruit de fonds. Marc-André L nous convie par la suite à une randonnée sur la plage au cours de laquelle il nous fait découvrir toute une gamme de trésors : salade de mer, algues laminaire, gammares, crabes, méduses, ancre et plat de margarine Fleischman (ce qui est tout à fait normal selon moi car si on se rappelle les publicités télévisées du milieu des années ’80, on pouvait y voir Yves Corbeil affirmer qu’il mange de la margarine Fleischman lorsqu’il fait des activités de plein air).

Nous profiterons de cette randonnée sur la grève pour tenir une activité de méditation. Les jeunes sont appelés à se séparer, à choisir un endroit inspirant puis à
s’asseoir en silence et à faire le vide, regard vers l’horizon ou yeux fermés. Un beau moment de ressourcement… Le reste de l’après-midi sera davantage ludique.

Certains jeunes joueront au loup-garou, d’autres écriront dans le journal de bord collectif, tandis que Jeff, Allegra et Ali tentent le kayak en solo, supervisés par notre guide Sébastien, maître pagayeur et l’un des très rares kayakistes du Québec à détenir son brevet niveau 4.

En soirée, on invite les jeunes autour du feu sur la plage. Ils ont pour mission composer une chanson. Je vous laisse sur le premier extrait…

So give me a kayak
And let me go
I’m here to explore
And to go with the flow

I’ve made new friends
And memories too
The waves they are calling
To me and you

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-11 jour 8 : L’aventure avec un “A”

2015-07-11_15_Groupe!

Connaissez-vous le concept de départ alpin? J’imagine votre réponse… Les jeunes non plus ne connaissaient pas. Maintenant ils connaissent…

Le kayak de mer en milieu maritime (dans le sens de « eau salée » et « marées ») comporte son lot de défis. La température de l’air, celle de l’eau, les courants, les récifs, les côtes inhospitalières, les marées et bien d’autres éléments peuvent représenter autant d’aléas pour les pagayeurs, néophytes tout autant qu’experts. Par-dessus tout, le vent a un impact majeur sur les déplacements ou la possibilité d’effectuer ceux-ci. Devant l’imminence de vents défavorables, différentes stratégies s’offrent aux pagayeurs. Parmi elles, le départ alpin, expression empruntée aux montagnards qui se lèvent parfois à 2 heures du matin pour être en marche dès 3 heures afin de profiter des surfaces gelées de la nuit et du même coup d’un maximum de clarté dans le dessein de progresser sur les glaciers.

Bien évidemment, fort peu de glaciers autour de nous sur les Îles Mingan. Mais la menace de vents contraires plane sur nos têtes… Il nous faut donc quitter le campement tôt, avant que les bourrasques de l’est ne se lèvent et limitent voire empêchent notre progression. C’est ainsi que le coq sera appelé à chanter autour de 4h00 sur notre campement. Les yeux mi-clos, nous devons rouler nos matelas, sacs de couchage et tentes, avaler une collation et mettre à l’eau. À l’image des coureurs des bois, nous pagaierons une bonne heure et demie avant de prendre le déjeuner. (Remerciements bien sentis à l’ensemble des maringouins de l’île qui ont daigné se lever tôt pour venir nous dire au revoir lors de notre départ.)

La traversée entre notre campement de l’île Niapiskau et l’Île du Fantôme sera… magique, majestueuse, magnifique! De prime abord, nous pagayons sur une mer d’huile, des conditions que nous n’avons pas connu jusqu’ici; l’onde y miroite les nuages, nos propres images et les pastels du lever de soleil. Dès la première pointe passée, un marsouin se pointe le bout du nez et nous offre en spectacle son gracieux ballet matinal. Quelques coups de pagaies plus tard, ce sera une famille d’une dizaine d’oisillons cormoran qui nous ouvrent le passage. Puis une volée de guillemots à miroir. Ici et là, des goélands passent en rase-mote, vraisemblablement à la recherche de leur déjeuner composé de poisson (on croit comprendre que, tout comme Virginie, les goélands suivent aussi un régime paléo). Mais le meilleur restait à venir…

Pchhhoouuuuhhhh… Non?… Pas vrai!… Silence et stupéfaction… Pchhhoouuuuhhhh… Oui!! C’est bel et bien le son typique d’un rorqual! Où est-il? Mais où est-il donc? Il vient de plonger… Où va-t-il ré-apparaître? À gauche, à droite, devant, derrière?…

DEVANT!!!! JUSTE LÀ! DEVANT NOUS! À 20 mètres, tout au plus! Quel spectacle fabuleux!! Il est là, juste pour nous, petits kayakistes d’une humilité forcée devant ce mastodonte de 30 tonnes! De nature généreuse, cette baleine nous graciera de trois passages qui susciteront tour à tour stupeur, émoi et admiration. Vraiment, nous sommes comblés… Et comme si ce n’était pas assez, nous aurons aussi droit à un concert de phoques du Groenland, aussi appelés - à juste titre - loups marins. Une expérience saisissante, enlevante, réservée aux aventuriers lève-tôt.

Toutes ces émotions creusent l’appétit. Nous accostons sur l’île aux Fantômes. Après avoir entendu les loups marins hurler, on a une bonne idée de l’origine de la toponymie des lieux… Émile, qui n’a jamais utilisé de briquet de ses 14 ans de vie, démarre le feu tout seul. On voit une flamme de fierté dans ses yeux! On dévore nos fruits et notre gruau, on se repose un peu (beaucoup), puis on repart. De fait, il est presque 10AM et un vent un brin paresseux semble sortir de son lit.

La traversée vers l’Île du Havre se fait sans problème mais notre convoi commence à s’étirer… On est forcé de croire que la courte nuit de sommeil commence à se faire ressentir… On doit multiplier les pauses… On prend du retard sur l’itinéraire… Et les vents augmentent… Certes, nous avons atteint la rive ouest de l’Île du Havre mais nous devons la contourner pour atteindre notre site de camping situé sur la rive est. Le trajet le plus court nous amène à contourner l’île par le sud en contournant la pointe Enragée. Comme son nom l’indique, les vents ont mauvaise réputation dans ce coin de pays… Malgré la journée qui s’allonge, nous choisissons de passer par le nord, un itinéraire plus long mais plus stratégique sachant les vents qui continuent d’augmenter. Malgré tout, nous nous faisons passablement tabasser alors que nous passons le cap du Corbeau à l’extrémité nord-est de l’île. Des vagues triangulaires s’y sont formées, fruit du mariage des vents, des courants et de la marée. On trime dur mais on y arrive!

Ne reste plus qu’à accoster (dans le surf!) à notre camping, l’un des plus beaux sites aménagés que j’ai vus depuis un bon bout de temps. On y trouve une plage de galets où bat violemment le ressac, un ruisseau d’eau douce et ses cascades qui coulent au cœur de pierrailles moussées, un abri cuisine digne des grandes cabanes à sucre, des plateformes de tentes charmantes, une vue panoramique qui porte jusqu’au phare de la Petite Île au Marteau. On laisse savoir aux jeunes qu’ils peuvent aller se reposer dans leur tente s’ils le souhaitent, après cette journée de plus de 15 km, mais surtout, de 9 heures en mer. La plupart préfèrent néanmoins amorcer une partie de loup-garou. Je ne sais pas où ils trouvent leur énergie… Personnellement, j’ai dû puiser dans mes ressources et dans le sac ziploc de thé à maintes reprises pour écrire ce blogue!

PS Merci pour vos chaleureux commentaires sur le blogue, c’est très apprécié! Parents et amis des participants, n’hésitez pas à nous écrire pour faire part de vos mots à leur intention!

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-10 Jour 7 journée de congé ou presque

2015-07-10_18_Les nageurs

Pour la toute première fois du voyage, les vents se sont véritablement calmés. L’onde frémissait à peine à l’aube. Sur la berge, les dryades avaient cessé de valser. Fini le ressac, exit les chevelures en batailles. Éole s’était tût. C’est donc devant un tableau d’une grande beauté mais d’un calme plat que nous avons dégusté nos succulentes crêpes Nutella-bananes- kiwi-sirop d’érable-amandes-faites-avec-amour-par-Marc-André.

Au programme aujourd’hui, randonnée pédestre de presque 10 kilomètres sur le pourtour de l’Île Niapiskau. Congé de kayak! Nous partons à pied à la conquête des célèbres monolithes qui peuplent l’archipel de Mingan. C’est un fort joli et étroit sentier qui nous mène de-ci à travers des tourbières, de-là au cœur d’une forêt d’épinettes noires dont la densité rappelle le métro de Tokyo. À la ligne d’arrivée de celui-ci (non, pas le métro de Tokyo, le sentier…), nous faisons la rencontre de Laurence, une guide naturaliste de Parcs Canada qui nous servira d’interprète. Elle nous explique l’histoire de la formation des îles et de ses étranges monolithes qui peuplent L’Anse-aux-bonnes-femmes, tout en parcourant le sentier du poète, nommé ainsi en l’honneur de Roland Jomphe, poète de Havre St-Pierre en bonne partie responsable de la popularité du site, pratiquement inconnu du public avant les années ‘80. Notre guide nous fait goûter des feuilles de martencie maritime, une plante comestible au goût salé qui porte aussi - et à juste titre - le nom de oyster leaf. Elle nous explique que Niapiskau signifie ‘rochers pointus’ dans la langue des Innus, peuple autochtone de la Côte-Nord du St-Laurent. Bref, elle nous en apprend beaucoup!

De retour au campement, la chaleur nous assaille. Les jeunes se lancent des défis pour savoir qui osera braver l’eau froide du golfe St-Laurent… Au final, presque tout le monde se jettera à l’eau…et tout le monde en ressortira aussitôt! Puisqu’il s’agit d’eau salée, il faut maintenant se rincer. Nous organisons donc une station douche avec des bidons remplis d’eau douce puisée à même un l’étang de la tourbière adjacente à notre campement. Joie! Fous rires! Bonheur! On a l’impression de revivre, débarrassés de nos couches successives de crème solaire, de lotion anti-moustique et de sueur accumulées au fil des derniers jours. (Parce que c’est aussi ça, la vie en expé…)

Potins et autres nouvelles du jour :

Y’a Madison qui trouvait que ses lunettes lui donnaient mal à la tête et la rendent étourdie. Notre infirmière Naila lui fait passer quelques tests – pas de problème avec les yeux – et lui donne des cachets. Le mal de tête passe mais les étourdissements persistent. Plus tard dans l’après-midi, Naila cherche ses lunettes et ne les trouve pas. C’est Madison qui les portait… Elles ont toutes deux exactement les mêmes lunettes mais pas la même prescription!

Y’a Caroline notre médecin qui, depuis maintenant 33 ans, pensait sérieusement que ‘grille-pain’ se prononce ‘gril-pain’!

Y’a Charles-Henri qui a lancé un défi de nage à Virginie (qui a déjà traversé le lac St-Jean à la nage…) et celle-ci a sérieusement peur de perdre car ils nageront en style papillon. À voir donc, lors de notre dernier jour d’expé!

Grand, grand merci à Boréal Service Maritime qui a transporté gratuitement notre génératrice de même que notre ravitaillement d’eau douce! Ils ont aussi gracieusement pris à bord Marc-André et Jacob (qui se remet d’une vieille blessure au talon) pour les amener de notre site de camping au site des monolithes. C’est vraiment très apprécié!

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-09 Jour 6: Une journée comme on les aime

2015-07-09_03_Pause sur l'ile Grosse Romaine

Difficile d’avoir un plus beau, plus doux réveil que celui qui a tiré les jeunes de leur sommeil ce matin… C’est au son d’une fort jolie mélodie émanant du ukulélé de Marc-André G qu’ils se sont réveillés. Au sortir de leur tente, un ciel bleu un brin voilé de la brume du matin, des centaines de goélands, encore plus de cormorans, une baie miroitante, des brises tièdes et salées, des îlots invitant, des fracas de vagues. Et puisque nous avons retiré les montres, téléphones et I-machins des mains des jeunes, ceux-ci arborent le sourire malgré le fait qu’il ne soit que 6h00.

Difficile d’avoir un meilleur déjeuner que celui dont ont bénéficié les jeunes ce matin… Non satisfait de nous avoir refilé une boîte de Timbits hier soir, notre biologiste de William nous a également fait don d’une douzaine de truites mouchetées pêchées la veille. Cuites en papillotes sur le feu, enrobées de pesto, de crème sûre, de bacon, de pommes de terre… Pur délice! Pas besoin de vous dire que le plateau s’est vidé dans le temps de dire Wow!-Que-c’est-bon,-j’en-prendrais-bien-encore!. Et le tout n’était qu’un prélude à l’excellent gruau aux bananes, amandes et sirop d’érable qui était véritablement prévu pour le déjeuner…

C’est bien beau manger, mais il faut pagayer aussi! Après tout, nous sommes venus ici pour faire du kayak de mer, non? Allez hop! On charge nos bateaux avec une surprenante efficacité. De fait, il n’est pas encore 9h30 que nous levons l’ancre, direction l’Île Grosse Romaine. Cette première véritable traversée vers le large se passe très bien. Comme il fait bon de se sentir véritablement en expé, humant l’air humide du large, entourés de myriades d’oiseaux océaniques, valsant au gré des vagues et du vent, vivant la vie du nomade moderne, laissant derrière nous la civilisation! À nous la liberté, le grand large, les îles inhabitées…et les mouches noires!

Cette première traversée fut bien évidemment suivie d’une deuxième, passablement plus longue, marquant cette fois-ci le passage entre l’Île Grosse Romaine et l’Île Quarry, où nous prendrons le lunch. Il nous faudra près de 2 heures de constants efforts pour nous y rendre. Tous, jeunes comme adultes, sont bien contents de mettre pied à terre. Saucissons et fromages n’auront jamais gouté aussi bon!

Une troisième et dernière traversée marquait notre parcours du jour, soit celle entre l’Île Quarry et l’Île Niapiskau. Plus courte, mais ô combien sportive! Des vents de derrière nous poussaient vers notre destination, pour la plus grande joie des pagayeurs. Nous avons même eu quelques moments de surf arrière, générant un très haut taux de « Wa-Hooooo !!!» au kilomètre carré. Un très beau moment de kayak de mer.

Nous voilà donc installés pour 2 nuits sur ce site sublime nommé l’Anse au Noroît, tirant assurément son nom d’une anse où venaient se réfugier les pêcheurs en cas de mauvaise météo venant du nord-est. Au moment d’écrire ces lignes, le ressac emplit nos oreilles, le vent d’ouest chasse les moustiques d’une caresse fraîche, le myrique baumier se parfume pour la soirée, le couchant teinte l’horizon de rosé. Vraiment, une journée comme on les aime.

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-08 Jour 5: Contre vents et marées…

2015-07-08_29_Groupe!

Yeux mi-ouverts. Conscience embrumée. Corps enraidi. Haleine douteuse. Et vessie pleine. Bref, le réveil.

Dès lors, le doute s’installe. Il pleut. Des cordes. Des câbles en fait. De la taille de ceux qui retiennent les avions sur les porte-avions. Il vente. À écorner des bœufs qui n’auraient même pas de cornes. Et il fait froid. Du genre à mettre une tuque, des mitaines et toutes les épaisseurs de vêtements que nous avons avec nous. Le doute s’installe que je vous dis. Pourrons-nous mettre à l’eau avec cette météo? C’est à croire que les Îles Mingan ne veulent pas de nous…

Qu’à cela ne tienne, il nous faut quand même déjeuner. C’est un peu à rebours que nous sortons de nos tentes, titubant dans nos bottes, trottinant jusque sous la bâche. Deuxième moment de doute : on nous sert du couscous pour déjeuner. On essaie… Révélation! Contre toute attente, c’est vraiment délicieux! Digne des grands restaurants de Marrakech! Du couscous parfumé agrémenté de graines de citrouilles et de canneberges. Un délice que je vous dis!

Mais, bon, revenons à nos moutons. Ceux-là même qui ornent les eaux sur lesquelles nous sommes sensés voguer. Il y en a tout un troupeau! Et on a envie de penser qu’ils fuient une meute de loups à la vitesse où ils défilent. On se retape les prévisions météo : les vents doivent virer à l’ouest puis diminuer, marquant vraisemblablement la fin de la dépression qui flotte dans l’air et, espérons-le, la fin de la dépression dont semblent affectés quelques uns des participants qui piaffent d’envie de pagayer.

Nous prenons donc la décision de préparer nos bateaux à partir en y logeant notre matériel – ce qui prend vraiment beaucoup de temps de début d’expé… - , de les mettre prêts à partir puis de prendre le lunch. À notre grand étonnement, presque tout entre dans les kayaks. Le reste du matériel nous sera acheminé par bateau-taxi un peu plus tard cette semaine, en même temps qu’une génératrice qui nous permettra de recharger tout notre bataclan électronique.

Nous mangeons notre lunch autour du feu pour nous réchauffer puis nous décidons de tenter notre chance. Nous savons que nous pouvons pagayer dans la baie Romaine où nous nous trouvons car nous sommes abrités des vents. Mais que ce passera t-il lorsque nous atteindrons la pointe et que nous serons alors exposés, vulnérables devant Éole, le dieu des vents? Dans le pire des cas, nous rebrousserons chemin et reviendrons coucher au même endroit sur la côte; dans le meilleur, nous nous rendrons sur l’une des îles de l’archipel pour y passer la nuit. C’est dans l’eau salée mais surtout dans le doute que nous donnons nos premiers coups de pagaies.

On trime dur. Bien que l’on soit abrités des vents dominants dans notre baie, on doit tout de même se battre un peu. Le ciel est bouché, la mer agitée. Rien de dangereux mais on parle quand même d’un défi pour des non-initiés. Malgré les conditions exigeantes, les sourires reviennent sur les visages de nos participants. Enfin, on pagaie! On longe la côte, on sort de la baie, on contourne la pointe…et les vents se calment peu à peu, comme pour nous souhaiter la bienvenue! Nous poursuivons et enfilons baie après baie, pointe après pointe. Nous allons bon train, suffisamment pour nous rendre sur une belle pointe de sable sur la côte où nous établirons notre campement pour la nuit. Entre temps, le ciel s’est dégagé et seuls quelques cumulus s’accrochent à l’azur. Notre débarquement a des allures de fêtes! Nous avons enfin progressé sur l’eau!

Tandis que nous montons notre campement, un bateau à moteur s’approche. Il vient dans notre direction, puis accoste à notre plage. On reconnaît William, un biologiste oeuvrant sur la rivière Romaine que nous avons rencontré dans la journée de lundi. Tout sourire derrière sa barbe, il est venu nous porter une boîte de Timbits! Cinquante beaux morceaux de civilisation qui ont un goût de bonheur sucré après une journée au début amer! Merci Will!

(Note de la rédaction : il n’y a pas de lien direct entre le dernier paragraphe et le prochain.)

C’est aussi à ce campement que nous montons notre première toilette de fortune, aussi connue sous le nom de bécosse dans les hautes sphères de l’arrière-province. On donne un atelier ‘bécosse 101’à nos jeunes, dont certains affichent une moue dubitative devant cet incontournable des sorties de longue durée en plein. Il ne fait aucun doute, l’expé est bel et bien lancée!

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-07 Jour 4: Les imprévus de l’aventure

2015-07-07_02_Meeting sur le bord de l'eau meeting sur le bord de l’eau

Si vous êtes d’assidus lecteurs, vous vous rappellerez que, lundi soir, nous avions demandé aux jeunes quelle était leur définition du concept d’aventure. La première idée qui est sortie du lot? Le caractère imprévisible des aventures. Dame Nature leur aura donné raison aujourd’hui.

Une fois de plus, un épais brouillard enveloppait la côte lors de notre réveil. Mais surtout, un vent soutenu soulevait la mer en de jolis moutons. Pis encore, la prévision de météo maritime laissait entendre que ces souffles allaient augmenter au fil du jour pour atteindre les 30-35 noeuds. Rien de bien encourageant avec la traversée de 8 à 10 kilomètres que nous avions à compléter pour nous rendre à la Grande Île ce soir… Dans les circonstances, nous avons donc pris la décision qui nous apparaissait la plus sage : ne pas mettre à l’eau.

Cette situation nous a permis de lézarder et de déguster à notre guise le pain bannick au chocolat, canneberges et noix de coco qui avait été préparé pour le déjeuner. Deux parties de loup-garou (un grand classique des expés de la Fondation…) ont suivi tandis que l’équipe de guides cherchaient la solution appropriée à la situation problématique que nous pose la météo.

Entre temps, un couple de kayakistes originaires de l’Outaouais nous rend visite; eux aussi se préparent à une expé de kayak de mer et comptent partir demain. Ils nous racontent qu’ils ont eu un mal fou à préparer leur itinéraire sur les îles Mingan car les rares sites de camping étaient tous réservés pour un certain groupe ‘Sur la pointe des pieds’… Ils ont alors décidé d’aller sur Internet pour voir quelle est cette organisation qui a réservé la presque totalité des sites. En nous découvrant, leur frustration s’est transformée en admiration… Résultat? Ils ont fait un don à la Fondation! Grand merci!

Une décision est prise quant au reste de la journée : nous utiliserons l’autobus pour nous déplacer quelques 20 kilomètres plus à l’est, soit à la décharge de la rivière Romaine, sur le terrain de l’Auberge Minganie. En fait, il s’agit d’un site que la Fondation a déjà utilisé en 2008, lors d’un précédent voyage de kayak de mer. Nous avons donc contacté le propriétaire qui se souvenait très bien de nous et qui nous a autorisé à y monter nos tentes – merci Andrew! C’est d’ici que nous mettrons à l’eau demain matin afin d’entamer notre traversée vers les îles.

Nous prenons le souper sur le bord de l’eau, bien assis sur les rochers. Nous réalisons que le vent s’est calmé et qu’il aurait été possible d’effectuer la traversée tel que prévu. Peu importe, nous ne regrettons pas notre choix car la sécurité passe d’abord et avant tout. Autrement, une belle surprise nous attendait à l’auberge : touché par notre mission, le propriétaire a gardé un bâton qui avait été gravé par les participants en 2008. Il semble qu’il n’y ait pas que les participants qui restent marqués par nos expéditions…

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds

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2015-07-06 Jour 3:Comme une odeur de départ…

2015-07-06_09_Groupe!” Groupe

Un épais brouillard recouvrait la mer à notre lever; un lever relativement tardif par ailleurs, sachant l’heure à laquelle nous nous sommes mis au lit au terme de notre looooooongue journée de déplacement. De fait, il fallait deviner que devant nous se trouvait le golfe du St-Laurent, dissimulé derrière l’épais rideau brumeux. On entend le ressac, on sent le varech, mais on n’y voit absolument rien.

David, Francis et Ali sortent de leurs tentes respectives en premier. Émile et Charles-Henri les rejoignent peu de temps après. Les filles paressent dans la leur tandis que Sean et Jeff tentent d’allonger leur nuit qui a été écourtée par les ronflements de leur partenaire de tente, Jacob.

Une table digne des grands restaurants nous attendait pour le déjeuner. Colorée de par les nappes et les bols de fruits, celle-ci se veut de plus généreusement garnie de délicieux pains dorés agrémentés de sirop d’érable. Madison, Layla et David s’affaireront par la suite à la vaisselle; en fait, à chaque jour une équipe composée de trois personnes différentes se retrouve en charge de cette corvée.

Nous embarquons dans l’autobus pour parcourir 5 kilomètres et nous rendre aux abords du lac Paterson, plan d’eau (chaude) située en banlieue (!) du village de Longue-Pointe-de-Mingan. Nous y débarquons les embarcations puis assistons à un atelier de techniques de maniement de pagaie et aussi de récupération en cas de dessalage. Les chances de chavirer avec nos gros kayaks duo sont vraiment très minces, mais, bon, on n’est jamais trop prévoyants… Nous passerons ainsi quelques heures à parfaire nos techniques puis revenons sur la plage nous sécher et engouffrer des bagels de fromage à la crème et saumon fumé.

Nous retournons par la suite à notre site de camping situé sur le bord du golfe. Deux surprises nous y attendent. La première, il fait 10 voire 15 degrés de moins que sur le bord du lac Paterson, pourtant situé à 5 kilomètres de là! Il faut dire que l’eau du fleuve avoisine les 4 C et refroidit donc l’air ambiant… Et deuxième surprise, le brouillard s’est levé et nous permet d’enfin voir le début des îles Mingan, archipel que nous explorerons au cours de la prochaine semaine!

Le reste de l’après-midi sera consacré à des ateliers d’empaquetage de bagages et de description du matériel fourni par la Fondation aux aventuriers. Transférer les bagages personnels dans les sacs étanches prendra un bon bout de temps et nous amènera au souper. Cuisine indienne au menu ce soir : poulet au beurre ‘avec pas de’ pain naan car nous avons oublié de le sortir…

En soirée, nous réunissons les jeunes pour leur demander si d’une part ils ont des appréhensions et d’autre part quelle serait leur définition du concept d’aventure. Si peu d’appréhensions sont nommées, les jeunes sont plutôt loquaces quant à leur définition de l’aventure : caractère d’imprévu, de nouveauté, d’unicité, de dépassement… Je suis personnellement très impressionné de la profondeur de leurs réflexions.

Cette soirée sera néanmoins de courte durée, sachant que nous avons quelques heures de sommeil à récupérer… On se couche tôt pour être en forme : demain est le grand jour où nous mettons à l’eau et partons véritablement pour la grande aventure!

J-Charles Fortin, blogueur et photographe, Fondation Sur la pointe des pieds


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